‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoce (volume 3)Chapitre 23 sur 45 · I. — Tous les actes de Jésus sont des actes sacerdotaux · texte numérisé non relu

I. — Tous les actes de Jésus sont des actes sacerdotaux

Il ne s'agit pas tout d'abord de considérer les actes purement essentiels au Sacerdoce, comme sont ceux, par exemple, qui consistent dans l'administration des sacrements, mais de déterminer en général la nature de tous les actes posés par Jésus dans sa vie mortelle. Il est Prêtre, essentiellement Prêtre, Il est doté d'un Sacerdoce qui touche à la substance même de son être, au point qu'il n'existerait pas s'il n'était pas Prêtre. Son Sacerdoce ne Lui a pas été octroyé après l'assomption de sa nature humaine dans sa Personne divine, mais il est toute son existence d'Homme-Dieu, la réalité essentielle de son Incarnation *.

Dans ce sens, Jésus est plus essentiellement Prêtre que ne le sont les Prêtres qu'il appelle au Sacerdoce. Non pas seulement parce qu'il possède en substance et en principe ce qu'ils ne reçoivent, eux, qu'en participation ; mais encore parce que tout son être emprunte à sa réalité

1 « Le Christ ne s'est pas élevé de lui-même à la gloire du souverain pontificat, mais il l'a reçue de celui qui lui a dit : « Tu es mon Fils, je t'ai engendré aujourd'hui... Tu es prêtre pour l'éternité. » Hébr., v, 5, 6.

vivante la non moins essentielle réalité de son Sacerdoce.

De sorte que tout ce que dit et tout ce que fait Jésus, comme tout ce qu'il pense et tout ce qu'il veut, est un effet de son Sacerdoce, tout autant que de sa nature d'Homme-Dieu. Si, en Lui, ces deux choses étaient distinctes : être Verbe incarné et être Prêtre, on pourrait attribuer différemment à l'un ou à l'autre des actes qui sembleraient leur convenir davantage ; mais cette distinction ne peut exister, pas plus dans les opérations que dans leurs principes. Ou Jésus est uniquement et intrinsèquement Prêtre, ou Il est autre chose, en dehors de son Sacerdoce ; ce qui serait reconnaître qu'il n'a pas été Prêtre dès sa conception, pas plus que Victime, puisque alors, dans ce dernier cas, le corps qu'il aurait reçu n'aurait pas été voué, à l'origine, au sacrifice et à 1 immolation.

De plus, Jésus est Prêtre dans sa Personne divine et non pas seulement dans une de ses deux natures : c'est ce qui constitue la vérité substantielle de son état d'Homme-Dieu. C'est la personne qui vit et agit ; c'est à la personne que sont attribuées les diverses opérations d'un être l.

1 C'est ce que fait clairement ressortir l'Ange de l'Ecole, quand il dit : « Comme on peut appliquer à chaque suppôt

Dès lors, si tous les actes de Jésus n'émanent pas de sa Personne, à qui faudra-t-il les attribuer ? Il est donc juste de dire que tous les actes de Jésus sont des actes sacerdotaux1.

Ceci ne contredit en rien la vérité, qu'en Jésus, comme dans tout être intelligent, il y a des actes de diverse importance qui tient à la nature même de ces actes et à l'intention qui les pose. C'est ainsi qu'en toute rigueur d'expression, les actes qu'habituellement on appelle sacerdotaux sont des actes plus solennels et, pour ainsi dire, plus officiels, en vue de la fin propre du Sacerdoce.

Que ceci soit dit, pour donner une conception plus nette des principaux actes sacerdotaux de Jésus, lesquels émanent plus directement du caractère et de la mission de son Sacerdoce ; ce que nous allons considérer dans le paragraphe suivant.

d'une nature quelconque les choses qui conviennent à la nature dont il est le suppôt, et comme dans le Christ il n'v a qu'un suppôt pour la nature divine et la nature humaine, il est clair que l'on peut attribuer à ce suppôt de l'une et l'autre nature, et cela indifféremment , ce qui regarde la nature divine comme ce qui regarde la nature humaine. » S. Thom., Op. 2, ch. 211.

1 Ce qui est évident d'après le même saint Docteur : « Quoique, dit-il, le Christ n'ait pas été prêtre comme Dieu mais comme homme, ce fut cependant une même personne qui fut prêtre et Dieu. » III p., q. 22, a. 3, ad i.

L'ACTE DU SACERDOCE DE JÉSUS A LA CÈNE 1l3

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