‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoce (volume 3)Chapitre 24 sur 45 · II. — L'Eucharistie est, avec celui · texte numérisé non relu

II. — L'Eucharistie est, avec celui

de la croix, l'acte le plus grand

et le plus essentiel du Sacerdoce de Jésus

Si tout est grand et divin dans la vie de Jésus, on ne peut nier que rien ne parle autant de Divinité que le double Sacrifice de la Cène et du Calvaire. De même, rien ne fait ressortir dans une plus grande évidence son caractère essentiel de Prêtre et l'efficacité divine de son immolation.

L'état eucharistique touche à la substance même du Verbe incarné. Il s'y opère une transformation qui est du domaine de la puissance souveraine de Jésus ; puissance qui n'est autre que celle de son Sacerdoce, par ce que nous avons dit précédemment. C'est donc bien et uniquement le Souverain Prêtre qui agit dans ce mystère où un état nouveau succède à celui dans lequel Jésus a vécu depuis son Incarnation. Un changement aussi radical dans son existence ne peut échapper à son action sacerdotale ; Lui seul peut le vouloir, Lui seul peut le réaliser.

Considérons, en outre, que l'Institution de l'Eucharistie étant un véritable Sacrifice, destiné à renouveler sans cesse mystiquement celui du

Calvaire, appartient de plein droit au Sacerdoce de Jésus qui seul peut lui donner son efficacité. Il ne peut intervenir ici que le ministère d'un Prêtre, nul autre que lui n'étant qualifié pour offrir des sacrifices *.

La parole de Jésus, que « personne n'a le pouvoir de Lui enlever la vie et que Lui seul peut la donner et la reprendre "2 », reste écrite au-dessus de tous les Tabernacles du monde, comme elle resplendissait de lumière et de vérité dans le Cénacle, au soir du Jeudi-Saint.

La Cène et la Croix étant unies dans l'immolation d'une même Victime, le Prêtre qui a présidé et offert le divin Sacrifice du Calvaire ne peut être autre que celui qui 1 offrira encore, quoique sous une autre forme, jusqu'à la fin du monde 3.

1 « Tout pontife est établi pour offrir des oblations et des sacrifices. » Hébr., v, 1.

2 Jean, x, 18.

3 « Quant au sacrifice, dit saint Thomas, que l'on offre tous les jours dans l'Eglise, /'/ n'est pas autre que celui qui a été offert par le Christ ; mais il en est la commémoration. D'où saint Augustin dit (De civ. Dei, l. 10, c. 20) : Le Christ est le prêtre qui offre et il est Yoblation ; il a voulu que le sacrifice de l'Eglise en fût le signe quotidien. » S. Thom., III p., q. 22, a. 3, ad 2.

« Le Sauveur a laissé dans son Eglise un sacrifice visible, comme le requiert la nature humaine, pour représenter le sacrifice sanglant accompli une fois sur la croix. » Conc. Trent., sess. 22, c. 2.

L'ACTE DU SACERDOCE DE JÉSUS A LA CÈNE ll5

La perpétuité de l'Eucharistie nous assure la perpétuité de la présence du Prêtre Eternel qui, caché sous les voiles sacramentels, se fera jusqu'à la fin le puissant Sacrificateur de la Victime immolée.

Comme il est souverainement juste que nous ne séparions jamais la pensée de Jésus-Prêtre de celle de son Eucharistie ! Comme il semble naturel que le souvenir de la Passion, que nous remémore le mystère eucharistique, nous rappelle en même temps le Souverain Prêtre qui en est l'auteur ! Comme il ressort avec évidence que nous avons des devoirs essentiels à remplir à l'égard du caractère sacerdotal de Jésus au Très Saint Sacrement ! Comme il doit nous être doux de Lui rendre un vrai culte d'hommage, d'adoration, de reconnaissance et d'amour !

Ne serait-il pas étrange et illogique de croire à cette adorable présence de Jésus-Eucharistie, en la dépouillant du caractère sacré qui lui est essentiel, son Sacerdoce? Il manquerait à notre amour la lumière de vérité qui doit l'éclairer et la grâce qui le doit féconder, si le Jésus du Sacrement n'était pas étudié, connu et aimé dans les réalités sublimes de son Sacerdoce. Comprenons-le et soyons fidèles.

Il6 JÉSUS PRÊTRE ET VICTIME DANS l'f.UCHARISTIE

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