‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoce (volume 3)Chapitre 29 sur 45 · I. — L'Eucharistie est la continuation · texte numérisé non relu

I. — L'Eucharistie est la continuation

de l'exercice du Sacerdoce de Jésus

dans l'acte de son institution

De même qu il n'y a pas deux sacrifices eucharistiques, il n'y a pas deux Prêtres pour l'offrir ni deux Victimes pour être immolées. Par conséquent, si Jésus-Prêtre n'était constamment présent dans l'état eucharistique qu'il a embrassé, il manquerait ce qui est essentiel à ce Sacrement ; car n'y étant pas comme Prêtre, Il n'y serait pas du tout, son Sacerdoce répondant essentiellement à la réalité de sa personne d'Homme- Dieu.

Ce ne serait plus la continuation de sa présence sacramentelle, telle qu'elle existait sous la forme de l'Institution de l'Eucharistie ; et, dès lors, ce serait un autre Sacrement qui n'aurait pas les caractères essentiels du premier. Ce ne serait pas davantage un sacrifice, car il n'y aurait plus de Prêtre pour l'offrir l. Ce serait, à vrai dire, comme une religion nouvelle, sans consistance et indépendante des grands mystères ac-

1 « Ce sacrement reçoit le nom de sacrifice, selon qu'il représente la passion même du Christ. On lui donne le nom d'hostie, selon qu'/7 renferme le Christ lui-même qui est l'hostie du salut. » S. Thom., III p., q. 73, a. 4, ad 3.

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complis par Jésus dans les dernières heures de sa vie.

Mais laissons ces suppositions, que nous avons faites simplement pour démontrer l'illogisme d'un Sacrement qui ne serait plus celui de son auteur, et l'irréalité d'un Sacrifice où le Prêtre et la Victime feraient défaut. Entrons dans la réalité adorable de l'état eucharistique de Jésus et dans les sentiments du Souverain Prêtre au moment de l'Institution.

La foi nous enseigne que les paroles de Jésus sont esprit et vie l et qu'elles ne passent point 2. Lorsque Jésus disait si clairement : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang », Il exprimait la réalité de sa présence sous les espèces sacramentelles. Mais quelle présence, sinon celle qui était la sienne, c'est-à-dire la présence du Prêtre : du Prêtre, qui était Lui-même depuis le premier instant de son Incarnation ; du Prêtre, qui, à ce moment précis, se faisait Sacrement et s'offrait en sacrifice. Ce mystère va se renouveler, sa volonté est formelle : ce sera nécessairement dans les mêmes conditions. Tout le

1 « Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. » Jean, vi, 64.

2 « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas. » Marc, xih, 3i.

temps que Jésus demeurera plus tard sous les espèces sacramentelles, Il y sera Prêtre ; Prêtre, aussi réellement qu'il le fut au Cénacle ; Prêtre, se maintenant Lui-même dans son existence sacerdotale ; Prêtre, n'ayant rien changé de ce qu'il est essentiellement dans son Sacerdoce ; Prêtre, tel qu'il a été consacré par son Père ; Prêtre, tel qu'il est demeuré nécessairement le même pendant sa vie mortelle ; Prêtre, tel qu'il demeurera dans les siècles des siècles '.

Quelle sublime réalité, quelle adorable vérité : l'Eucharistie, c'est Jésus Prêtre ! L'Hostie contient tout le Sacerdoce de Jésus. Elle n'est à vrai dire que cela ; car dans la notion du Sacerdoce, il y a tout Jésus, Jésus s'incarnant, Jésus vivant, Jésus mourant.

En Le considérant comme Prêtre dans l'Eucharistie, je Le vois tel qu'il a été entrevu dans les décrets éternels ; je L'adore tel qu'il est entré dans l'humanité, tout brillant des clartés du Sacerdoce dont L'a investi son divin Père ; je Le contemple tel qu'il a offert, pendant toute sa vie, l'hostie de son Sacrifice ; je Le sens toujours présent, tel qu'il s'offrit en Victime sur le Cal-

1 « Le Seigneur l'a juré, et il ne s'en repentira pas : « Tu es Prêtre pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédech. » Hébr., VII, 21.

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vaire ; je L'aime de son propre amour, que je puise dans son cœur, afin que tout soit sacerdotal, et dans l'amour qu II me porte, et dans l'amour dont je veux brûler pour son adorable Sacerdoce.

Quand je pense que si Jésus n'avait pu s'immoler pour moi, je ne L'aurais jamais connu comme Prêtre. Quand je réfléchis que s'il n'avait pas été Prêtre, je n'aurais jamais eu 1 Eucharistie. Quand je constate que s'il n'avait pas été l'unique Prêtre de l'unique Victime, Il n'aurait point communiqué son Sacerdoce à ses Prêtres, l'Eucharistie n'aurait existé qu'un moment, et à cette heure l'humanité serait privée de la présence du Prêtre qui l'a sauvée.

Avec quel empressement, dès lors, ne doisje pas rendre mes hommages d adoration et d'amour à Jésus, en tant que Prêtre dans l'Eucharistie, et m'appliquer à L'étudier et à L'y connaître dans son éternel Sacerdoce !

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