‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoce (volume 3)Chapitre 30 sur 45 · II. - La présence de la Victime · texte numérisé non relu

II. - La présence de la Victime

dans l'Eucharistie

exige la présence du Prêtre

Voici un autre aspect de la nécessité de la présence permanente de Jésus Prêtre dans l'Eucha-

PRÉSENCE DU PRÊTRE ET DE LA VICTIME l3q

ristie. Nos considérations antérieures sur l'état d'immolation qu'est l'état eucharistique, nous ont déjà beaucoup éclairés. Il reste à mieux démontrer l'impossibilité de la présence de la Victime dans l'Eucharistie sans celle du Prêtre Sacrificateur.

A moins de faire disparaître totalement l'idée de Sacrifice en l'Eucharistie, il faut admettre qu'il y a une victime, que cette victime s'impose et que, pour conserver sa nature de victime, elle doit y vivre dans un état d'immolation. Tout ce que nous avons dit, dans le paragraphe précédent, de la nécessité et du caractère du Prêtre dans l'Eucharistie, doit se dire également quant à la divine Victime.

Cette Victime ne peut être autre que la Victime du Calvaire ; son Sacrifice ne peut être d'une autre nature que celui de la Cène ; son état d'immolation est l'effet du même pouvoir sacrificateur que celui dont a usé Jésus dans l'Institution de l'Eucharistie l.

A cette heure solennelle, Jésus était Prêtre et Victime à la fois. Ces deux aspects de son es-

1 « Il est propre à l'Eucharistie que le Christ soit immolé dans sa célébration. Il n'y a qu'une hostie, celle que le Christ a offerte et que nous offrons. » S. Thom., III p., q. 83, a. 1, c. et ad 1.

sentiel Sacrifice implique la même réalité d'une même présence. Partout où est le Prêtre, se trouve la Victime ; partout où est la Victime, se tient le Prêtre l.

Jésus-Prêtre ne se conçoit pas sans la Victime pour le sacrifice de laquelle II existe. Il vit avec elle d'une vie unique; Il la possède et II en fait sa perpétuelle oblation ; Il la maintient dans son état de Victime, pour pouvoir l'immoler à l'heure du grand sacrifice. Comment en serait-Il séparé au Sacrement de l'Eucharistie, qui ne peut se perpétuer pour le Prêtre que s'il a une Victime à offrir.

Jésus-Victime ne se conçoit pas davantage sans le Prêtre dont II dépend. C'est dans sa nature de Victime d'être essentiellement ordonnée au Sacrificateur chargé de l'immoler. Le Prêtre est sa raison d'être, comme elle l'est elle-même pour lui. Elle l'appelle et le veut. Sa vie passe en quelque sorte dans la sienne, et elle se complaît dans cette dépendance absolue qui, à l'heure du Sacrifice, l'établira plus complètement dans son état de Victime.

Non seulement il suffit de la présence de la

1 « Dans le sacrifice de paix par lequel notre médiateur véritable nous a réconciliés avec Dieu, il est resté tout à la fois le sacrificateur qui offrait et la victime offerte. » S. Thom., III p., q. 48, a. 3.

Victime pour légitimer celle du Prêtre, mais la Victime réclame cette présence comme un droit absolu, tant pour elle que pour le Prêtre. Du moment que Jésus a institué l'Eucharistie sous forme de sacrifice, l'état d'immolation auquel II s'est condamné maintient perpétuellement dans ce Sacrement adorable la même divine Victime offerte à la Cène et au Calvaire. Dès lors, l'office du Souverain Prêtre s'y exerce sans cesse, pour satisfaire les droits essentiels de la Victime, comme pour répondre à ses devoirs vis-à-vis d'elle.

Nous devons donc tout autant à la Victime qu'au Prêtre, le bonheur de les posséder tous deux au Sacrement des divines immolations.

N'oublions pas toutefois la remarque faite dans les parties antérieures de cet ouvrage, que ces distinctions de caractères et d'opérations en Jésus ne touchent en rien à la substance de sa Personne. Jésus est un en Lui-même ; et les aspects divers sous lesquels on peut Le considérer ne Le dédoublent ni ne L'altèrent. Les raisonnements que nous faisons ne sont que des raisonnements de raison destinés à nous faire mieux saisir la distinction des caractères en Jésus et la nature des opérations qui leur conviennent.

Il reste vrai, quand même, que Jésus est Prê-

tre et Victime, que sa Personne adorable comporte ces deux caractères essentiels qui Le constituent le Verbe incarné, l'Homme-Dieu qui ne peut être totalement saisi par notre intelligence que si nous faisons ces distinctions réelles qui nous Le révèlent dans sa double mission de Prêtre et de Victime.

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