‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoce (volume 3)Chapitre 40 sur 45 · III. — A l'exercice du Sacerdoce · texte numérisé non relu

III. — A l'exercice du Sacerdoce

de Jésus dans 1 Eucharistie,

correspond un culte non moins essentiel

La plus divine des réalités et le plus sublime des mystères, après l'Incarnation et la Rédemption, est sans contredit, l'existence permanente de Jésus Prêtre et Victime dans l'Eucharistie. Son Sacerdoce n'y est pas plus inactif que pendant sa vie passible et mortelle ; son Sacrifice n'y est pas plus infructueux que dans son immola-

1 « Je n'ai point prétendu savoir autre chose parmi vous que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. » I Cor., ii, 2.

2 « Le sacrifice de la loi nouvelle institué par le Christ contient le Christ qui a souffert, non seulement comme sa signification ou sa figure, mais encore en réalité. Et c'est pour cela que ce sacrement qui contient réellement le Christ lui-même, est le complément de tous les autres sacrements dans lesquels on participe à la vertu du Christ. » S. Thom., III p., q. 75, a. 1.

tion sur la Croix. Rien n'a disparu en Lui de ce qui Le constitue dans son état d'Homme- Dieu.

De ce qu'il ne peut plus souffrir et mourir, il ne s'ensuit point que son Sacerdoce n'existe plus et qu'il n'a plus d'occasion de l'exercer. Sous une forme nouvelle mais réelle, Il demeure le Prêtre Eternel possédant un Sacerdoce qui est Lui-même et qui est sa vie dans les siècles des siècles. Il reste le gardien et le Sacrificateur de la même Victime qui partage sa gloire dans la Béatitude.

L'office de son Sacerdoce dans 1 Eucharistie est un office constant et toujours actuel. Il n'y fait rien autre que ce qui ressort de son caractère sacerdotal. Ce qu'il a fait en sauvant le monde, Il le continue dans le silence du Tabernacle l. La vie, dont II est l'essence - et qui L'anime comme Prêtre, Il la dispense dans la mort apparente du Sacrement3. La grâce qu'il tire de l'état de sacrifice de sa Victime, Il en

1 « Parce qu'il demeure éternellement, il possède un sacerdoce éternel. De là vient qu'il peut toujours sauver ceux qui s'approchent de Dieu par son entremise, puisqu'il est toujours vivant afin d'intercéder pour nous. » Hébr., vu, 24, 25.

2 « En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes.» Jean, i, 4. — « Comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d'avoir la vie en lui-même. » Jean, v, 26.

3 « Le Fils donne la vie à qui il veut. » Ibid., 21.

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rend participants tous ceux pour lesquels II se renferme dans l'Hostie1.

C'est donc en toute réalité que Jésus Prêtre et Victime demeure avec nous. C'est à son Sacerdoce que nous devons la Victime ; c'est à leur amour, à tous deux, que nous devons la perpétuité de leur présence.

Comment, dès lors, oublier une semblable vérité ? Comment ne voir en l'Eucharistie que Jésus purement et simplement, sans voir en Lui le Prêtre qui continue de sauver le monde? Serions-nous justifiables, après la connaissance d'une réalité divine si frappante, de laisser plus longtemps dans l'ombre cet ineffable mystère ? Non seulement Jésus veut que nous L'honorions et L'aimions comme Prêtre au Très Saint Sacrement, mais II veut prendre dans notre vie la

1 « Il est évident que le Christ nous a délivrés de nos péchés surtout par sa passion, non seulement d'une manière efficiente et méritoire, mais encore satisfactoire. De même, c'est aussi par sa passion qu'il a commencé le culte de la religion chrétienne, s'offrant lui-même à Dieu comme oblation et victime, selon l'expression de saint Paul (Ephés., v, 2). D'où il est évident que les sacrements de l'Eglise tirent spécialement leur vertu de la passion du Christ, dont la vertu nous est unie d'une certaine manière par la réception des sacrements. C'est en signe de cela que du côté du Christ attaché sur la croix sont sortis l'eau et le sang ; dont l'un appartient au baptême et l'autre à l' Eucharistie, qui sont les principaux sacrements. » S. Thom., III p., q. 62, a. 5.

place que son Sacerdoce occupait dans la sienne.

Jésus avait un culte pour tout ce qu'il avait reçu de son divin Père. Son Sacerdoce tenait la première place, parce qu'il était la manifestation de la volonté divine et le moyen essentiel d'accomplir sa mission '. Il lui porte encore le même respect et II s'en sert constamment pour se multiplier et s'offrir en Sacrifice dans toutes les parties du monde.

N'y aurait-il que nous, les principaux intéressés, à ne pas le comprendre et à ne pas Lui offrir un culte qu'il réclame si impérieusement ! Voilà notre devoir essentiel ; devoir qui doit se traduire dans nos rapports avec Jésus-Eucharistie, par une foi profonde, un amour généreux, une méditation assidue de son existence sacerdotale et des hommages incessants rendus directement et explicitement à son caractère sacré de Prêtre et de Victime "2.

1 « Ce Sacerdoce n'a pas été établi sans serment, Dieu lui ayant dit : « Le Seigneur l'a juré, et il ne s'en repentira pas, vous êtes Prêtre pour l'éternité... La parole de Dieu, confirmée par le serment, établit Prêtre pour toujours son Fils qui est parfait. » Hébr., vu, 20, 21, 28.

2 « L'Agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la divinité, la sagesse, la force, l'honneur, la gloire et la bénédiction... Et toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre... je les entendis qui disaient : A Celui qui est assis sur le trône, et à X Agneau, louange, honneur, gloire et puissance dans les siècles des siècles. » Apoc, v, 12, i3.

Pour l'honneur de notre Souverain Prêtre, par reconnaissance pour sa présence sacramentelle, et par pur amour de sa gloire, supplions-Le de se révéler dans son Eglise, d'attirer les âmes à son Sacerdoce et de donner à la dévotion universelle à son Eucharistie le caractère d'un culte solennel rendu à sa Personne de Souverain Prêtre et de Pontife éternel.

Ce culte tient tellement à l'essence des devoirs dus à Jésus dans son caractère sacerdotal en l'Eucharistie, que nous ne craignons pas de dire que l'humanité est en retard et qu'il reste en Jésus des droits souverains qu'elle n'a pas suffisamment reconnus.

Unissons-nous tous dans une commune et ardente prière pour hâter l'avènement du règne eucharistico-sacerdotal de Jésus ; et soyons les premiers à répondre à ces desseins miséricordieux du Prêtre Eternel.

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