CHAPITRE DEUXIEME
De la nature de l'état d'immolation de Jésus dans l'Eucharistie
« Ceci est mon corps qui sera donné pour vous. Ce calice est le nouveau testament en mon sang qui sera répandu pour vous. »
Luc, XXII, 19, 20.
Après avoir considéré les raisons de l'état eucharistique de Jésus et l'histoire de son Institution, il nous faut désormais pénétrer plus avant dans cet adorable mystère et étudier les caractères essentiels de cette présence permanente de notre divin Sauveur au milieu de nous.
Savoir sous quelle forme il s'y présente, dans quel état II y vit, sous quel aspect II s'y offre à son Père et dans quelle condition II nous y continue les bienfaits de sa Rédemption : autant de considérations qui s'imposent, si nous voulons avoir une connaissance précise du grand Mystère eucharistique et en faire l'objet de notre amour et de nos contemplations.
Cette science est sans contredit la science
56 JÉSUS PRÊTRE ET VICTIME DANS l'eUCHARISTIE
suréminente qui éclaire toutes ies autres ; car la posséder, c'est faire revivre tout le passé de la vie de Jésus et avoir, en quelque sorte, la clef de tous ses mystères du temps et de l'éternité. Cet état intermédiaire de Jésus entre sa vie mortelle et sa vie glorieuse répond à un plan divin, où l'amour joue le premier rôle et porte nécessairement le même caractère d'amour réparateur et de mission rédemptrice qui a inspiré la venue de Jésus sur la terre et L'a conduit à l'expiation de son grand Sacrifice.
C'est déjà entrevoir que l'état eucharistique de Jésus ne peut être qu'un état d'immolation. Etat d'immolation toutefois compatible avec son état glorieux et susceptible de nous donner une intelligence égale de son amour crucifié et de sa gloire éternelle.
Suivons Jésus depuis le Cénacle jusqu'au Calvaire, et contemplons dans le Prêtre qui immole et la Victime qui est immolée le même Jésus qui perpétue sa présence adorable dans le Sacrement de l'Eucharistie.