‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoce (volume 4)Chapitre 12 sur 49 · VIII. — L'état permanent de victime en Jésus · texte numérisé non relu

VIII. — L'état permanent de victime en Jésus

Nous ne considérerons jamais trop en Jésus ce caractère essentiel qui Le fait notre Sauveur et nous Le montre tel que la miséricorde divine a daigné Le livrer à la terre.

Tout insondable que soit ce mystère, qu'il n'est donné qu'à la Sagesse divine de pénétrer dans son essence, nous devons chercher néanmoins à en saisir ce qui est accessible à notre pauvre intelligence. Jusqu'ici nous avons vu que Jésus est Victime par un décret éternel qui ne pouvait être révoqué, que tout en Lui était voué à l'immolation, et que son Sacrifice suprême ne pouvait s'opérer que dans la mort et le sang. Il nous reste à voir comment son offrande et son immolation sont permanentes, de même qu'elles sont essentielles et totales.

Jésus ne quitte le sein de son Père et ne vient dans le monde que pour accomplir une mission déterminée qui Le constitue essentiellement Victime. Il vient pour être Victime et rien que Victime. Son Père L'a éternellement marqué de ce sceau ; il ne voit en Lui qu'une Victime et il Le traite comme tel. A aucun moment de son

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existence terrestre, Dieu le Père ne verra en son Fils autre chose que la Victime divine que son amour pour les hommes l'a porté à livrer aux exigences de sa Justice. Les complaisances qu'il prendra en Lui, comme Verbe incarné, reposeront sur sa condition même de Victime qui ne parle que de miséricorde et d'amour '.

Pas plus que le Père, qui ne peut cesser de maintenir son Fils dans l'état de Victime, le Fils ne peut cesser de se vouloir et de demeurer Victime. Pendant tout son séjour dans l'humanité. Il en conservera le caractère ; et II ne remontera vers son Père que quand II aura accompli l'acte suprême de sa condition de Victime, à savoir son immolation totale dans la mort *.

Cet état ne souffre aucune intermittence ; il atteint la constitution même de la Victime qui, dans l'attente du sacrifice, demeure dans une offrande perpétuelle. De sorte que, du commencement de son existence humaine à la fin de sa vie ^, Jésus est et demeure la Victime divine, la

i« Le Père m'aime parce que je donne ma vie. » Jean, x, 17.

- « Le Fils de l'homme n'est point venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie pour la rédemption d'un grand nombre. » Matth., xx, 28.

3 « Le Christ entrant dans le monde, dit : Vous n'avez pas voulu de sacrifice, ni d'offrande, mais vous m'avez approprié un corps ; les holocaustes et les sacrifices pour le péché ne vous ont pas plu, alors j'ai dit : Voici, je viens pour faire, ô Dieu,

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Victime adorable, la Victime don du Père, la Victime d'amour réparateur, la Victime toujours immolée pour les péchés du monde.

Si Jésus, par impossible, avait pu un seul instant n'être pas Victime, les actes posés par Lui n'ayant point été les actes d'une Victime, n'auraient pas été en harmonie avec sa mission divine et n'auraient pas concouru à la fin rédemptrice de sa venue sur la terre. C'eût été un hors-d'œuvre dans l'économie du plan divin de la rédemption du genre humain.

Il eût fallu pour cela, non seulement déchirer une partie des décrets éternels de l'adorable Trinité, mais encore soustraire Jésus à l'action divine qui s'exerçait sur Lui en tant que Sauveur du monde. N'étant point alors chargé des péchés de l'humanité, la malédiction divine qui pesait sur le coupable jusqu'à son entière expiation, eût été suspendue, et l'inexorable Justice prête à frapper la Victime, qui s'était offerte à lui donner pleine satisfaction, n'aurait pu réclamer ses droits.

Autant de suppositions inadmissibles, non seulement à la raison, mais surtout pour la dignité

votre volonté... C'est en vertu de cette volonté que nous avons été sanctifiés f)ar l'oblation du corps de Jésus-Christ. » Hébr., X, 5, 6, 7, 10.

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et les sentiments de notre divine Victime. Tout au contraire, Jésus réclame pour son Père, pour Lui et pour nous cet état permanent de sacrifice et d'immolation. Il l'a choisi Lui-même, Il le veut. Il l'aime. Il ne le perd pas de vue. Il s'y complaît. Il y voit l'unique moyen de glorifier son Père et d'aimer les hommes ; Il en est jaloux et II y est attaché par toutes les fibres de son être. Tout ce que cet état comporte de Sagesse divine et de Miséricorde infinie, Il l'adore, Il s'en pénètre, Il s'en nourrit, Il en vit. Etre Victime, c'est sa passion et sa gloire. Il ne serait plus Jésus, s'il cessait d'être Victime.

Quel abîme d'abaissement, de souffrance, de miséricorde et d'amour dans cet état permanent de Victime en notre adorable et tendre Jésus ! Et pour nous quel autre abîme d'adoration, de louange, de reconnaissance et d'amour, à la vue de cette éternelle charité qui ne connaît d'autres limites que celles de l'infini !

Posséder un Dieu que l'on ne peut contempler que dans l'abaissement et la douleur ! Etre les rachetés d'un Dieu Sauveur qui n'a su nous aimer qu'en souffrant et nous sauver qu'en mourant ! Quelle révélation et quel mystère !

O Jésus Victime, soyez béni dans les siècles des siècles !

A Jésus, Viclime incarnée

O Jésus, mon amour,

Vous descendez des hauteurs de l'Eternel

et Vous Vous couvrez des livrées

de l'humanité coupable.

Vous vous substituez aux pécheurs

et c'est sur Vous que pèsera désormais

la malédiction divine.

C'est à Vous que la Justice

demandera satisfaction,

dussiez- Vous verser tout votre sang

et mourir dans l'abandon universel

sur un gibet d'ignominie.

Ah ! que Vous êtes grand dans vos abaissements !

Que Vous êtes beau dans vos soufrances !

Que Vous êtes sublime

dans votre état de Victime !

Que Vous êtes tendre et miséricordieux

dans vos incessantes immolations !

Que Vous êtes souverainement adorable

et infiniment aimable,

ô Jésus, mon Sauveur !

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