‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoce (volume 4)Chapitre 13 sur 49 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

De l'état de Victime en Jésus dès sa Conceptioi?

« Dieu, en envoyant son propre Fils dans une chair semblable a celle du péché, a condamné à cause du péché le péché dans la chair, o

Rom.. III, 3.

Jésus n'est venu sur cette terre que pour une fin unique et n'a reçu qu'une mission afin de l'accomplir. Tout dans l'Incarnation a convergé vers ce but. Il n'y a pas eu une seule parcelle de l'existence humaine de Jésus qui ait été soustraite à ce plan divin.

Dieu oflfensé réclamait une réparation de la part du pécheur. Le Verbe divin s'élance alors dans l'humanité et prend sa place pour payer ses dettes à la Justice divine. Au moment précis où s'opère en Lui l'union de l'âme et du corps, Jésus, par l'assomption de sa nature humaine en sa Personne divine, est constitué homme parfait, donc Victime.

t68 DE JÉSUS DANS SON ÉTAT DE VICTIME

Cet état n'est pas survenu en Lui graduellement, mais subitement, comme la vie que Lui a communiquée la puissance divine. Jésus n'était en aucune manière susceptible de perfectionnement ; ce qu'il était aux yeux du Père, en tant que Verbe incarné. Il devait l'être immédiatement et dans toute sa perfection, dès son apparition dans l'humanité, sans passer par aucune phase intermédiaire. Son caractère de Victime, essentiel et absolu, ne pouvait Lui être surajouté. Mais, en Jésus, vivre et être Victime, c'est une seule et même chose : Il est Victime, et c'est pourquoi II vit ; Il vit, et c'est parce qu'il est Victime. Il n'existera que tout le temps qu'il sera Victime, et lorsqu'il ne sera plus Victime Il cessera de vivre.

S'il doit y avoir plus tard en Jésus, pendant sa vie, des manifestations et des développements extérieurs de sa mission de Victime, il ne peut y en avoir dans l'essence et l'intime de son état de Victime. Jésus ne sera pas plus Victime intrinsèquement sur le Calvaire, qu'il ne l'est dans le sein de sa Mère et dès sa conception. En aspirant la vie, Il a été marqué dans son corps et dans son âme du sceau divin de la Victime immolée pour les péchés du monde.

Dès ce moment tout a été sacrifié et immolé en Lui à la gloire de son Père, et II a rempli à la

perfection son rôle de Victime. En possession d'un corps qu'il pouvait déjà offrir en holocauste et d'une âme jouissant du plein exercice de toutes ses facultés, rien ne manquait à la matière essentielle de son Sacrifice '.

Jésus s'incarnant, c'est bien la Divinité se révélant au monde sous les dehors de l'humanité pécheresse ! Ce n'est plus seulement un Dieu, c'est un Dieu-Homme; fait unique dans l'histoire du temps et de l'éternité ! C'est un HoiTime-Dieu Victime, destiné à la souffrance avant de parvenir à la gloire, condamné à la mort avant d'arriver à la vie !

Adorons, remercions et aimons! Puis, contemplons avec respect l'immolation initiale de Jésus, au moment solennel, pour le ciel et la terre, où le Fils éternel de Dieu entre dans le monde et devient la Victime de l'humanité.

' Saint Paul met sur les lèvres du Verbe incarné, dès son entrée dans le monde, les paroles éloquentes par lesquelles il s'offre à son Père comme Victime pour le rachat de l'humanité. « C'est pourquoi le Christ entrant dans le monde, dit : Vous n'avez pas voulu de sacrifice ni d'offrande, mais vous m'avez approprié un corps ; me voici, je viens. » Hébr., x, 3, 7.

Le Docteur angélique, de son côté, dit expressément que « le Christ dès le commencement de sa conception a mérité pour nous le salut éternel » (III p., q. 48, a. 1, ad 2) ; ce qu'il n'aurait pu faire s'il n'eût été Victime, puisque ce n'est qu'à ce titre qu'il pouvait sauver le monde.

Page 1