CHAPITRE SIXIEME
De la fin de la mission de Jésus par son immolation
6 I! est enli-é une fols pour toutes dans le sanctuaire, avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle. »
Hébr., IX, 12.
Le consummatum est s'est fait entendre au sommet du Calvaire et, en même temps, la mission de Jésus sur cette terre a pris fin. La grande parole prononcée par le Sauveur en entrant dans l'humanité s'est réalisée à sa sortie de ce monde : « Les holocaustes pour le péché ne vous ont pas plu, vous m'avez adapté un corps, me voici pour faire votre volonté * >>.
Jusqu'ici, ô mon Père, les sacrifices n'avaient été qu'une figure de celui que je viens de vous offrir. Je vous ai tout donné ; j'ai accepté tous les genres de souffrance ; j'ai voulu passer par toutes les ignominies que l'enfer peut suggérer à ses complices les pécheurs ; je me suis immolé
^ Hébr., X, 5-7.
sans merci et j'ai offert ma vie pour expier le péché, qui vous avait outragé et n'avait introduit la mort temporelle dans l'humanité que pour la conduire à la mort éternelle. J'ai accompli l'œuvre que vous m'avez donnée à faire, et tout est consominé.
Dieu ne regarde plus l'humanité d'un œil courroucé ; la terrible malédiction de sa Justice s'est dissipée dans les infinies satisfactions de sa Miséricorde. Il reçoit des mains de son divin Envoyé l'humanité purifiée ; il la retrouve telle qu'il l'avait contemplée à l'origine, et il l'embrasse pour ne plus jamais la maudire et la punir.
Jésus n'a plus rien à faire ici-bas, parce qu'il n'a plus rien à souffrir. Il s'est constitué Victime et II s'est immolé ; son Sacrifice est accompli et il est parfait. Si Jésus restait dans le monde. Il ajouterait à sa mission quelque chose pour lequel II n'aurait pas été envoyé, et, dès lors, ni son Père n'y trouverait sa gloire ni l'humanité un supplément de mérites dont elle n'a plus besoin.
Ceci nous fait mieux comprendre combien Jésus est Victime et n'est que Victime. Restons dans la réalité des choses et, sans nous attarder dans des conceptions d'un autre mode possible d'Incarnation, ne voyons dans l'Envoyé de Dieu que le Sauveur voué à l'immolation ; ne considé-
rons en notre Jésus, tel que l'amour du Père nous L'a donné, que l'adorable et douce Victime qui vient mourir pour nous rendre la vie.
Maintenant que nous avons recueilli son dernier soupir, ah ! n'en perdons jamais le souvenir. Deineurons au pied de la croix, pour contempler notre miséricordieux Sauveur qui a baigné nos iniquités dans son sang et nous a donné un éternel asile dans son cœur. Qu'il soit toujours notre refuge et notre réconfort. Mettons en Lui notre confiance ; ne craignons pas de recourir à Lui en toute occasion et de Lui exposer nos misères et nos faiblesses '. Que pourrait nous refuser un Dieu Victime qui a souffert et s'est immolé pour nous ? Aimons à vivre avec Lui, apprenons à mourir pour Lui.