‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoce (volume 4)Chapitre 33 sur 49 · CHAPITRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME

De l'amour dû à Jésus en sa qualité de Victime

e Soyez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés, et marchez dans l'amour, comme le Christ qui nous a aimés et qui s'est livré lui-même pour nous à Dieu. »

Ephés.. V, 1, 2.

Le simple énoncé de ce chapitre est un couronnement nécessaire du sujet tout divin que nous avons traité dans ce volume. Comment, en effet, avoir étudié le Verbe divin incarné, sans comprendre qu'à cette charité infinie qui L'a fait descendre dans l'humanité ne peut correspondre qu'un amour universel ? Comment avoir vécu avec Jésus et L'avoir accompagné dans toutes les phases de sa vie, sans avoir saisi au son de sa voix, à la tendresse de son regard et aux battements de son cœur, qu'il était venu chercher de l'amour parmi les hommes, en retour du salut qu'il leur procurait ?

Comment avoir vu le Fils de Dieu se condamner à tant d'abaissements et d'humiliations afin de se mettre à notre niveau et porter le poids écrasant de nos péchés, sans éprouver le besoin de Le remercier et de L'aimer ? Comment avoir considéré notre Sauveur dévoré du zèle et de la gloire de Dieu, se nourrissant de souffrance autant que d'amour, soupirant depuis son Incarnation après l'immolation suprême qui devait Lui coûter tout son sang, sans être touchés jusqu'au fond de l'âme d'un tel mystère de charité divine ?

Comment avoir été témoins des terribles souffrances endurées par notre divine Victime et avoir assisté à son cruel supplice, sans être attendris et sans vouloir, à notre tour, souffrir pour Lui prouver notre amour?

Il ne peut nous suffire de connaître Jésus Victime, nous devons L'aimer. Une connaissance froidement raisonnée de ce caractère essentiel en Jésus serait un outrage à son amour.

Il s'est fait Victime, parce qu'il aimait son Père ; et son Père L'en aime infiniment. Il s'est livré et immolé parce qu'il nous aimait ; et nous devons Le payer de retour. Il ne pouvait faire davantage pour se révéler en tant que Victime, Il ne pouvait se vouer à plus d'humiliations et de douleurs pour vivre en Victime, Il ne pouvait

pousser pîus loin son immolation pour mourir en Victime.

De telles sublimités ne se contemplent pas avec indifférence. Une semblable charité est faite pour attendrir et émouvoir. Si, à la vue de Jésus souffrant et de Jésus mourant, nos yeux ne se mouillent pas de larmes et notre cœur ne bat pas plus fort, c'est que nous n'avons pas compris ce qui Le faisait souffrir et pourquoi II a voulu mourir.

Jésus est trop aimé de son Père en tant que Victime, pour que nous, créatures, nous n'éprouvions pas tout naturellement le besoin d'aimer Celui que Dieu nous a donné. Jésus s'aime trop Lui-même dans son état de Victime, pour que nous, pécheurs, nous ne partagions pas les sentiments de Celui qui pour nous s'est immolé. Jésus nous prouve trop d'amour en s'immolant comme Victime, pour que nous, ses rachetés, nous ne nous attachions pas irrévocablement à Celui qui nous a sauvés.

Il n'y a que l'amour qui puisse éclairer et féconder notre science de Jésus. Il n'y a que l'amour qui puisse nous faire saisir un peu la sublimité divine des desseins éternels décrétant la Rédemption. Il n'y a que l'amour qui puisse

nous faire pénétrer dans le cœur de l'Homme- Dieu. Il n'y a que l'amour qui puisse incruster dans notre propre cœur le souvenir immortel de la divine Victime. Il n'y a que l'amour qui puisse nous attacher à ses pas et nous la faire accompagner jusqu'au Calvaire, pour partager ses douleurs et son supplice. Il n'y a que l'amour qui puisse nous garder dans la générosité et l'héroïsme, nous, les fidèles disciples de cet ineffable Maître qui nous appelle à souffrir et à mourir avec Lui.

Aimons Jésus ! Jésus, c'est l'amour ; et le vrai nom de l'amour, c'est Jésus !

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