‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoce (volume 4)Chapitre 6 sur 49 · V. — Mystère d'amour dans la Charité · texte numérisé non relu

V. — Mystère d'amour dans la Charité

avec laquelle Dieu donne son pils

en Victime

Ce qui frappe le plus dans le mystère de l'Incarnation et de la Rédemption, c'est l'amour dont ce mystère est la manifestation et la preuve la plus sublime que Dieu puisse en donner aux hommes '. Tout est adorable et infiniment parfait

* « L'amour de Dieu s'est manifesté parmi nous, en ce que Dieu a envoyé son Fils dans le monde, afin que nous vivions par lui. » I Jean, iv, 9.

dans les œuvres de Dieu ; mais rien ne peut et ne pourra jamais dépasser les grandeurs et la perfection de l'acte par lequel le Verbe de Dieu s'est uni à la nature humaine et s'est constitué Victime d'expiation à la place du genre humain. Dans cette œuvre sublime, résumé de toutes les merveilles de Dieu, où toutes les perfections divines ont, pour ainsi dire, un rôle à jouer, la Charité, qui est l'essence même de Dieu, ressort ineftablement, au point que ce mystère est à proprement parler le mystère de l'amour de Dieu pour l'homme'. Voyons les caractères les plus frappants de cet amour éternel dans le don inestimable de notre adorable Victime.

Pour le bien comprendre, il nous faut considérer l'humanité dans l'état où l'avait réduite le péché. Par sa désobéissance à son Créateur, l'homme avait perdu l'innocence dans laquelle il avait été créé ; sa beauté surnaturelle s'était éclipsée, l'image de Dieu qu'il portait dans son âme avait été horriblement défigurée, l'amitié divine qui faisait sa paix et son bonheur avait

• « Il ne se peut imaginer de preuve plus évidente de l'amour de Dieu pour nous que de voir le Créateur de toutes choses se faire créature ; notre Seigneur et Maître devenir notre frère ; le Fils de Dieu naître Fils de l'homme ; Dieu aimer le monde à cet excès qu'il lui donne son Unique. Et voilà ce qui, bien considéré, peut allumer en nous comme un incendie d'amour pour Dieu. » S. Thom., In exp. Symboli Apost. inter Opuscules.

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déserté son cœur et, à la place de la béatitude dont la créature pure et innocente jouissait dans le paradis terrestre, une effroyable malédiction pesait sur la créature pécheresse.

Mais l'homme prévaricateur n'avait pas fait que des pertes ; en péchant, il avait ouvert la porte à tous les maux et il se vit aussitôt envahir par toutes les misères à la fois. Un voile de profonde et insondable tristesse s'étendit sur lui : il vit tout ce qu'il avait perdu par sa faute, et pour une satisfaction d'un moment : il comprit l'étendue immense de son irréparable malheur; il se sentit impitoyablement rejeté de Dieu : il se vit voué éternellement à la malédiction de Celui qui l'avait tant comblé et qui l'avait destiné à jouir de lui dans une félicité sans lin. Il se produisit alors dans son âme des déchirements inconcevables : son intelligence, qui auparavant était noyée dans la lumière, s'obscurcit et n'entrevit plus la vérité que dans les ténèbres et comme à tâtons ; son cœur, jusque-là si profondément paisible dans la possession de son Dieu, ressentit les chocs violents de la concupiscence que le péché avait déchaînée ; sa volonté, si unie à celle de son Créateur, ne connut plus la rectitude et la sagesse, mais elle se trouva sans vigueur et sans fixité en face des penchants viciés de sa nature corrompue. L'harmonie qui avai^

existé entre le corps et l'esprit fut violemment rompue, et les guerres intestines firent irruption dans cet admirable composé humain que Dieu avait fait tout de concorde et de pureté.

Sous le poids de tant de malheurs réunis, en face d'une faute qu'il n'était plus en son pouvoir de réparer, dans la perspective d'une éternité de tourments et, par-dessus tout, devant le châtiment effroyable de la séparation de son Dieu, vers lequel pourtant les besoins les plus intimes de son âme ne cessaient de le porter impérieusement, l'homme pécheur était accablé de remords et de regrets ; il sentait le désespoir à la porte de son âme, et il en aurait été la proie si la Miséricorde divine n'eût fait briller un rayon d'espérance au milieu de cette tourmente indéfinissable soulevée par le premier péché de l'humanité.

Dieu, dont les secrets sont impénétrables et qui prodigue ses dons à qui il veut, eut compassion d'une misère aussi navrante ; il se rappela la prédilection qu'il avait eue pour l'homme parmi tous les autres êtres de la création ; il vit sa propre image dans son âme, et il ne voulut point l'y laisser défigurée à jamais ; il daigna se laisser toucher par le malheur de celui qu'à l'origine il avait résolu de faire si grand dans sa gloire et, par un mouvement adorable de son

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éternelle charité, il prit en pitié cette humanité coupable que sa Justice se préparait à frapper irrévocablement.

Qu'il est sublime et touchant cet amour de compassion divine se penchant sur l'humanité déchue, pour lui faire entendre des paroles d'espérance et la faire encore tressaillir de bonheur au souffle de la miséricorde infinie ' !

Mais pour être efficace, cette compassion appelait un autre amour, l'amour de pardon. L'homme pécheur ne pouvait être réhabilité et reconquérir ses droits à la couronne qu'il avait volontairement perdue, que s'il était pardonné et lavé de

' Paiini les motifs de l'Incarnation pour porter l'homme au bien, énumérés par l'Ange de l'Ecole, il en est deux relatifs à l'espérance et au bonheur : « L.'espérance est par là même plus vive. Aussi, Saint Augustin dit-il (De Trin., L. i3, c. lo) : « Rien n'a été plus nécessaire pour exciter notre espérance que de nous démontrer combien Dieu nous aimait ». Et qui pouvait nous prouver plus manifestement cet amour que le Fils de Dieu en daignant s'unir i) notre nature? » — « La pleine participation de la divinité, qui est la véritable béatitude de l'homme et la fin de la vie humaine, nous a été conférée par l'humanité du Christ. Car, d'après Saint Augustin, Dieu s'est fait homme pour que l'homme devînt Dieu. » S. Thom., III p., q. i, a. 2.

Dans sa Somme contre les Gentils, il dit encore : « Il était très convenable que Dieu prît la nature humaine pour relever Yespérance de l'homme en lui faisant attendre la félicité. Aussi les hommes ont-ils commencé, après l'Incarnation du Christ, à aspirer plus vivement au bonheur des deux. » S. Thom., Contr. Geni^ h. 4, c 54.

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ses souillures ; et c'est ici que se manifeste avec plus d'éclat l'infinie bonté à son égard.

Le péché avait constitué une offense grave à Dieu, qui appelait nécessairement une réparation. Dieu ne pouvait pardonner à l'homme purement et simplement, et le traiter ensuite comme s'il n'avait jamais péché. Sa désobéissance lui avait attiré un châtiment, et un châtiment éternel; l'Amour pouvait bien atténuer ce châtiment, mais la Justice, qui conservait ses droits, réclamait le maintien d'une réparation efficace ; à ce prix seulement, h» peine cesserait d'être éternelle et, après l'expiation voulue, l'homme purifié et régénéré rentrerait dans l'amitié de son Dieu et reprendrait sa place dans ses destinées éternelles '.

Mais cette réparation digne de Dieu, cette expiation capable de faire disparaître la trace du péché, il n'était pas au pouvoir de l'homme de l'offrir ; et si Dieu voulait à tout prix pardonner au coupable, il fallait qu'il se chargeât de réparer à sa place. L'Amour opéra cette divine merveille,

1 « Dieu le Père a livré le Christ en lui inspirant la volonté de souffrir pour nous. Ce qui montre la sévérité de Dieu qui n'a f)as voulu pardonner le péché sans la peine, ce que l'Apôtre exprime en disant : « Il n'a pas épargné son propre Fils » ; et ce qui prouve aussi sa bonté, en ce que, comme l'homme ne pouvait satisfaire suffisamment pour une peine qu'il souffrirait lui-même, il lui a donné quelqu'un pour satisfaire à sa place, et c'est ce que Saint Paul a désigné en ajoutant : « Il l'a livré pour nous tous. » S. Tho.m., III p., q. 47, a. 3, ad 1.

et en même temps que Dieu leva le bras pour bénir et pour absoudre, il décréta l'Incarnation du Verbe et il choisit son Fils pour en faire la Victime de l'humanité ^ A partir de ce moment, le salut du genre humain fut assuré ; l'homme aurait à souffrir, car il devait associer sa pénitence à l'expiation de son Sauveur-, mais le

' « Dieu a fait éclater son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, le Christ est mort pour nous. » Rom., v, 8, 9.

■^ « Mes bien-aimés, ne soyez pas surpris du feu ardent qui sert à vous éprouver, comme s'il vous aiiivait quelque chose d'étrange ; mais, paixe que vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que lorsque sa gloire sera manifestée, vous soyez aussi dans la joîe et dans l'allégresse. » I Pierre, iv, 12, i3.

« En toutes choses nous souffrons la tnbulation, portant toujours dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps. » II Cor., iv, 8, 10.

« Je complète dans ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ. » Col., i, 24.

Saint Thomas, de son côté, dit que quoique nous ayons été délivrés de la peine du péché par la passion du Christ, nous ne sommes pas pour cela exemptés de souffrir, mais au contraire tenus de ressembler par la souffrance à Celui qui est mort pour nous. « La satisfaction du Christ a en nous son effet, en tant que nous sommes incorporés à lui, comme les membres le sont à la tête. Or, les inembres doivent être conformes à la tête. C'est pourquoi, comme le Christ a eu d'abord la grâce dans son âme avec la passibilité du corps et qu'il est parvenu par sa passion à la gloire de l'immortalité ; de même, nous qui sommes ses membres, nous sommes délivrés par sa passion de toutes les peines que nous avons méritées, de manière cependant que nous recevons d'abord dans notre âme l'esprit d'adoption des enfants de Dieu par lequel nous avons droit à l'héritage de la gloire im-

ciel ne lui serait pas irrévocablement terme et un jour, dans la gloire, il pourrait chanter les louanges et les miséricordes de l'Agneau immolé pour les péchés du monde '.

Une fois pardonné, l'honmie devint l'objet d'un amour tout de bienveillance de la part de Dieu. 11 l'avait trop aimé, en lui donnant son Fils, pour pouvoir, après un tel don, mettre des bornes à son amour. Aussi, aima-t-il l'homme d'un amour nouveau, inconnu jusque-là. L'homme purifié et pardonné lui apparaissait comme une création renouvelée ; il retrouvait en lui, après son pardon, tout ce que le péché en avait soustrait et

mortelle, tout en conservant notre corps passible et inortel ; puis, afirès que nous sommes devenus semblables à la passion et à la mort du Christ, nous arrivons à la gloire immortelle, d'après ces paroles de Saint Paul (Rom., vni, 17): « Si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers: héritiers de Dieu et cohéritiers du Christ, pourvu toutefois que nous souffrions avec lui, afin d'être glorifiés avec lui. » S. Thom., III p., q. 49, a. 3, ad 3.

' « Si Dieu, dit encore Saint Thomas, eût réhabilité l'homme par sa seule volonté et sa seule puissance, l'ordre de la justice divine, qui exige une satisfaction pour le péché, ne serait pas gardé. Mais Dieu ne peut être sujet de satisfaction ni de mérite, car cela n'appartient qu'à un être soumis à un autre. Il a donc fallu qu'i/M Dieu se soit fait homme, afin qu'il pût tout à la fois et réhabiliter et satisfaire. Et c'est cette cause de l'Incarnation di\'ine qu'assigne l'Apôtre dans son épître à Tim. (1, i5) : « Jésus- Christ est venu dans ce monde pour sauver les pécheurs. » S. Thom., Op. 2, c. 21 3.

détruit' ; et il l'aima comme un naufragé que l'on vient d'arracher à une mort certaine, comme un fils perdu et retrouvé. Il lui rendit tous ses droits reconquis et le traita presque comme s'il n'en avait jamais été offensé.

Connaissant les suites funestes du péché dans l'âme humaine, Dieu mit, en outre, sur la route des hommes cheminant vers le ciel des secours nombreux et variés, pour leur permettre de faire face à leurs ennemis du dehors et du dedans. 11 en trouva la source dans la divine Victime même qu'il leur avait donnée, et par les mérites infinis de laquelle l'humanité tout entière serait assistée et sanctifiée dans le temps et dans l'éternité -'.

' « II a été nécessaire au genre humain que Dieu se fît homme pour démontrer la dignité de la nature humaine, afin qu'ainsi l'homme ne fût soumis ni aux dénions ni aux choses corporelles. » S. Thom., Op. 2, c. 2i3.

- « L'œuvre de l'Incarnation, dit le même saint Docteur, fait disparaître les obstacles qui empêchent l'homme d'arriver à la félicité. Puisque la parfaite félicité de l'homme consiste uniquement dans la jouissance de Dieu, t|uiconque s'attache aux êtres créés inférieurs à Dieu est finalement et de toute nécessité exclu de la participation à la véritable félicité. L'homme pouvait être contraint à s'attacher, comme à sa fin, aux êtres qui sont inférieurs à Dieu, parce qu'il ignorait la dignité de sa nature. Dieu a donc fait ressortir très convenablement cette dignité de l'homme qui consiste en ce qu'il doit goûter le bonheur dans la vision immédiate de Dieu, en prenant luimême immédiatement la nature humaine. » S. Thom., Contr. Gent., L. 4, c. 34.

A ces trois amours de compassion, de pardon et de bienveillance, il en faut ajouter un quatrième qui existe éminemment en Dieu de toute éternité à l'égard de son Verbe et qui ne fit que se prolonger en quelque sorte dans l'humanité, lorsque fut porté le décret de l'Incarnation : l'amour de complaisance. Le Verbe, en s'incarnant, emporta avec Lui toutes les divines et ineffables complaisances dont II était l'objet de toute éternité', et II en fit participer son Humanité sainte, puisque en s'incarnant II l'éleva à la dignité de sa Personne divine. Ces deux amours en Dieu, celui qu'il porte à son Fils éternellement engendré et celui qu'il a pour son Fils incarné dans le temps, se confondent dans une tnême ineffabilité divine-. Mais à cause de la nature humaine que nous avons de commun avec celle du Verbe fait chair, il rejaillit sur nous quelque chose de cet amour de complaisance que Dieu le Père porte à son Fils '.

L'humanité lui devient chère parce que son Verbe en a fait son épouse et qu'il se l'est unie

* « Père, vous m'avez aimé avant la constitution du monde. » Jean, xvii, 24.

2 « Voici mon Fils bien-aimé, en qui je me suis complu. » Matth., III, 17 ; XVII, 5.

3 « Vous les avez aimés, comme vous m'avez aimé... Je leur ai fait connaître votre nom, afin que Yamour dont vous m'avez aimé soit en eux. » Jean, xvii, 23, 26.

DÉCRET ÉTERNEL DE l.A REDEMPTION "/O

indissolublement '. Partout où il y a la nature humaine, cette vue évoque en Dieu le Père la pensée de son Fils, et il se sent porté à l'aimer avec plus d'ardeur et de tendresse -. C'est ce qui explique que Dieu ait fait pour l'homme des folies divines et qu'il n'ait plus su mettre de bornes à ses bontés, à ses miséricordes et à ses tendresses \

Le cœur du Fils étant à l'unisson du cœur du Père, Jésus, notre divine Victime, nous a également aimés dès l'origine et nous aimera éternellement d'un amour dont un Dieu seul est capable. En même temps et comme son divin

' « Dieu aime plus la nalnre humaine cniiobllf jyar son Verbe dans la personne du Christ que tous les anges, et elle est en effet meilleure l>ar suite de cette union. >> S. Tho.m., 1 p., q. 20, a. 4, ad 2.

■^ If Dieu nous a rendus agréables à ses yeux en son FUs bien-aimé. » Eph., i, 6.

« Rendons grâces à Dieu le Père qui nous a transférés dans le royaume du Fils de sa dilection. » Col., i, i2, i3.

3 Saint Thomas emploie une expression heureuse pour montrer les liens qui, depuis l'Incarnation, unissent étroitement et amoureusement Dieu à l'humanité. « Dieu, dit-il, voulant nous provoquer à l'aimer, a de tous les moyens employé le plus efficace quand son Verbe, par qui tout a été fait, a épousé notre nature pour la réparer : tellement qu'il fut à la fois Dieu comme son Père et homme comme nous... Il y a dans l'alliance de parenté que Dieu contracte avec l'homme pour le salut de l'homme, la démonstration la plus palpable de son amour pour l'homme. » S. Tho.m., Op. 3, c. 5.

yfi DE JÉSUS DANS SON ÉTAl DE VICl IME

Père II a eu compassion de nous, Il nous a pardonnés, Il nous a comblés de ses bienfaits ; et s'étant plus directement rapproché de nous. Il a poussé la condescendance jusqu'à daigner habiter en nous, y établir sa demeure et y prendre ses complaisances. Il nous a même nourris de sa propre chair, Il nous a inoculé son sang, Il nous a unis étroitement à Lui et, un jour. Il consommera cette union dans l'unité de l'éternelle béatitude.

Gomment — toute mystérieuse que soit cette vérité — ne point nous écrier avec l'Eglise dans sa liturgie : « O heureuse faute, qui nous a mérité un tel Sauveur ! » qui a porté Dieu à nous donner son Fils et à en faire notre adorable et éternelle Victime !

A Jésus, Victime éternelle

O Jésus, mon adorable et divine Victime,

que je contemple éternellement engendré

dans le sein du Père,

objet ine^able de ses complaisances infinies,

et voué, par amour pour nous,

au rachat de l'humanité coupable ;

je Vous adore et je Vous aime

dans l'état de créature et d'hostie

que Vous avez daigné prendre dans le temps.

Vous êtes la Bonté toute de tendresse

qui a voulu se livrer aux hommes,

pour se faire leur rançon !

Vous êtes la Miséricorde infinie

qui a su pardonner avec largesse au pécheur

et le soustraire aux coups de l'inexorable Justice!

Vous êtes l'incommensurable Charité

qui a fait de l'Eternel une Victime

constituée pour le sacrifice et l'immolation !

"Mystère insondable des secrets divins !

Sagesse infinie promulguant un décret

d'éternel amour !

Amour, louange et gloire au divin Libérateur,

au miséricordieux Sauveur de l'humanité !

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