‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoceChapitre 19 sur 55 · CHAPITRE TROISIEiME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEiME

De la nécessité de Tétude de Jésus

6 Dieu, notre Sauveur, veut que tous les hommes parviennent à la connaissance de la vérité. Car il y a un seul Dieu et un seul médiateur entre Dieu et les hommes, l'homme Jésus-Christ, qui s'est donné luimême pour la rédemption de tous. »

/ Tim.. II, 3-6.

Jésus ne peut être tout ce qu'il est et avoir fait pour l'humanité ce qu'il a fait, sans qu'une nécessité s'impose à tout esprit humain de chercher à approfondir toujours davantage les trésors de science cachés en Celui qui, étant déjà le Créateur de l'humanité, s'est fait son Sauveur et demeurera éternellement son Seigneur et son Tout dans les siècles des siècles.

Il est impossible que Jésus ne soit pas connu, Lui qui est l'unique science ; il est, par conséquent, inadmissible qu'il ne soit pas étudié et qu'il ne devienne pas la principale et la plus

sacrée des préoccupations. Toutes les autres études doivent céder le pas à celle-là '. Lors même qu'il y en aurait d'étrangères, imposées par nos devoirs d'état, celle qui devra toujours tenir la première place en importance et en application, c'est la science de Jésus, cette science suréminente qui nous met en face des vérités immuables et nous parle d'éternité.

' Voici ce que Saint Thomas dit de la science sacrée en général, et qui s'applique éminemment à notre sujet. Que pouvons-nous trouver, en effet, dans la science sacrée de plus élevé, de plus beau, de plus attrayant, de plus pratique et de plus sanctifiant que la science de Jésus qui nous révèle tous les mystères du temps et de l'éternité ?

« La science sacrée est la f>liis noble de toutes les sciences. Spéculative sous un rapport et pratique sous un autre, elle surpasse toutes les autres sciences, tant spéculatives que pratiques. En effet, parmi les sciences spéculatives, l'une peut l'emporter sur l'autre, soit en raison de sa certitude, soit en raison de la dignité de son objet. — Sous ce double rapport la science sacrée est supérieure à toutes les autres sciences spéculatives.

« Elle l'emporte d'abord pour la certitude, parce que les autres sciences ne doivent leur certitude qu'à la lumière naturelle de la raison humaine qui est faillible, tandis que la science sacrée tire sa certitude de la lumière de la science divine qui est infaillible.

« Elle l'emporte encore pour la dignité de son objet, parce qu'elle s'occupe principalement de choses qui surpassent par leur élévation la raison humaine, tandis que les autres sciences ne considèrent que ce qui est de son domaine.

« Quant aux sciences jiratiques, la plus noble est celle qui ne se rapporte à aucune autre fin ultérieure (ou celle dont la fin est plus élevée). Or la fin de la science sacrée, au point de vue pratique, est le bonheur éternel vers lequel tendent toutes les autres sciences pratiques comme vers leur fin dernière.

« D'où il est évident que, sous tous les rapports, la science sacrée est plus noble que les autres. » S. Thom., i p., q. 1, a. 5.

Ce doit être là une vérité de principe qui régisse notre vie, une nécessité qui nous devienne douce et suave par l'amour avec lequel on l'accepte, une occupation pleine de charmes à laquelle on se livre avec joie et avec zèle.

Puissions-nous nous enthousiasmer pour une science qui fait ici-bas la passion des saints, et au ciel la joie des Bienheureux ' !

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