I. — L'étude de Jésus, devoir essentiel et primordial
La connaissance de Jésus étant indispensable à notre salut, nous est donnée de diverses manières. Jésus s'est révélé Lui-même et II nous a laissé pour nous instruire, avec l'histoire de sa vie et le traité de ses enseignements, le inagistère de la Sainte Eglise qui continue de nous enseigner-.
C'est beaucoup d'avoir puisé la science à la source de la vérité, d'avoir pour ainsi dire palpé l'amour de Jésus pour nous et de pouvoir lire
' « Croissez donc dans la grâce et la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. A lui la gloire et maintenant et jusqu'au jour de l'éternité. » II Pierre, m, iS.
- « Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant... et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé. » Matth., xxviii, 19, 20.
constamment dans le grand livre de sa vie, où sont écrites avec du sang les pages les plus sublimes de l'épopée divine de l'Homme-Dieu.
C'est beaucoup d'avoir reçu en héritage le code complet des enseignements de Jésus relatés dans le Nouveau Testament et la Tradition, et de n'avoir qu'à l'ouvrir pour y trouver une doctrine toute céleste et éclairer d'une lumière toujours renouvelée notre science croissante de ce Jésus, notre adorable Maître.
C'est beaucoup, pour continuer à nous enseigner et pour maintenir notre foi dans les règles infaillibles de la vérité, d'avoir une Eglise qui remplisse auprès de ses enfants le rôle d'une éducatrice vraiment maternelle.
C'est beaucoup surtout et c'est divinement beau et fructueux de posséder en Personne, à ses côtés, sous les voiles du Sacrement, ce même Jésus que nous sommes tenus de connaître et d'aimer, dont la connaissance est une des lois les plus impérieuses de l'humanité, et qui ne s'est fait Eucharistie que pour se révéler plus amoureusement à nos âmes.
Et cependant cela ne suffit pas, pour satisfaire à nos obligations sacrées. Quand il s'agit de Jésus, nous ne pouvons nous contenter de ce que nous avons appris d'une manière vague et imprécise ; encore moins d'une science insuffisante,
comme il arrive souvent des connaissances que nous avons plutôt effleurées, sans les avoir étudiées ni mûries par la réflexion.
Jésus est une source trop profonde, un champ trop vaste, une beauté trop idéale, une grandeur trop élevée, une perfection trop grande et une science trop divine, pour que, sans en faire l'objet constant de nos études et de nos amoureuses investigations, nous puissions en avoir une connaissance relativement parfaite.
Ce devoir, le premier de tous, s'impose à nous et parce que Jésus est une mine inépuisable à exploiter, et parce que Jésus ne se révèle qu'aux âmes qui ont faim et soif de Lui. Savoir ce qui a rapport à Jésus n'est qu'une partie incomplète de notre science ; il nous faut connaître Jésus en Lui-même. Pour avoir l'intelligence de ses enseignements, il ne nous suffit pas de les voir énoncés, mais il faut pénétrer dans la pensée de Jésus et les étudier à la lumière de sa vérité. Pour comprendre les actes de sa vie, il nous faut autre chose que d'en connaître les détails, il nous est nécessaire de savoir les sentiments qui les lui ont inspirés et le but qu'il s'y est proposé '. Tous les mystères comme toutes les phases de la vie de Jésus ont un sens profond et caché qui
' « Ayez en vous les mêmes sentiments dont était animé le Christ Jésus. » Puil., u, 5,
ne se saisit que dans l'étude et la réflexion '.
Ce serait une profonde erreur de croire qu'une attention médiocre sur les enseignements et les mystères de Jésus puisse nous suffire, et ce serait un grand malheur de nous en contenter. Nous sommes faits pour le ciel, et il n'y a pas de ciel sans la connaissance parfaite de Jésus. Sur la terre, où nous préparons notre éternité, rien ne s'obtient sans peine. Dès lors, même pour les choses les plus essentielles, il nous faut peiner, nous imposer des sacrifices et persister dans nos efforts.
Il est dans l'ordre que nous arrivions peu à peu à une connaissance plus grande de Jésus; cela dépend de nos eff^orts personnels, de notre soin apporté à l'acquisition de cette science, et de notre zèle à en poursuivre vaillamment l'étude constante et assidue. Il importe souverainement que nous nous pénétrions de l'obligation de ce devoir et que, mettant notre vie en harmonie avec nos convictions, nous nous consacrions plus que jamais à l'étude sérieuse et soutenue de Jésus, de ses perfections, de ses mystères, de sa vie, de ses enseignements, de tout ce qu'il est en Lui-
^ « Le mystère qui a <5té cach<î aux siècles et aux générations, mais qui maintenant a été manifesté à ses saints... c'est le Christ... c'est lui que nous annonçons, reprenant, instruisant tout homme en toute sagesse. » Col., i, 26-28.
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même et de ce qu'il est pour les âmes sur la terre et pour les Bienheureux dans la gloire.
Soyons avant tout des âmes de devoir, et pour cela devenons savants dans la science de Jésus.