‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoceChapitre 2 sur 55 · L. Glorieux, Ch · texte numérisé non relu

L. Glorieux, Ch

LETTRES ET APPROBATIONS

^APPRÉCIATION DE L,' « Ami du Clergé»

Ne du 3o Septembre 1920

Ce premier volume est comme la préface d'un ouvrage plus considérable qui comprendra six volumes.

Le titre général : Jésus mieux connu et plus aimé dans son Sacerdoce, nous indique le but que l'auteur se propose et l'importance du sujet qu'il va traiter. Si, en effet, l'amour est en raison directe de la connaissance, la principale préoccupation du chrétien, et du Prêtre surtout, sera d'acquérir de Jésus-Christ une connaissance approfondie. La science du Christ est le pivot de la vie spirituelle. Jésus est connu, sans doute, mais d'une connaissance qui ne tourne pas à l'amour, parce qu'elle est toute théorique et qu'elle intéresse notre esprit seulement. Il nous faut une science vécue, possédée comme la vie qui nous anime, une science qui soit notre vie. C'est pour nous aider à acquérir cette science vive que l'auteur, en autant de volumes distincts, traitera successivement de » la Condition de l'Homme- Dieu », de « Jésus Victime », de a Jésus Prêtre », de «■ Jésus Prêtre et Victime dans l' Eucharistie *, de « Jésus Prêtre et Victime dans le royaume de sa gloire ». C'est donc toute une théologie du Verbe incarné, dont l'idée-maîtresse sera le Sacerdoce de Jésus.

Le premier volume : » De la Connaissance de Jésus le Verbe incarné », nous prépare à lire fructueusement les suivants. Après nous avoir persuadés de l'importance et de la nécessité, vanté la sublimité de la connaissance de Jésus-Christ, l'auteur nous enseigne dans quel esprit, avec quelles dispositions d'âme et de cœur il faut l'étudier. Véritable introduction à l'étude et qu'on pourrait comparer à Y Introduction de Saint François de Sales à la Vie dévote. Rien du Manuel de Théologie ou du Catéchisme expliqué. En vain y chercherait-on

un exposé des erreurs ou une solution à des objections courantes. L'auteur n'entre point dans les discussions de l'Ecole. Il expose, mais dans une forme si attrayante ! Les chapitres, amorcés par un texte d'Ecriture du Nouveau Testament, sont divisés en autant de parties courtes qu'il y aura de raisons apportées à la thèse, et enfin résumés dans une prière en forme d'élévation mystique. La doctrine est assise sur les Evangiles et les Epîtres et emprunte ses développements à Saint Thomas. Les citations n'encombrent point le texte, mais trouvent leur place dans des notes appropriées en bas des pages. On est en présence d'un livre d'instruction et de piété tout à la fois, plein d'agrément et d'attrait. On ne fait pas une étude, ni une méditation, ni une lecture spirituelle, et pourtant on trouve tout cela. Je ne saurais mieux comparer ces chapitres qu'à ceux de \ Imitation de Jésus-Christ, remplis d'enseignement, d'onction, de piété.

Bref, le premier volume nous fait bien augurer de la suite de rou\Tage. L'ouvrier se révèle à la hauteur de sa tâche. Son œuvre promet d'être ravissante et atteindra son but. Aussi voudrions-nous voir dès à présent son premier volume se multiplier entre les mains des fidèles, trouver place dans les bibliothèques sacerdotales, devenir un manuel-guide de la connaissance de Jésus chez les aspirants au Sacerdoce. Tous souhaiteraient vite l'apparition des volumes suivants, que l'auteur nous promet dans un bref délai. Les uns y trouveraient un complément au De Verbo Incarnato pour se le rendre personnel, les autres des sujets de lectures ou d'instructions tout préparés, tous un aliment de choix pour leur vie spirituelle.

A JESUS Prêtre et Pontife

ET EN LUI à tcus les Prêtres mes prèrcs

A genoux dans l'adoration

la reconnaissance et Tamour

nous osons dédier ces pages

à Jésus le Pontife Eternel

qui ne cesse d'exercer son sublime Sacerdoce

par le ministère de ses Prêtres

sur tous les autels du monde

et qui immole éternellement

l'adorable et divine Victime

sur l'autel glorieux du ciel

Et par les mains du Souverain Prêtre

nous les présentons humblement

à tous nos vénérables frères

dans le Sacerdoce

comme un témoignage de notre profonde estime

de notre tendre affection

et de notre fraternel dévouement

pour la sanctification

de leurs âmes sacerdotales

à la plus grande gloire de Celui

qui les appelle « ses amis »

et qui en a fait d'autres « Lui-même »

Jésus, au soir inoubliable de la Cène, après avoir nourri ses apôtres de sa Chair et de son Sang, dont 11 a fait un principe d'immortalité ^ daigne nous donner une définition précise de la vie éternelle à laquelle nous sommes tous appelés : » La vie éternelle consiste à vous connaître, vous, seul vrai Dieu, et Celui que vous avez envoyé, Jésus-Christ » ^.

Cet enseignement solennel de Jésus, à l'heure de ses suprêmes adieux, est particulièrement lumineux ; nous y trouvons tout un programme de sainteté chrétienne et sacerdotale.

Nous sommes faits pour Dieu, et la vraie vie des âmes est celle de l'éternité, dans la connaissance, l'amour et la possession du souverain Bien. La vie du temps n'est qu'un acheminement constant vers la mort ; nous sommes destinés à une vie qui demeure. Dès lors, tout ce qui passe n'est point digne des aspirations de notre âme;

< « Je suis le pain vivant, qui suis descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, /'/ vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c'est ma chair pour le salut du monde. » Jean, vi, 5i, 52.

2 Jean, x\n, 3.

nous devons porter plus haut nos regards, pour trouver le bonheur parfait dans le repos et la stabilité.

L'exil toutefois étant pour nous la voie qui conduit à la Patrie, il est naturel que nous disposions ici-bas des mêmes éléments de vérité, de bonheur et d'amour que nous posséderons dans la béatitude : c'est pourquoi la perfection de la vie chrétienne sur la terre est proportionnée au degré que nous avons de la connaissance de Dieu, connaissance qui constitue l'essence de la vie bienheureuse dans l'éternité.

Posséder Dieu éternellement , c'est le connaître parfaitement, mais d'une connaissance toute d'amour, comme il convient à l'objet de notre félicité éternelle. C'est pour nous en faciliter l'acquisition dès cette vie, que Dieu le Père nous a envoyé son Fils et que le Verbe s'est incarné. Depuis lors, connaître Jésus nous est un devoir essentiel, de l'accomplissement duquel dépendent et notre sainteté sur la terre et notre bonheur au ciel.

Bien plus, Jésus étant la manifestation visible de la Divinité ' et ayant accompli sa mission divine parmi les hommes, ceux-ci vont naturellement à J^ui lorsqu'ils veulent aller à Dieu.

1 « Toute la plénitude de la Divinité habite corporellement en lui. » Col., ii, 9.

C'est à Lui qu'ils rendent leurs hommages, qu'ils offrent leurs actions de grâces, qu'ils adressent leurs prières. C'est sur ses traces qu'ils s'appliquent à marcher pour arriver au ciel; ce sont ses enseignements qu'ils écoutent et ses vertus qu'ils imitent ; c'est la foi en sa parole qui remplit leur intelligence de vérité ; c'est l'attachement à sa divine personne qui nourrit leur âme de charité ; c'est la recherche généreuse de son bon plaisir et V abandon amoureux à ses volontés saintes qui les consomment dans l'unité.

Jésus, le Verbe Eternel, le « Fils bien-aimé en qui Dieu le Père prend ses complaisances » ', est venu pour nous donner la vie - : la vie spirituelle, dans la croyance en sa Personne et en sa mission, dans la connaissance de ses adorables perfections, dans la charité, gardienne et garantie de notre fidélité et de notre persévérance ; la vie éternelle, dans la possession perpétuelle de Lui-même, dont 11 fait au ciel notre divine récompense.

Nous pouvons donc dire, en toute vérité, que la connaissance de Jésus essentielle à la vie des Bienheureux dans la gloire, l'est également à la sanctification des âmes sur la terre. En faire ici-bas son principal objectif , c'est se mettre en

1 Matth., III, 17.

" Jean, x, 10.

b CONNAISSANCE DE JESUS LE VERBE INCARNE

harmonie avec ses destinées éternelles ; c'est se préparer efficacement aux divines contemplations qui font les délices des élus dans l'éternité.

Pour bien connaître Jésus, il nous faut non seulement Le considérer dans l'ensemble de sa vie, et étudier ses enseignements , mais encore nous appliquer à approfondir ses dixnns mystères, les caractères essentiels de sa mission et les raisons adorables de ses immolations. Or, tout dans la vie mortelle de Jésus repose sur la fin de son Incarnation, qui est la glorification de son divin Père par la rédemption du genre humain. Et parce que cette fin, d'après les décrets éternels n'est obtenue que par la mort de l'Homme- Dieu, ce qui domine en Lui, c'est son Sacrifice suprême par l'effusion de son sang. Jésus est une Victime divine que sacrifie un Prêtre divin. Le couronnement de sa vie dans l'offrande et l'immolation de tout Lui-même par la vertu de son propre Sacerdoce : voilà ce qui met la perfection à la mission de Jésus sur cette terre.

Il s'ensuit que ce qu'il y a de plus grand et de plus essentiel dans le Verbe incarné, c'est son Sacerdoce et son Immolation. Sans Victime pas de salut, sans Prêtre pas de sacrifice de la Victime. Il est donc souverainement juste que nous rendions à Jésus, en tant que Prêtre et Victime,

des hommages spéciaux et un culte de reconnaissance et d'amour.

Comment, dès lors, ne pas déplorer que Jésus soit si peu connu et si peu honoré comme Prêtre, malgré la place prépondérante que tient son Sacerdoce dans les mystères de l Incarnation et de la Rédemption ! N'y a-t-il pas là une indifférence plus que regrettable de la part des chrétiens, et ne convient-il pas que les âmes qui font profession de piété cherchent à combler cette lacune dans leur vie spirituelle ?

Lorsque nous réfléchissons à tout ce que nous devons au Sacerdoce de Jésus ; lorsque nous considérons l'amour sacerdotal dont son Cœur est embrasé, — car 11 nous aime comme Prêtre du même amour dont 11 nous aime comme Victime, — nous sommes attristé de voir combien Jésus est ignoré dans son Sacerdoce ; il nous semble entendre le Souverain Prêtre se plaindre de cette indifférence à son égard, comme 11 le faisait autrefois à Sainte Marguerite- Marie pour la froideur témoignée par les hommes à son Sacré-Cœur.

Remarquons qu'il ne s'agit point ici d'une dévotion accidentelle, pas plus que d'une dévotion particulière à quelques âmes : le Sacerdoce de Jésus intéresse tous les chrétiens au même titre que son immolation sur le Calvaire ; il fait

partie de l'essence même du Christ. Jésus naît Prêtre ; Il vit, parle, enseigne comme Prêtre ; Il offre son sacrifice sur la Croix par la vertu de son Sacerdoce ; Il perpétue son état de Victime au Très Saint Sacrement par sa puissance sacerdotale dont 11 a rendu participants tous les Prêtres du monde ; Il est éternellement glorifié au ciel comme Prêtre, en même temps qu'il l'est comme Agneau toujours immolé.

S'il est impossible de considérer Jésus à un moment quelconque de sa vie mortelle, de sa vie eucharistique et de sa vie glorieuse, sans Le voir dans la dignité et l'exercice de son Sacerdoce : ne convient-il pas que nous L'honorions partout comme Prêtre, que nous L'adorions, L'aimions, L' étudiions. Le prêchions, et cherchions à Le faire connaître et à Le glorifier sous ce titre si beau qui répond à une réalité si sublime ?

N' est-il point à souhaiter que Prêtres et fidèles s'éprennent d'amour pour Jésus Prêtre et Victime ; qu'ils en fassent l'objet de leur dévotion la plus tendre; qu'à l'envi ils se livrent avec ardeur à l'étude du Sacerdoce éternel de Jésus dans leurs méditations et leurs lectures préférées ?

Telle est la grande et douce pensée qui nous a inspiré ce travail. Nous avons voulu attirer

l'attention des âmes pieuses, plus particulièrement des âmes sacerdotales et des âmes consacrées au Seigneur dans la vie religieuse, sur Jésus Prêtre éternel, l'unique et divin Prêtre, principe et source du Sacerdoce dans tous les Prêtres du monde.

Nous le constatons avec joie, on a écrit un nombre considérable de volumes sur Jésus, sa vie, ses vertus, ses enseignements, ses mystères, ses états, ses titres, etc. . . ; mais on a fort peu écrit sur son Sacerdoce, et malheureusement ce qui en a été écrit est trop peu connu. Nous regardons comme un devoir de notre vocation, par laquelle nous avons l'honneur d'êire exclusivement consacré aux Prêtres du Seigneur, d'apporter notre humble concours à la connaissance et à la glorification du Sacerdoce de Jésus.

Il nous a semblé que l'importance du sujet réclamait préalablement quelques considérations pratiques sur la connaissance de Jésus et l'étude que nous devons en faire. C'est ce que nous avons développé dans un premier z'olume intitulé « De la connaissance de Jésus le Verbe Incarné», que nous pouvons considérer comme une introduction à l'ouvrage tout entier.

La connaissance de Jésus, en effet, est une connaissance indispensable, la première en importance comme en dignité. Se consacrer à cette

étude capitale, c'est accomplir un devoir rigoureux, de même que c'est répondre aux inspirations les plus intimes de l'âme humaine ; à la condition toutefois d'en faire un aliment continuel pour le cœur comme pour l'esprit. D'oii l'obligation de se livrer à ce glorieux travail avec amour et de le poursuivre avec constance et générosité.

Après avoir montré l'excellence et la sublimité de cette science divine, en en puisant les raisons dans les caractères essentiels de l'Homme-Dieu, dans sa mission ici-bas, dans les droits qu 'Il a acquis à l'adoration et à l'amour de l'humanité pendant cette vie et dans les siècles des siècles ; nous faisons valoir les motifs principaux qu'il y a pour tous d'étudier sérieusement Jésus, tant pour nourrir l'esprit de vérité et le cœur d'affection, que pour y trouver une règle de perfection et une source de félicité terrestre et éternelle.

Nous n'avons pas craint de consacrer tout un chapitre à l'amour qu'il faut apporter à l'étude de Jésus, soit pour bien pénétrer les âmes de la nécessité d'une étude affective de Jésus afin de Le bien connaître et de Le goûter, soit pour rendre cette étude vraiment fructueuse, en les déterminant à marcher sur les traces de Celui qui n'est qu'amour et qui ne veut être mieux connu qu'a fin d'être plus aimé.

Dans l'intention d'attacher plus fortement le lecteur à l'étude amoureuse de Jésus et de l'engager à la poursuivre sans relâche, nous attirons ensuite son attention sur la fin qu'il doit se proposer. Il s'agit, d'une part, des droits de Jésus à reconnaître, de ses volontés à accomplir, de sa gloire à procurer et de son amour à satisfaire; de l'autre, d'acquérir une science nécessaire au salut, d'assurer sa propre sanctification par l'imitation de son divin modèle et de trouver en Lui le vrai bonheur.

Enfin, pour rendre cette étude fructueuse et éminemment pratique, nous énumérons les conditions dans lesquelles il faut la faire, et nous indiquons la méthode à suivre.

Un dernier chapitre sur l'amour dû à Jésus dans ses perfections infinies, termine le volume et montre combien Jésus est un centre divin oii converge tout l'amour du ciel et de la terre.

Après ces notions générales contenues dans la première partie, nous traitons, dans un second volume, « De la Condition de l'Homme-Dieu ». Notre but étant de faire ressortir en Jésus son caractère sacerdotal et de montrer par là comment l'accomplissement de sa mission de Rédempteur repose essentiellement sur son Sacerdoce et sur son Sacrifice, il nous faut tout d'abord étudier

Jésus Dieu et Homme dans le mystère de l'Incarnation. Par là, en effet, nous aurons une idée plus exacte de sa mission divine et nous saisirons mieux son office de Sacrificateur dans l'exercice de son Sacerdoce éternel.

Nous traiterons ensuite de «Jésus Victime», de « Jésus Prêtre», de « Jésus Prêtre et Victime dans l'Eucharistie », et enfin de « Jésus Prêtre et Victime dans le royaume de sa gloire ».

L'ouvrage complet, divisé en six parties, se composera de six volumes, contenant chacun un sujet distinct quoique lié étroitement au plan général.

La méthode que nous avons adoptée dans la composition de ce travail en fait moins une œuvre didactique qu'un exposé simple et pieux des vérités dogmatiques. Ayant uniquement en x>ue le bien des âmes, nous cherchons à présenter ces vérités d'une manière claire et persuasive ; et c'est pour les mettre davantage à la portée de tous que nous avons voulu éviter les efforts de raisonnement et les aridités qui accompagnent parfois la démonstration purement théologique.

Fidèle aux règles que nous avons tracées dans le premier volume, nous nous efforçons de rendre agréable et attrayante l'étude des vérités les

PRÉFACE l3

l^lus élevées et nous cherchons à fournir un aliment au cœur en même temfjs qu'à l'intelligence; c'est pourquoi nous faisons fréquemment de courtes réflexions morales et nous terminons chaque paragraphe par une élévation d'âme vers Jésus.

Il eût été facile de multiplier les applications de la doctrine aux besoins et à la sanctification des âmes, suivant le désir qui nous en a été exprimé depuis. Nous ne l'avons point fait, de peur d'être entraîné à de trop longs développements et de nous écarter ainsi de la fin que nous nous sommes proposée, qui est de nous occuper directement de Jésus et de concentrer sur Lui l'attention.

Pour favoriser davantage la méditation, ou la lecture méditée qui convient à la majorité des âmes qui nous liront, nous avons évité de discuter les points de doctrine controversés ; nous nous sommes contenté d'émettre les opinions les plus généralement reçues et concordant le mieux avec les sujets que nous traitions.

Dans un but analogue, nous avons omis d'insérer dans le texte même aucun extrait d'auteurs, la fréquence et la longueur des citations coupant souvent le fil des idées et en diminuant la clarté.

Par contre, nous avons multiplié les renvois

au bas des pages et nous y avons groupé, pour appuyer et éclairer nos enseignements, de nombreuses citations susceptibles de donner une plus grande intelligence du texte et de fournir au lecteur une base solide à ses convictions, tout autant qu'une source abondante de réflexions. Nous avons cru toutefois devoir nous limiter à l'Evangile et aux Epîtres pour l'Ecriture Sainte et à Saint Thomas pour la théologie.

En puisant à la source directe des enseignements du divin Maître et de ses disciples, particulièrement de l'Apôtre des nations, nous empruntons à Jésus Lui-même le langage dont Il s'est servi ou qu'il a inspiré pour nous tracer les traits de sa physionomie divine, nous révéler ses mystères et nous donner l'intelligence de sa doctrine. Comme chaque affirmation acquiert une force particulière et une précieuse clarté, quand elle est appuyée sur la doctrine de Celui qui est amour et vérité ! Nos lecteurs nous sauront gré de les avoir ainsi ramenés souvent à la source de toute doctrine et de tout enseignement dans la sainte Eglise.

Pour compléter l'enseignement scripturaire par l'enseignement théologique, nous avons eu recours fréquemment au Docteur angélique. Les passages que nous en avons cités, et qui viennent corroborer admirablement nos assertions, aide-

ront ceux gui voudront approfondir davantage quelques-uns des sujets que nous avons traités, à poursuivre leurs rechercfies dans l'arsenal inépuisable et toujours si clair de l'Ange de l'Ecole.

Nous avons conservé des divisions uniformes pour chaque partie de l'ouvrage. A u commencement, des Préliminaires nous donnent la pensée maîtresse du volume avec ses divisions générales et nous remettent sommairement en mémoire les sujets traités antérieurement. Les chapitres s'ouvrent par quelques courtes réflexions destinées à introduire le lecteur dans les divers développements qui composent les paragraphes; puis, ils se terminent par une prière en forme d'élévation, rappelant en partie les idées principales qui viennent d'être exposées.

A la fin de chaque volume, sous le titre de Vérité et Amour, nous donnons un résumé général, qui sans remémorer rigoureusement toutes les divisions de l'ouvrage, en contient cependant la doctrine et l'esprit. Un lecteur sérieux qui aura lu attentivement le livre en son entier y remarquera, en une synthèse, les nombreux aperçus et les attrayantes vérités qui auront éclairé son esprit et réchauffé son cœur au cours de ses lectures. Il y trouvera d'excellents sujets de méditation et, s'il est Prêtre, des canevas tout faits de prédication.

l6 CONNAISSANCE DE JÉSUS LE VERBE INCARNÉ

En parcourant notre premier volume « De la connaissance de Jésus le Verbe incarné », on sera peut-être tenté de nous reprocher quelques redites. Nous ferons remarquer que ces redites sont plus apparentes que réelles et, en outre, qu elles sont exigées par la nature du sujet.

Nous voulons faire pénétrer la connaissance de Jésus dans les intelligences et embraser les cœurs d'amour pour Lui : pour y parvenir il nous faut remettre sans cesse Jésus en lumière. Nous ne pouvons Le présenter comme l'objet adorable des facultés de l'âme, le centre de la création et le principe de toute vie surnaturelle ; nous ne pouvons Le considérer dans le sein du Père. Le suivre dans les phases diverses de sa vie mortelle et L 'accompagner dans la gloire ; nous ne pouvons Le contempler dans ses divines perfections et Le proclamer notre Roi et notre Législateur, notre Modèle et notre Maître, notre Victime et notre Prêtre; nous ne pouvons nous consacrer à l'étude de son adorable Personne, ni faire apprécier la sublimité de cette science suréminente, ni chercher les moyens les plus aptes à la rendre féconde dans notre i>ie : sans rappeler constamment notre divin objectif, sans l'envisager sous ses divers aspects et sans en faire la source d'oîi tout découle et la fin suprême où tout aboutit.

PRÉFACE i7

Jésus ainsi connu nous apparaît comme un soleil éclatant d'oîi jaillissent sans fin à nos yeux des effets de lumière, ou comme un foyer incandescent d'où s'échappent sans cesse des torrents de chaleur.

C'est à force de parler de Jésus ; de montrer qu'il est l'Etre absolument nécessaire ; de Le rendre présent en quelque sorte dans tous les événements de la vie ; d'en faire comme le pivot du monde autour duquel gravite l'humanité ; de Lui donner en tout la première place ; de redire sur tous les tons que Lui seul mérite d'être connu, adoré, aimé, servi ; de chanter ses amabilités, son amour, ses condescendances, ses bontés et ses miséricordes : que les âmes arrivent à se convaincre pratiquement que Jésus doit leur suffire, qu'elles sont tenues d'en faire l'objet de leurs contemplations assidues, et que le grand moyen de rendre leur vie glorieuse pour Dieu et sanctifiante pour elles-mêmes, c'est de connaître Jésus dans le temps, comme elles devront faire de sa connaissance au ciel leur éternelle félicité.

Si nous présentons Jésus sous des aspects si variés, c'est que Jésus est une beauté toujours ancienne et toujours nouvelle ; on ne peut en épuiser les richesses infinies, pas plus qu 'on ne peut se lasser de prononcer son nom, ni se fatiguer de L'aimer.

Nous souhaitons ardemment que les âmes pieuses trouvent dans nos modestes écrits une nourriture substantielle qui fortifie leur piété et les engage à poursuivre généreusement le travail de leur sanctification par l'étude assidue de Jésus Souverain Prêtre, et par un amour tout de feu envers le tendre et divin Maître qui, au Sacrement de l'Eucharistie, continue de les enseigner et de s'offrir à elles comme le modèle de toutes les vertus.

Nous bénissons Jésus du fond du cœur de nous ai'oir fait l'honneur de parler de Lui. Sans doute nous n'avons fait qu'effleurer le sujet, mais avec quel amour nous nous sommes livré à ce sublime travail! Puissions-nous au moins ai>oir révélé tant soit peu Jésus et avoir fait pressentir aux âmes désireuses de Le mieux connaître et de L' aimer plus ardemment dans son Sacerdoce, les joies ineffables dont sa connaissance est la source dans le temps et dans l'éternité.

Nous écrivons ces lignes au matin de la Fête de r Immaculée Conception ; nous sommes heureux de déposer aux pieds de Marie nos humbles travaux, et nous nous faisons un devoir de dédier dès maintenant à la Mère du Souverain Prêtre chacune des lignes que nous écrirons sur son Fils bien-aimé. C'est sous ses auspices que

nous avons tenté, quoique indigne et impuissant par nous-même, de révéler Jésus dans son Sacerdoce éternel ; c'est encore à sa tendresse maternelle que nous confions ces pages, afin qu'elle leur fasse porter beaucoup de fruits pour la gloire et l'amour de Jésus Prêtre et Victime.

Jésus seul!

Rome, en la Fête de l'Immaculée Conception. 8 Décembre 1916

Marie Eugène de la Croix

PRÉLmiNAIRES

« Jésus possède un Sacerdoce éternel. II convenait que nous ayons un pontife plus élevé que les cieax.

« En entrant dans le monde, II dit : Vous n'avez pas voulu de sacrifices et d'o^randes, mais vous m'avez formé un corps : me voici, je viens pour faire, ô Dieu, votre volonté.

c< En vertu de cette volonté, - et ayant dû en toutes choses être rendu semblable à ses frères, afin de devenir un pontife miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour expier les péchés du peuple, — nous avons été sanctifiés par l'oblation du corps de Jésus-Christ.

(c Etant venu comme pontife des biens futurs, II est entré dans le sanctuaire, dans le ciel même, avec son propre sang, le sang de l'éternelle alliance, — après avoir o^ert une seule victime pour les péchés et avoir obtenu la rédemption éternelle, — afin de se présenter pour nous devant la face de Dieu.

« II s'est assis pour toujours a la droite du trône de la majesté divine àu plus haut des cieux; et nous le voyons, à cause de ses sou^rances et de sa mort, couronné de gloire et d'honneur. II était hier, II est aujourd'hui, et II sera de même dans tous les siècles.

e A Jésus, le Fils de Dieu, le grand pontife saint, innocent, immaculé, plus élevé que les cieux, Prêtre pour l'éternité, et toujours vivant pour intercéder pour nous, soit la gloire dans les siècles des siècles. Amen. »

(Tiré de l'Epîlre aux Hébreux.)

Jésus est tout au ciel et sur la terre. Il est la voie par laquelle Dieu est venu jusqu'à nous ', Il est encore celle par laquelle nous retournons à lui". Sauveur unique, Médiateur nécessaire, Prêtre éternel. Hostie d'agréable odeur et Victime rédemptrice ', Jésus est le centre et l'objet suprême de nos adorations, de nos louanges, de notre amour, de nos actions de grâces et de nos éternelles glorifications.

Il est venu ici-bas pour nous et non pour Lui ; avant son Incarnation, il ne Lui manquait rien, si ce n'est une occasion sublime de nous prouver son amour infini. Il a vécu parmi nous, Il a souffert et II est mort uniquement pour nous gagner, par ses mérites infinis, les grâces surabondantes dont II ne cesse de nous combler afin de nous sanctifier et de nous sauver ^

Il a pratiqué dans une perfection divine toutes les vertus, afin d'être le modèle des nôtres et de

' « C'est de Dieu que je suis sorti et que je suis venu. » Jean, VIII, 42.

2 « Je suis la voie. Personne ne vient au Père, si ce n'est par tnoi. » Jkan, xiv, 6.

3 « Il n'y a en effet qu'w// seul Dieu et qu'//// seul médiateur entre Dieu et les hommes, l'Homme Jésus-Christ qui s'est livré pour la rédemption de tous. » I Tim., ii, 5, 6.

* « Nous avons tous reçu de sa plénitude et grâce sur grâce. » Jean, i, 16.

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