AMOUR A APPORTER DANS L ETUDE DE JESUS
on découvre des horizons nouveaux qui agrandissent les connaissances et excitent le zèle. Lorsqu'il est question de Jésus, ces horizons s'ouvrent sur l'infini, ce sont des découvertes de sublimités insoupçonnées, de réels ravissements en face de merveilles inouïes. Il suffit de voir Jésus pour désirer Le connaître; il n'y a qu'à Le contempler attentivement, pour être ravi de sa beauté et se sentir impérieusement attiré vers Lui. Et quand une fois on a goûté aux charmes incomparables de sa conversation, quand on a entendu le doux son de sa voix, quand on a senti le battement de son Cœur, quand on a éprouvé sa constante fidélité, quand on a été l'objet de ses divines avances et quand on s'est laissé bercer par son amour, l'éloignement n'est plus possible, on veut se rapprocher davantage de Lui et vivre dans sa compagnie '.
' En parlant de l'union comme fruit et besoin de l'amour, Saint Thomas dit justement : « Le sujet qui aime s'unit de deux manières à l'objet aimé. — i" Il s'unit réellement, v. g. quand l'objet aimé est présent et que le sujet le possède. — 2' Il s'unit affectivement : cette union doit se considérer d'après la connaissance qui l'a précédée, car le mouvement de l'appétit résulte de cette connaissance. ■ — L'amour produit la première union d'une manière effective, parce qu'il porte le sujet à désirer et à chercher la présence de l'objet aimé, comme une chose qui lui convient et qui lui appartient. Il produit la seconde union formellement, parce qu'il est lui-même cette union ou ce nœud.
« C'est ce qui fait dire à Saint Augustin que l'amour est une sorte de lien qui unit deu.\ choses ou qui cherche à les unir, le
Lorsque surtout Jésus a daigné se révéler à notre âme et lever un coin du voile qui nous cache ses perfections infinies et l'immensité de sa charité divine, on sent naître en soi un désir véhément de Le mieux connaître et une passion irrésistible pour L'aimer sans mesure et pour L'aimer Lui seul.
Plus on L'étudié et plus on constate qu'il y a encore à apprendre ; plus on découvre de perfections en Lui et plus on pressent qu'il y en a d'ignorées : plus les ascensions se multiplient et plus le ciel paraît inaccessible. Etudier Jésus, c'est entrer dans un monde grand comme l'infini, où se trouve réuni dans une merveilleuse unité tout ce qu'il y a de grand et de beau, de vrai et de pur, de parfait et de saint.
On ne se lasse point de contempler Jésus, parce qu'il est une beauté toujours nouvelle ; on ne se fatigue point de L'aimer, parce qu'il est Luimême un amour toujours ardent et éternellement consumant'. A mesure qu'on Le connaît, on s'attache à Lui ; à mesure qu'on L'aime, on Le préfère à tout.
sujet qui aime et \objet aimé (De Trinit., lib. viii, cap. lo). Quand il dit qui unit, son expression se rapporte à l'union d'affection, sans laquelle il n'y a pas d'amour ; tandis que ces mots qui cherche ù s'unir, s'entendent de l'union réelle. » S. Thom., I, il, q. 28, a. 1.
' « Notre Dieu est un feu dévorant. » Hebr., xii, 29.
AMOUR A APPORTER DANS l'ÉTUDE DE JÉSUS l53
Cette connaissance que l'on a de Lui, après L'avoir longtemps étudié, est une connaissance réfléchie, raisonnée, appuyée sur le roc de la vérité et éclairée par les feux de l'amour divin. Et c'est parce que Jésus est connu d'une science qui ne peut tromper et qui a reçu la consécration des joies pures et intimes dont l'âme est envahie dans la connaissance qu'elle a de son Bien-Aimé, que le contraste est plus frappant avec tout ce qui nous vient de la terre.
Le monde et tout ce qu'il contient disparaissent bien vite dans les lumières éclatantes des vérités infaillibles et de l'amour éternel'. Les créatures n'ont plus que des proportions minuscules en face de la taille gigantesque de Jésus; leur amour est un vain mot et le bonheur qu'elles promettent est un mythe.
L'effet naturel de la connaissance de Jésus, c'est de nous détacher du monde, de nous détromper dans nos illusions terrestres, de nous remplir d'indifférence et de noble mépris pour tout ce qui passe, d'opérer dans notre âme de ces dépouillements intimes qui lui donnent une
' « Nous ne considérons point les choses visibles, mais les choses invisibles, car les choses visibles sont temporelles, mais les choses invisibles sont éternelles. » II Cor., iv, 18.
complète liberté et l'établissent dans une paix parfaite '.
Mais à mesure que l'âme se vide du monde elle se remplit de Jésus. Toutes ses puissances se concentrent en Jésus, elle en fait le foyer puissant où convergent ses pensées, ses désirs, ses affections et ses volontés.
Et selon qu'elle avance dans la connaissance de Jésus elle croît dans son amour, jusqu'à ce que son amour, sans plus aucun effort de l'intelligence, soit devenu tellement illuminateur qu'il contienne en lui-même la science parfaite de Jésus. Ce sera alors le ciel ! Nous verrons dans la claire vision, parce que nous aimerons d'un amour parfait. Nous aimerons parfaitement, parce que nous verrons à découvert l'objet de notre éternel amour.
' « Tout ce qu'autrefois j'estimais avantageux, je le considère aujourd'hui, au regard du Christ, comme moins que rien. Oui, tout me semble moins que rien au prix de la science émincntc du Christ Jésus mon Seigneur. Pour son amour, j 'ai renoncé à tout ; je tiens tout le reste jiour du iumier afin de gagner Jésus-Christ et d'être trouvé en Lui... » Phil., ni, 7-9.
A Jésus, tendre objet de mes contemplations
O mon tendre Jésus,
comment puis-jc aller à Vous autrement
que par le chemin de votre Cœur ?
Comment puis-je Vous connaître vraiment,
sans être émerveillé de votre amour
et sans brûler moi-même de vos feux?
Vous êtes l'éternelle Charité ;
et plus je Vous contemple, plus je Vous aime.
Vous Vous révélez à mon âme ravie,
et je m'éprends pour Vous d'un amour
qui ressemble au vôtre.
Plus je Vous étudie et plus je m'achemine
vers les beautés et les perfections
de votre adorable Sacerdoce.
Je Vous salue de loin, ô Prêtre Eternel.
Vous avez en garde l'auguste Victime
qui doit me baigner et me purifier dans son Sang.
Je Vous bénis, je Vous adore et je Vous aime.
A Vous ma vie tout entière,
pour ne jamais cesser de Vous contempler,
de Vous louer, de Vous adorer
et de Vous aimer.