‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoceChapitre 47 sur 55 · IX. — Diverses formes d'étude · texte numérisé non relu

IX. — Diverses formes d'étude

Nous acquérons la science de Jésus de différentes manières. De même que cette science trouve son application dans les détails ordinaires et les plus simples de notre vie comme dans les circonstances les plus solennelles, de même les événements les plus minimes nous aident à l'acquérir. Au milieu même de nos occupations les plus variées, nous pouvons croître dans la connaissance de Jésus, si nous savons élever notre âme vers Lui, purifier sans cesse nos intentions, raviver son amour dans notre cœur et nous efforcer de Lui rester unis le plus possible.

Sans en faire alors une étude proprement dite, parce que l'imperfection de notre nature nous empêche de nous appliquer sérieusement à deux choses à la fois, nous progressons néanmoins, comme le fait l'artiste qui, tout en s'occupant à autre chose, se remet sans cesse son chefd'œuvre devant les yeux ; comme le musicien qui fredonne, en travaillant, les chants qu'il veut retenir ; comme le disciple qui, en s'appliquant

à un travail quelconque, se rappelle les leçons de son maître.

Cette habitude de rester uni le plus possible d'esprit et de cœur à Jésus est des plus sanctifiantes. C'est celle des saints dont les aspirations s'élèvent constamment vers le ciel ', qui vivent dans la présence de Dieu et portent beaucoup de fruit parce qu'ils demeurent en Jésus ^.

Pour acquérir cette sainte habitude, il faut la préparer par des actes répétés qui facilitent h l'âme la connaissance de Jésus et la nourrissent de pieuses et fortes considérations. Ces actes répétés auxquels nous faisons ici allusion sont des formes diverses d'étude de Jésus, que nous devons d'autant plus apprécier qu'elles se présentent plus fréquemment dans notre vie de piété.

La première est la lecture. Nous devons y consacrer un temps déterminé chaque jour, et la faire au moment le plus propice pour pouvoir la poursuivre paisiblement et sans dérangement. Il est important de bien choisir les ouvrages où nous voulons puiser la science de Jésus. Tous les livres pieux ne la donnent pas également, soit parce qu'ils manquent de la doctrine suffisante, soit parce que, parlant de tout, ils négligent

< « Pour nous, nous vivons déjà dans le ciel. » Phil., m, 20. 3 « Je suis la vigne, vous les sarments. Celui qui demeure en moi et moi en lui porte beaucoup de fruit. » Jean, xv, 5.

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parfois de parler de Jésus Lui-même et de Lui attirer les âmes. Il faut de préférence rechercher les livres qui, tout en donnant de Jésus une notion exacte, Le font aimer aimer davantage *.

Cette lecture, pour être fructueuse, ne doit pas être une lecture précipitée, curieuse et faite à la légère, mais une étude sérieuse, calme, réfléchie, qu'on prolonge le plus possible, suivant ses loisirs, mais qu'on fait toujours avec esprit de foi et une très grande pureté d'intention. Il est bon d'avoir toujours à sa portée un livre ou deux auxquels on puisse recourir facilement et dont on fasse sa lecture habituelle. Renseignons-nous et ayons à cœur d'avoir sur ce point une petite bibliothèque bien choisie.

Plus importante encore que la lecture, la méditation est un puissant moyen d'acquérir la connaissance de Jésus. Les âmes qui font profession de piété doivent se faire une règle de ne pas passer un seul jour sans consacrer un temps plus ou moins long à la méditation proprement dite.

^ Les conseils que Saint Paul donnait de son temps au disciple Timothée, autant pour son progrès spirituel et personnel que pour celui des fidèles, trouvent ici leur application : « Fuyez les fables impertinentes et puériles. Appliquez-vous à la lecture, à l'exhortation et à l'instruction. Méditez toutes ces choses (l'Evangile), soyez-en toujours occupé, afin que vos progrès soient manifestes en tout. » Tim., iv, 7, i3, i5.

Ce serait une erreur de croire que les lectures peuvent suffire ; elles aident considérablement la piété et elles viennent au secours de la méditation, mais elles ne la remplacent pas. A certains moments, l'âme doit se recueillir davantage, réfléchir plus profondément, contempler plus attentivement les vérités, les mystères ou les vertus, faire des retours sur elle-même et se rendre un compte plus exact de ses dispositions : toutes choses qui constituent la méditation.

Les sujets de méditation doivent être choisis avec soin, et particulièrement sur les mystères de Jésus, ses enseignements, ses vertus, sa vie mortelle, sa vie eucharistique, son caractère sacerdotal, sa mission rédemptrice, les titres qu'il a à notre reconnaissance et à notre amour, nos devoirs à son égard, les moyens pratiques de L'honorer et de L'imiter, etc. Il ne faut pas craindre de revenir souvent sur les mêmes sujets, jusqu'à ce que nous soyons bien éclairés dans nos connaissances et bien pénétrés de ce que nous avons médité.

Disons-nous bien que, sans la méditation, nous ne pouvons arriver à une connaissance sérieuse de Jésus et ne la négligeons jamais. Si nous aimons vraiment notre Maître, il doit nous suffire de savoir l'importance de cet exercice dans l'acquisition de la science pratique de Jésus, pour

nous enflammer d'un saint zèle à son endroit. N'attendons pas que le meilleur de notre vie soit écoulé, pour employer ce moyen précieux et indispensable de nous révéler Jésus et de nous gagner irrévocablement à son amour.

Evitons néanmoins un écueil assez facile et dans lequel tombent souvent, d'une part, les esprits légers qui ne font de la méditation qu'une lecture oii l'esprit n'a pas le temps suffisant de réfléchir et, de l'autre, les esprits trop raisonneurs qui, en en faisant une pure étude, mettent l'esprit en activité sans faire travailler le cœur. La méditation suppose la réflexion, et la réflexion doit fournir à l'âme un double aliment de connaissances et d'afl"ections. Craignons de n'avoir que des sentiments fugitifs ; mais aussi, tout en appuyant nos impressions sur des vérités, appliquons- nous à rendre nos connaissances affectueuses.

De tous les moments consacrés à la méditation, l'assistance à la Sainte Messe est celui qui est le plus précieux et le plus fécond en réflexions. C'est Jésus Lui-même qui est pour ainsi dire en scène à l'autel. Tout nous Le rappelle dans les prières et les cérémonies de l'auguste Sacrifice. Il nous renouvelle ses enseignements, dans l'Evangile ; Il nous redit la grande prière qu'il nous a

laissée, dans le Pater noster ; 11 met sur les lèvres du Prêtre des supplications ardentes et des louanges répétées. Du ministre qui tient sa place, qui parle et agit en son nom, Il se fait un interprète pour s'offrir de nouveau en hostie d'agréable odeur, à la gloire de son divin Père et pour le salut du monde. Il donne au Prêtre le pouvoir de Le faire descendre sur l'autel et de L'immoler, en renouvelant mystiquement mais réellement le Sacrifice de la Croix.

La Sainte Messe est une Incarnation et une Rédemption perpétuées. En effet, Jésus revit à l'autel. Il y enseigne. Il y prie, 11 y glorifie son Père, Il nous y montre sa puissance infinie, Il nous y redit son immense amour. Il nous y baigne dans les flots sanctificateurs de son Sang divin et II s'y constitue la rançon de notre salut éternel.

Se peut-il, dès lors, une méditation plus profonde et plus efficace ? D'où vient donc qu'un grand nombre de pieux fidèles, qui entendent la Sainte Messe tous les jours, en retirent si peu de fruits ? La raison principale, croyons-nous, vient de ce qu'ils emploient ce temps à réciter des prières nombreuses ou à accomplir divers actes de piété étrangers au Saint Sacrifice. Ils ne s'unissent point aux prières que le Prêtre fait à l'autel ; ils ne prennent point une part directe

aux cérémonies qui s'accomplissent sur ce nouveau Calvaire ; ils n'y fixent pas suffisamment la divine Victime et ils ne sont pas assez attentifs à en saisir les gémissements inénarrables et à mettre leurs sentiments à l'unisson des siens.

Pour plusieurs, l'assistance à la Sainte Messe est un acte de dévotion qui ressemble trop aux autres exercices de piété de la journée. Ils y consacrent bien le temps voulu, ils s'y occupent même pieusement, mais ils n'ont du Saint Sacrifice en lui-même qu'une notion vague qui ne pénètre point leur âme et qu'ils ne cherchent nullement à approfondir.

On ne saurait assez déplorer un tel état de chose et s'efforcer d'y remédier, en invitant les âmes pieuses à entendre la Sainte Messe de la même manière que le Prêtre la célèbre : c'està-dire, à suivre la Messe en union avec le Prêtre et à s'inspirer, dans leurs propres réflexions, des admirables prières et cérémonies qui composent la liturgie du Saint Sacrifice.

S'il est un moment favorable pour contempler Jésus, pour L'étudier et pour Le comprendre, c'est bien celui où II se rend si miséricordieusement présent sur l'autel, où II nous parle si éloquemment par la voix de son Sang et où son amour en fait de nouveau notre divine et adorable Victime.

Commençons toutes nos journées par une contemplation amoureuse et reconnaissante de Jésus le Souverain Prêtre immolant l'auguste Victime par le ministère de ses représentants, et nous fournirons à notre âme un puissant moyen de croître dans la science suréminente de Jésus.

Nos préparations et actions de grâces de la sainte Communion sont aussi un moyen de progresser dans la science de Jésus. Rien n'empêche d'en faire des moments précis de méditation et de s'y entretenir des sujets qui font le thème de nos lectures ou de nos méditations quotidiennes. C'est même un moyen de renforcer nos autres réflexions de la journée et de leur donner de l'unité. On peut communier à un mystère, à une perfection, à une vertu, à un enseignement de Jésus, comme on fait des méditations sur ces mêmes sujets. La présence de Jésus dans notre âme, à ce moment solennel de la journée, donnera nécessairement à nos réflexions une plus grande efiîcacité. Il ne peut y avoir de moment plus propice pour méditer sur l'amour de Jésus, sur ses abaissements inconcevables, sur sa toutepuissance sans bornes, sur ses exemples de vertus et sur nos devoirs d'amour et d'imitation vis-àvis de Lui.

Ne pourrait-on pas ajouter que ce mode de se

préparer à la communion et de faire l'action de grâces est un moyen pratique d'éviter les distractions et, ce qui est non moins commun, le vague de l'esprit que ne favorise que trop à certains jours la répétition de formules empruntées et toujours les mêmes.

Un autre moment précieux de la journée, tout désigné pour nous appliquer à l'étude amoureuse de Jésus, est celui de X adoration du Très Saint Sacrement, que cette adoration soit prolongée ou qu'elle consiste simplement dans ce que l'on appelle la visite au Saint Sacrement. Il est plus qu'opportun alors de nous occuper de Jésus, de sa Personne adorable, de son existence sacramentelle, des raisons de sa présence au milieu de nous, des preuves d'amour qu'il nous y donne, des vertus qu'il y pratique, de son état d'immolation nous rappelant son Sacrifice sur le Calvaire, de son divin Sacerdoce qui exerce toujours son pouvoir sacrificateur sur la divine Victime, etc.

On oublie trop hélas ! de s'occuper de Jésus, quand on est à ses pieds. On pense beaucoup à ses préoccupations personnelles, on parle de soi, on raconte ses peines, on rappelle ses misères, on revient sans cesse sur l'objet de ses désirs, on cherche en un mot à concentrer sur soi l'attention de Jésus : ce qui d'ailleurs n'est pas nécessaire.

puisque Jésus Lui-même nous fait la recommandation de ne pas parler beaucoup dans nos prières et de ne pas nous imaginer d'être exaucés en multipliant nos paroles, car notre Père sait de quoi nous avons besoin, avant que nous le lui demandions '. Mais on se préoccupe beaucoup moins de Jésus, de sa vie humiliée et anéantie au Sacrement, de sa solitude, de ses appels non entendus, de son amour méconnu, de ses grâces méprisées, des outrages dont II est l'objet, de l'indiflFérence presque générale à son égard, des désirs véhéments qu'il a de se donner à nous, des ardeurs divines dont II voudrait nous voir embrasés, de ses continuelles adorations de son divin Père, de ses supplications incessantes en faveur de nos âmes, de ses desseins adorables sur chacun de nous.

Il y a là une lacune dans la piété d'un grand nombre. Ah ! si nous aimions vraiment, comme nous nous préoccuperions davantage de ce Jésus qui Lui se préoccupe tant de nous ! Quels progrès ne ferions-nous pas dans sa connaissance, dans son imitation et dans son amour, si nous savions profiter de tous ces moments passés aux

• « Quand vous priez ne multipliez pas les paroles, comme les païens qui s'imaginent que c'est par la multitude de leurs paroles qu'ils seront exaucés. Ne leur ressemblez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. » Matth., vi, 7, 8.

pieds de Jésus -Eucharistie ! Multiplions -les le plus que nous pouvons, nous n'en trouverons jamais de plus consolants pour Jésus ni de plus sanctifiants pour nous.

Prenons l'habitude de tout ramener à l'Eucharistie dans nos méditations diverses ; rien n'est plus facile ni plus apte à développer en nos âmes la science affectueuse de Jésus. L'Eucharistie étant le résumé des merveilles de Dieu, nous y voyons revivre tous les mystères ; nous y trouvons Jésus dans ses divers états ; nous y considérons ses perfections infinies, ses vertus admirables, ses abaissements inouïs, sa gloire incomparable quoique voilée ; nous continuons à y entendre tous ses enseignements ; nous y touchons du doigt son immense amour ; nous y lisons ses droits divins et nos devoirs sacrés, ses désirs les plus chers et ses invitations les plus pressantes, ses desseins de miséricorde sur nous et ses promesses d'éternelle récompense. Sans rien enlever à la nature et au sens de nos divers sujets de méditation, faisons-les revivre en Jésus au Très Saint Sacrement, trouvons-y ou un principe, ou un mobile, ou une application, ou un exemple, ou un enseignement, ou une grâce. Nous donnerons ainsi beaucoup plus d'attrait et de vitalité à nos réflexions, plus d'actualité et de force à nos résolutions.

La vertu étudiée dans ce divin modèle toujours exposé à nos regards ; nos devoirs d'état sanctifiés par la volonté de Celui qui, de son Eucharistie, nous fournit constamment les grâces pour les bien remplir ; notre piété sans cesse vivifiée par les charmes de cette adorable présence et par les divines influences qui s'en échappent ; notre amour pouvant s'alimenter abondamment à sa source première, pour nous fortifier ensuite dans tous les combats et nous conduire à toutes les victoires : n'est-ce point une grâce exceptionnelle, et ne devons-nous pas mettre tout en œuvre pour la faire fructifier dans notre vie ?

Sachons tirer parti du trésor que nous possédons et identifions-nous tellement avec Jésus au Très Saint Sacrement qu'il nous devienne un centre de vie et le sujet habituel de nos contemplations.

Il est un dernier moyen pratique de progresser dans la connaissance de Jésus, c'est Vexame/i. Savoir consacrer de temps en temps quelques moments à la réflexion sur nos dispositions actuelles, sur notre zèle à poursuivre notre étude attentive de Jésus, sur notre fidélité à remplir nos résolutions sur ce point, sur les moyens que nous avons jusqu'ici employés, sur le chemin que nous avons parcouru, sur les résultats que nous

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avons obtenus, sur les efforts que nous avons faits pour nous maintenir dans les conditions voulues de pureté, de détachement, d'esprit surnaturel, de prière humble et confiante, d'ardeur à nous corriger de nos défauts et à croître sans cesse dans l'amour de Jésus : c'est donner de la force et assurer la fécondité à toutes les autres formes d'étude que nous avons indiquées antérieurement.

Si nous avons sérieusement à cœur de connaître Jésus et d'en faire une des plus pures joies de notre exil ; si nous avons bien compris que l'accomplissement de ce devoir doit occuper une place plus grande dans notre vie ; si nous sommes résolus de nous consacrer à cette étude et de ne pas nous contenter d'une science générale qui, une fois acquise, semble condamnée à rester toujours la même pendant tout le cours de la vie : nous procéderons sagement, et nous voudrons savoir souvent où nous en sommes. A cet effet, nous ferons un retour sur ce qui nous a été dit des lectures, des méditations, des préparations et actions de grâces, des adorations et visites au Très Saint Sacrement, des aspirations fréquentes de notre âme vers Jésus, de la méthode à suivre, de la manière de faire fréquemment des applications à Jésus des divers sujets que nous méditons, de l'importance d'étudier Jésus en Lui-

même et de revenir sans cesse sur les mystères de sa vie et de sa mort.

Cet examen ne nous sera pas un ennui, au contraire, il devra nous être une joie, comme tout ce qui peut nous assurer un progrès dans la science de Jésus. Faute de cet examen attentif, bien des âmes commencent et s'arrêtent en chemin ; elles ont d'abord vu clairement le but à atteindre, mais peu à peu la lumière s'est obscurcie et elles ont cessé de regarder devant elles ; la route leur a paru trop longue et elles se sont lassées ; les premiers moments de la ferveur étant passés, elles ont trouvé moins de goût à leurs lectures, à leurs méditations et à leurs études, elles ont abandonné successivement leurs résolutions et elles sont hélas ! revenues souvent à leur point de départ. Avec des examens sérieux et répétés, elles auraient évité ces écueils, ces lassitudes et ces affaiblissements successifs de zèle et de volonté.

N'oublions pas qu'il s'agit d'un chef-d'œuvre à copier, de l'éternelle Vérité à fixer dans notre esprit, de la Charité divine à incruster dans notre cœur, de Jésus Lui-même à graver dans notre âme : travail long et parfois pénible, mais rempli de douceur et de suavité ; travail que nous ne pouvons conduire à bonne fin, qu'à la condition de lever sans cesse les yeux sur notre

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divin Modèle, pour savoir si nous en retraçons bien fidèlement les traits.

Sous un autre aspect, notre étude de Jésus prend des formes différentes, suivant qu'elle est ou dogmatique, ou morale, ou historique.

Jésus doit être étudié tout d'abord dans les vérités qu'il nous a révélées et qui forment l'essence de la théologie dogmatique. Ces dogmes qui s'imposent à notre foi et sont la base de nos croyances trouvent en Jésus leur origine et leur principe*. C'est le vaste champ des mystères et des enseignements de Jésus. Il les faut connaître à fond et, dès lors, en faire l'objet principal de nos considérations et de nos études.

La théologie morale, ascétique et mystique comprend la règle des mœurs, les lois de la conscience, les principes de la vie spirituelle, la pratique des vertus et en général toutes les relations de l'âme avec Jésus. C'est toujours Jésus, mais plutôt considéré dans ses enseignements moraux et dans la vie de l'âine dont II est le principe, la grâce, le modèle et la fin.

Jésus doit enfin être considéré dans ce que nous pourrions appeler sa partie historique, à

* « Personne ne peut poser d'autre fondement que celui qui a été posé, lequel est le Christ Jésus. » I Cor., im, ii.

savoir : les faits de sa vie, les actes qu'il a posés, les circonstances de temps, de personnes et de lieux dans lesquelles II s'est trouvé, les phases de sa vie mortelle, l'histoire de sa vie sacramentelle, etc. Cette étude, dont Jésus est encore le centre et le divin objectif, vient compléter celle de ses enseignements et de ses vertus, et donner de Lui une connaissance plus exacte.

Tout est important quand il s'agit de Jésus ; ses moindres actes, comme une seule de ses paroles, méritent d'être étudiés, médités, placés constamment devant nos yeux et surtout gravés profondément dans notre cœur. Nous avons là une mine inépuisable à exploiter ; mettons-nous à l'œuvre sans retard, employons-y tous nos talents, consacrons-y tout le temps dont nous pouvons disposer, donnons-y toutes les ardeurs de notre cœur et n'ayons plus qu'une préoccupation, du matin au soir et du soir au matin : celle de croître dans la connaissance et dans l'amour de Jésus, notre adorable Sauveur et divin Maître.

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