‹ Jeunes fleursChapitre 2 sur 56 · PANTOUM · texte numérisé non relu

PANTOUM

HER moi-même amoureux (le savoir qu(M nous sommes Et notre ambition, Chante-nous \e De Profiindis des jeunes hommes, Ma génération.

— Hélas, hélas, la fi axiiiclle

Vainement fleurit Dans la prairie, Vers la venelle !

Enfants, enfcints piteux, plus vieux que les vieillards,

Nous vivons sans vivre, Abstèmes que beauté, gloire, amoureux hasards,

Ni nul vin n'enivrent ;

— Les cloches de la cathédrale Tremblent dans V air frais dit matin;

Par les jardins la digitale Se balance aux vents clandestins ;

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Quoi nous a décrépits avant d'avoir été.

Quel ennui nous tue, Que faire, tenter quoi, que n'aient d'autres tenté,

Toi qui t'évertue...

— L i rosée en gouttelettes DUiroreiit, d' or et de cristal.

S'évapore des fleurettes Au soleil de Floréal...

... A de soi extirper ce vieux frisson nouveau.

Gai ! sachant d'avance.

Sachant ton gluant cœur et ton flasque cerveau

Racornis et rances ?

— Se m nient les cicindeles Au creux hrûlarJ du sillon ;

Sti'id ulent les sauterelles Ht les grillons...

Or pressurer ce cœur comme une anticjue orange.

Qu'en va-t-il sortir, Hors un dégoût de soi, ver triste qui le mange. Oui le fait pourrir ?

— Ruisselets. filtre:^ sous le^ feuilles^ Sinueux réseaux d\irge/it ; Les poissons d\)r, (ambres qui brillent . Vont plongeants, frétillants, nageants

JEUXl-.S FLEURS 1"]

Plus de fièvres, vers quoi ? les vieux ont tout usé

Jusqu'à l'espérance !

Sous nous un sable fuit, qui tout avons brisé Par indifférence !

— Le ciel tout or et toutes flammes

Vibre et vibre, délirant luth, Arpèges, trilles, fébriles gammes De lumière, tournent sans but !

Gai, croisons-nous les bras, laissons donc fuir le temps

Tel un mauvais rêve, Comme fuient au reflux, les flots cataractants

Au loin de la grève !

— Sourdre voici Vapotéose Du matin clair incandescent ; Tout ccartèle de flots roses ^ Tout s'empourpre de jeune sang !

Ou fuyons-le plutôt, ce temps qui ronge et vide

Tel le rat son œuf, Quêtons, rats affamés, hors de ce globe vide

Quelque univers neuf!

— Evoké, le soleil est né !

Epique enfant crachant ses langes

Il éparpille les nuages Et (rravit son trône enchanté !

l8 JHUNl-S FLEURS

Du neuf, ah c'est en nous et non ])as au dehors

Qu'il gît, l'afFable havre Où nous dirons : Enfin ! nous qui sommes plus morts

Qu'un pauvre cadavre I

— Voici qu'on sonne V introït,

La messe hante se célèbre Dîc jour qni chasse la ténèbre, Et V astre s'adresse au \énith !

Mais qu'une bonne fois un hoquet nous d.élivre

De ce vieux moi vil :

Alors, peut-être, alors, oui saurons-nous revivre :

Oh, qu'ainsi soit-il î

Tout est lumière, tout est joie.

Evanouissez-vous, douleurs !

E arche vertigineuse é ploie Lécharpe aux vingt mille couleurs ;

De la sylve silencieuse.

De la campagne ensonnneillée, S\'Sso/-e Vodeîir bienheureuse De V aube aurore ensoleillée ;

Les moUiJirs d'or dansent la ronde Dans nn rovon du soleil d\u\

Les fourmis dévalent en bande Conquérir un limaçon mort ;

JEUNFS FLHURS ' I^

Les moineaux francs caquettent^ piaillent Sur la handière des vieux bois, La mésange livre bataille Au hibou, et dans la broussaille Un merle sifflote à mi-voix :

Et c est le printemps en gala^ Alléluia!!!

— JVlaîs, si le moribond ne voit plus clair déjà ?

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