‹ Jeunes fleursChapitre 4 sur 56 · UN CREPUSCULE D'HIVER · texte numérisé non relu

UN CREPUSCULE D'HIVER

D'un grillon vibre le sistre Et devant le soleil blanc, Vois, filandière sinistre, L'hyémale Arachné tistre Un linceul frêle et tremblant.

JHUN'KS FI/rURS

ARACHNE

A Alfred Jarry.

LUS aérienne que l'oiseau, Je me pends par ma chevelure De nacre fluide qui tremble Et s'étire de mon cerveau ;

Plus aérienne que l'oiseau Je monte et je descends et danse Et me poste et guette les vents :

Ea brise exquise me balance, Pleureuse, et m'entraîne en chantant Ee long- de mes cheveux je danse, Et vire et monte, et redescends.

Ee long de leur nacre soyeuse E'arc-en-ciel se glisse en rampant.

Egrène en fleurs mes perles d'eau Et m'emprisonne d'auréoles :

Il s'envole, et je redescends ;

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Vers mon prestige qui s'exhale.

Mille menus poètes bleus Au cœur plus vaste que leurs ailes S'emportent, plaintifs amoureux, Et s'engluent au réseau torpide De l'électrique chevelure.

Et vierge lascive et trop belle,

Mon baiser goulu les endort

Volu])tueusement ravis :

Et quand j'ai humé donc leur vie,

Harassée et non assouvie.

Voici qu'à mon tour je m'endors ;

Mais d'une secousse engourdie D'abord j'éjecte les corps frêles Des chers époux par dessus bord Ce})endant je garde les ailes.

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A MKS FILS FÉLICIEN KT GeORGFS.

H, vivre sans savoir pourquoi! vivre pour vivre, Comme ce moucheron trempé d'or qui s'enivre D'un rayon de soleil et frissonne au travers !

Cela se contenter d'être : onde qui vibre

Avec l'infinitude d'ondes l'Univers,

Bulle qui pense, onde qui voit : esclave libre !

Etre l'indispensable infinitésimal^ Rêve, rêve et réel, et le sentir tel ! joie. Joie et joie à te boire, ô vie qui te déploies Libre des vanités serviles, bien et mal !

Et savoir qu'on en est, saintement immoral. Joie de vivre, vertige où la raison tournoie. Océan d'allégresse où la sagesse noie, Sublimité d'un dieu issant d'un animal !

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