NOCTURNE PARISIEN
A Jean Moréas.
E fleuve gronde, Frissonne, luit ; Lourde et profonde L'onde bruit :
C'est tout un monde !
Il croule et fuit ; iMon rêve, lui, Sans but te suit, Voix vagabonde !
Haut, dame Lune Minaude, ardant La gaze brune Des occidents.
Crible d'argent Du Roi de Thune :
no
ji-[jîj:c fliïur;
Un beau nuage Presque de neige A son passage Se désagrège ; O Lune sage, A ton image Il fait cortège.
Va, coule, eau noire, File et bruis, Roule ta nuit, Et conte-lui L'antique histoire.
Au \ ent d'ici 1 Tourne, mijote, Plus qu'éternel Flot caramel ; Pleure, clapote, Fn la bouillote A rFternel :
Frêles chimères Sans lendemain.
Nuits de prières, F.s})oirs gamins ; Sottes misères.
Jeunes cluigriiis.
Boissons amères.
Fades levains...
Ah, c'est en vain Qu'on se souvient :
Que tout s'y noie, En ces ûois noirs, Rancœurs, espoirs, Mystiques soirs, Et désespoirs !
Douleurs sans causes, Courses sans but, Apothéoses - A l'eau (le roses Qu'aux soirs moroses Un cœur élut, Thèmes et gloses, On vous dit zut.
Vieille défroque
Des idéals,
ïu pendeloques
Et t'effiloques
Au vent banal
Du bien-ou-mal ;
Bats la berloque,
Bel idéal,
Va, je m'en moque :
Ça m'est égal,
Mes idéals !
Non, l'eau c'est bête A voir couler ; Moi je m'entête A m'écouter Plaire la bête :
Mieux s'en aller !
Pont de Lx Concorde.
JEUNES FLEURS l}}