‹ Jeunesse; comédie en trois actesChapitre 13 sur 99 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

ROGER, CII.\RLE3.

ROGER, la suivant des yeux.

Ma femme est une femme incompar.ible.

Uo léger temps.

CHARLES

Dites donc... vous n'êtes peut-être pas très gentil, €n ce moment, avec cette f^mme incomparable !

ROGER) vivement.

Elle se plaint ?

CHARLES

Ahl comme vous la connaissez!... Non. C'est une petite supposition.

ROGER

Elle tombe bien. Figure-toi qu'en ce moment, elle n'a pas ça... non, mon cher, pas çal à me reprocher. Je n'ai pas de maîtresse, crois-tu ?

CHARLES

C'est insensé!

ROGER

Si cela continue, qu'est-ce que je vais devenir?

CHARLES

Un homme comme le^ autres, peut-être! un homme très 1. ien ! G ir enlin heureusement, il y a autre chose en vous que le gigolo !...

ROGER

Dis donc !

CHARLES

Vous avez fait -des choses pas mal dans votre carrière... même des choses utiles! très utiles!... Les gens qui s'y connaissent vous trouvent du talent. Alors maintenant que les femmes vous laissent tranquille, vous allez peut-être...

ROGER

Imbécile !... (se levant et marchant de long en large avec

anmaiion.) Oui, j'ai fait des choses pas mal, comme tu dis, et même des choses tiès bien, mais si je les ai faites, c'est que j'avais à ce moment, dans ma vie, l'amour d'une femme qui m'ouvrait l'intelligence et le cœur! Oui, j'ai parlé quelquefois avec éloquence, mais pourquoi? parce qu'il y avait une femme dans la tribune pour m'enlendre, et c'est pour elle que je p:irlais, c'est à elle que je m'adressais, par dessus toutes les tètes de ces imbéciles qui m'écoutaient. Et si j'avais eu une fois du génie, c'est à une femme que je l'aurais dû! -Les hommes comme moi ne vivent et ne valent que par les femmes. Plus de femmes, plus rien !

CHARLES, avec emportement.

Mais tonnerre'.. Si vou- n'avez plus de maîtresses, vous avez ur.e femn.e!

ROGER

Ah ! oui. . ma femme.

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