Mémoires, édit. d'Amsterdam, 1733, p
moyen... Marcillac, qui la gouvernait absolument, et qui ne voulait pas que d'autres eussent le moindre crédit auprès d'elle, ni même qu'ils parussent y en avoir, l'éloigna fort du coadjuteur, qui n'aurait pas été fâché de la gouverner aussi, et qui l'était beaucoup que cela ne fût pas... Marcillac par son intérêt seul fit voira Mme de Longueville Sitôt que Marcillac, qui ne se hâtait et ne pressait tant Mme de Longueville que pour en avoir plus tôt ce qu'on lui avait promis du côté de la cour, en eut obtenu ce qu'il prétendait, il ne pensa plus guère aux intérêts des autres; il trouva dans les siens tout ce qu'il cherchait, et son compte lui tenait d'ordinaire toujours lieu de tout. Il fit même trouver bon à Mme de Longueville qu'on n'eût point pensé à elle. »
Retz confirme en ce qui le regarde les insinuations de Mme de Nemours, et prend soin de nous bien expliquer lui-même ses prétentions d'un moment et jusqu'à ses espérances. Il achève ainsi le portrait qu'il nous a tracé de Mn,e de Longueville : « Elle eût eu peu de défauts, si la galanterie ne lui en eût donné beaucoup. Comme sa passion l'obligea de ne mettre la politique qu'en second dans sa conduite, d'héroïne d'un grand parti elle en devint l'aventurière. »
Pour justifier les sentiments de Mme de Longueville, nous aurions pu nous borner à citer deux passages décisifs du témoin le plus impartial des choses
et des personnes de ce temps , Mjne de Motteville : « * En s' attachant à M. le Prince par politique , le prince de Marcillac s'était donné à Mme de Longueville d'une manière un peu plus tendre, joignant les sentiments du cœur à la considération de sa grandeur et de sa fortune. Ce don parut tout entier aux yeux du public, et il sembla à toute la cour que cette princesse le reçut avec beaucoup d'agrément. Dans tout ce qu'elle a fait depuis, on a connu clairement que l'ambition n'était pas la seule qui occupait son àme, et que les intérêts du prince de Marcillac y tenaient une grande place : elle devint ambitieuse pour lui, elle cessa d'aimer le repos pour lui, et pour être sensible à cette affection, elle devint trop insensible à sa propre gloire... Les vœux du prince de Marcillac, comme je l'ai dit, ne lui avaient point déplu, et ce seigneur, qui était peut-être plus intéressé qu'il n'était tendre, voulant s'agrandir par elle, crut lui devoir inspirer le désir de gouverner les princes ses
frères »
Couronnons toutes ces citations par celle-ci de Guy-Joly : « Le prince de Marcillac la ménageait avec une grande attention, jugeant bien dès lors qu'elle aurait une considération toute particulière dans lé parti , par l'ascendant qu'elle avait sur les princes de Condé et de Longueville, et qu'étant dans ses bonnes grâces il lui serait aisé d'en tirer de