Le quatrième Courrier, etc., p
c Né, dis— je, dans l'Hôtel de Ville, Il fat à Saint-Jean baptisé Et ce jour christianisé
Or, cette duchesse (de Bouillon) et la Tille
Tinrent le jeune Longueville,
Et le nommèrent Carolus
De Paris, et s'il en faut plus,
D'Orléans ; s'il en faut encore,
Comte de Saint-Paul, que j'honore,
Four la ville étant le Feron (Prévôt des marchands).
3. Voyez la m« partie. Charles de Pari*, comte de Saint-Paul, fut d'abord destiné à l'église. On en a un charmant portrait de Nanteuil d'après Ferdinand, qui le représente à l'âge de onze ans , en 1660 , avec une croix d'abbé , et cette inscription sur la bordure : Messire Charles Paris d'Or lé ans y comte de Saint-Paul, abbé de St~Remi 6* Reims, etc. Il est impossible de voir une plus gracieuse créature.
Pendant quelque temps , Condé se borna à soumettre Paris à un blocus de plus en plu» rigoureux et à de petites attaques, dont l'effet n'était pas d'encourager beaucoup la milice bourgeoise. Les gentilshommes seuls, tout en négociant avec Mazarin, se battaient bien. On se faisait la guerre de deux façons, à coups d'épée et à coups d'épigrammes, de chansons, de vaudevilles. Les mazarins, on le conçoit, ne ménageaient guère Mmc de Longueville x. Condé lui-même, qui l'avait tant aimée, et qui, plus tard , retrouvera pour elle toute sa première tendresse , ne se gênait pas pour la tourner en ridicule avec la licence accoutumée de son langage. Il s'égayait fort aux dépens des ardeurs guerrières de son frère, le prince de Conti, et chansonnait ses
1. Malgré ses sacrifices, les défiances démocratiques ne l'épargnaient pas davantage. Le Recueil de Maurepas, t. II, p. 417, contient une chanson contre tout le monde sous ce titre : les Honni soit-il de es temps-ci, où Mme de Longueville a aussi son couplet :
« Servir pour ostage à la ville, Croire son conseil très-utile, Tandis que son mari nous vend } Tous les jours estre à l'audience Et ne résoudre que du vent, Honni soit-il qui mal y pense ! »
Autre couplet d'une chanson mazarine, même volume, p. 255 :
« Si l'amour de Marsillac Fait durer ce miquemae, De longtemps la paix n'est faite, Et bientôt cette amourette Nous mettra tous>u bissac. *
Les Recueils de chansons historiques de FArsenal ont quelques autres pièces plus difficiles à citer.
adversaires, entre autres le comte de Maure1, le cadet des Mortemart, avec autant de verve et d'une façon tout aussi soldatesque qu'il malmenait les troupes et les bourgeois , lorsqu'ils osaient s'aventurer à quelques pas des remparts de Paris.
Pour faire juger la Fronde, même dans cette première période de sa courte et trop longue histoire, il suffira de dire qu'elle eut dès lors recours au seul ennemi qui restât à la France; que ces grands patriotes, qui reprochaient sans cesse à Mazarin d'être étranger, s'adressèrent à l'Espagne, et qu'un envoyé de l'archiduc et du comte de Fuensaldaigne fut reçu et entendu en plein parlement. Étonnezvous, après cela, qu'au bout de quelques années le jeune Louis XIV entre un jour dans ce même parlement en bottes et un fouet à la main , sans que personne y fasse attention ! Il faut bien le savoir : la démagogie amène nécessairement la tyrannie , et ce qu'il y a déplus triste, elle l'amène avec l'applaudissement universel , froissant le cœur de ceux-là seuls qui ne l'avaient pas méritée, et n'avaient jamais voulu qu'une liberté modérée. Lorsqu'on osa faire la honteuse proposition de recevoir l'envoyé espagnol, le président de Mesmes, se tournant vers le prince de Conti, lui adressa ces sanglantes paroles 2 : « Est-il
1. Voyez plus haut, chap. n , p. 184 , le couplet de Condé sur le comte de Maure.
2. Retz, t. Ier, p. 247 : « Le président de Mesmes, homme de capa-
possible, Monsieur, qu'un prince du sang de France propose de donner séance sur les fleurs de lys à un député du plus cruel ennemi des fleuré de lys I » • Condé pensa qu'il était temps d'en finir. Il resserra le blocus et multiplia les attaques. C'est dans une de ces attaques, à Charenton, le 9 février 1649, qu'il perdit son meilleur ami, le cadet de Coligny, le brave d'Àndèlot, devenu le duc de Châtîllon , le mari d'Isabelle de Montmorency, un des héros de Lens où il était déjà lieutenant-général et qui allait passer maréchal, un peu léger dans sa vie et dans ses mœurs, mais qui promettait à la France un capitaine de la force de son beau-frère Montmorency Boutteville, le maréchal de Luxembourg. Cpndé, accouru bien vite sur le lieu du combat , à la place où venait de tomber Châtillon, le reçut dans ses bras, et le fit transporter, en le baignant de ses larmes, à Yincennes où il rendit le dernier soupir *. Tous les mémoires
cité, oncle de celui que vous voyez aujourd'hui... » 0 s'agit certainement de Henri de Mesmes, II« du nom, fils aine de Jean-Jacques de Mesmes, M. de Roissy, frère de Claude de Mesmes, M. d'Avaux, l'habile diplomate dont nous avons parlé plus haut, frère aussi de Jean-Antoine de Mesmes, lequel eut pour fils aine Jean -Jacques de Mesmes, IIÏ* tin nom, successivement conseiller ad Parlement, président à mortier, grand maître des cérémonies, un des quarante de l'Académie Française, mort en 1678. Son oncle, Henri de Mesmes, dont il est ici question, lut président au Parlement depuis 1627 jusqu'à sa mort, en 1650. On a d'excellents portraits de ces quatre de Mesmes. • • t. Il avait trente-neuf ans , et ne laissa qu'un fils , né après là mort de son père, et emporté tout jeune en 1650. Voici comment Le Coura 24
374 PREMIÈRfy PARTIR. CHAPITRE IV.
s'accordent h peindre h vive Couleur oq cette roojt jetyCondé ; elle ranima encore pins contre la Fronde. En mêine temps il fit comprendre à la cour qu'il fallait mettre fin à une guerre qui, de part et d'autre, moissonnait tant de courages, à la plus grande joie de l'Espagne; et ici, en montrant la pointe de son épée, là, en parlant avec fermeté, il amena bientôt Paris et le parlement k demander la paix, çtMazarin
rfer français raconte ea Bon cinquième numéro la mort de Chatillon
Nararre, Jjtate régiment, Lascha le pied vilainement.
Le Brinee, aAterti de l'escarre Qae le canon fait sur Navarre, Pensa crever dans son pourpoint, liais pourtant il ne creva çpjnt Dans l'espérance de combattre fy Itauqgeoi* pu'on téjtptt à qpafre, Qui comme nn diable jnroit Dieu .Qpfil venjoft secourir œ liqu; Il dit de Gondé peste et rage.
Mais le itàaa* à son davantage Attendoit messieurs de Paris, Gomme le chat fait la souris.
Assuré sur son j&minence, Il avoit grande impatience De tester le pouls au bonrsjeéis Q» A« fOfUt pas c*tt« tm,
H est prudent et craint la touche, Joint q«*il n'aime pas la cartouche Dont il fit son canon charger.
Paris n'en TWlaût point ronger.
Le Prince qui faisoit fanfare £ofltmit petir soufenif' Navarre Çhastyioa. avec du renfort; Mais il Tenvoyoit à la mort, Car aussitôt au ba*4u venir»
Une balle de mousquet entre fhnsfleapectar oe d«c nppvea.o, Jeune, vaillent, adroit et beau,
Aussi ne put pas s'empescher Gondé de lui donner des larmes Et trahir le dieu des alaçmes.
Ennemi de dame pitié; Maïs ce furent pleurs d'amitié A cause de leur j*reatage... »
Los recmeils de majarjnades pou* l'année 1049 eoQtieaneot un Agréable H véritable reçit face qui t'est pané wq*t si depuis l'emtèvemm1 4* Aof dans fa v^le 4$ Parifi, où l'auteur met dajft la bouche de Q)£tU)on mouraut. un 4i&onrs cont** Mazariu, On a encore : 1° les Regrets 4$ Aflw 4e Chastilfan sur fa mort de spt cher éppux; 2<> Les Adieux qu'a faits M. je ÇhttstiUou auqf*t que de «tapir é sa mère et* sa femme ; $° V Apparition 4s JVfflWtf 4fiM- 4* CtostMon au prince de Coudé, etc.
à en dopner une qui n'humiliait ni le parlement- ni Paris. Il n'obtint pas seulement une amnistie gén.é- . raie; il fit plus : il représenta que, pour désarmer la Fronde, il fallait lui enlever les griefs iégir times qui faisaient sa force, et qu'une fois la royauté replacée au-dessus de toutes les factions, il était sage d'en faire descendre toutes les améliorations nécessaires. De là la déclaration royale du 12 mars 1649 x, qui annulait toutes les me*sures prises; depuis six mois p#r le parlement, expulsait l'envoyé d'Espagne , remettait toutes les forces civiles et militaires, entre les mains du roi , interdisait pour le reste de Tannée 1649 toute assemblée générale du parlement, mais promettait à Paris le retour du roi et au parlement de le consulter dorénavant sur les impôts extraordinaires, et, si on traitait avec l'Espagne, de choisir quelqu'un de ses officiers pour assister à ce traité* Quant à la noblesse, la déclaration n'en disait rien, par la raison très-simple qu'il n'y avait là aucune cause générale qu'on eût à satisfaire, et, qu'il s'agissait seulement d'intérêts particuliers qu'on ménagea du mieux qu'il se put.
Il est curieux de lire dans M"* de Motteville a une
1. Voyez-la dans Mme de Motteville, t III, p. 215. Elle confirmait la déclaration de février de la même année et celles de mai et d'octobre 1*4*.
jl. Tome III, p. 232, etc.
pièce intitulée : Demandes particulières de Messieurs ' les généraux et autres intéressés. On verra qu'ils n'étaient pas peu exigeante : t Us avaient chacun dans Saint-Germain des députés à basses notes qui traitaient pour eux. » Par exemple; « le duc de Beaufort n'était pas content de ce qu'on lui faisait offrir sous main. 11 demandait beaucoup, parce qu'il sentait encore dans son cœur l'enflure orgueilleuse que lui laissaient les restes de sa faveur passée ; il voulait que le ministre lui payât ses fera et sa prison ; il parlait fièrement; il disait tout haut qu'il né voulait point s'accommoder avec le Mazarin , et , portant son ressentiment plus haut que les autres, il rendit son accommodement plus difficile... Mme de Montbazon, qui était aimée du duc de Beaufort, fit espérer qu'elle le ferait contenter à moins, si on lui donnait à elle ce qu'elle désirait. Elle obtint de l'argent et des abbayes, et le duc de Beaufort, qui l'aimait, trouva bon que cette dame profitât de l'inclination qu'il avait pour elle. »
Enfin tout le monde fut ou s'efforça de paraître content. Le prince de Gonti fut le premier qui sortît de Paris pour venir saluer la reine. Il fut présenté par Condé, qui lui fit embrasser le cardinal Mazarin. Le prince de Conti présenta à son tour le duc de Bouillon, La Rochefoucauld, le comte de Maure, et beaucoup d'autres. M. de Longueville, qui était allé en Normandie pour soulever cette province et son
parlement t ne tarda pas $ revenir offrir ses hommages , et il fallut bien que la belle et orgueilleuse duchesse ît aussi ses soumissions. La scèpe vaut la peine d'être racontée : « J'étais seule f dit Mm* de Motte ville ' , auprès de la reine, et elle me faisait l'honneur de me parler de l'embarras qu'avait eu le duc de Longueville en la saluant. Comme je sus que Mme de Longueville allait • venir, je me levai, car j'étais à genoux devant son lit, et me mis auprès de la reine , résolue de n'en point partir, et d'écouter de près si cette princesse spirituelle serait plusélo-, quente que le prince son mari. Comme elle était . naturellement timide et sujette à rougir, toute sa capacité ne la sauva pas de l'embarras qu'elle eut en abordant la reine. Je me penchai assez, bas entre ces deux illustres, personnes pour savoir ce qu'elles, diraient; mais je n'entendis rien que madame, et quelques mots qu'elle prononça si bas que la reine , qui écoutait avec application ce qu'elle lui dirait, ne put jamais y *ien comprendre. »
Cette même Mme de Motteville, si véridique malgré sa bienveillance, si difficile dès qu'il s'agit des intérêts de la reine, éa maîtresse, ne balance pas à faire honneur de la paix à Condé : « Il ne faut pas oublier de remarquer ici la fermeté désinté* ressée de II. le Prince, qui, £&ns <jonsidérer ni sa
i. Ibid., p. 268.
fatftilie ni tes amis, stll* toujours drtiitement aux intérêts du roi ». *
Il est Vf ai , du mémorable service qu'il venait de rendre , Condé ne tira presque aucun avaritage ; mais sa • belle conduite couronnait avec éclat sa dernière campagne de 1648; elle ajoutait à ses titres militaires ceux de défenseur et de sauveur du trône, de pacificateur du royaume, d'arbitre et de conciliateur éclairé des partis; elle mettait le comble à sôti crédît et à sa gloire. Heureux, si, après avoir aiftsi terminé cette triste guerre, quittant la cour et Ses intrigues, il eût été chercher d'autres champs de bataille et achever une autre guerre un peu plus utHe et plus glorieuse à la France, celle qui lui restait avec l'Espagne ! Heureuse aussi M"* de Longue ville si , éclairée par la confusion de sa conscience dans sa dernière entrevue avec la reine et par le honteux dénoûment des misérables intrigues dont elle avait le secret , au lieu de leur servir encore d'instrument, elle eût mis enfin son courage à leur résister ; si , après toutes lies preuves de dévouement qu'elle venait de donner à La Rochefoucauld , elle hii eût fortement représenté que, dans son intérêt même, ilïaHait prendre une route différente, qu'il valait mieux chercher la fortune et les honneurs en se faisant estimer qu'en essayant de se faire craindre, que l'ambition comme