DIVERSES PIECES RELATIVES AUX CARMELITES
Le 13 septembre 1615, mourut la princesse Marguerite d'Orléans, fille d'Henri, duc de Longueville, premier du nom, et sœur du duc de Longueville marié plus tard à Anne de Bourbon. Elle décéda longtemps avant sa sœur aînée Catherine. Son corps fut porté aux Carmélites, et inhumé dans le chapitre, près de l'autel de droite, sous une tombe de marbre noir, avec cette épitaphe :
« A la mémoire de très-haute et très-vertueuse princesse Mademoiselle Marguerite d'Orléans , princesse de Longueville et de Touteville, seconde fondatrice de ce monastère; laquelle, après avoir conservé la chasteté jusqu'à la fin de sa vie , et orné la noblesse de son sexe d'une très-grande modestie et d'une rare piété,
accompagnée de toutes les vertus , attend ici , avec les vierges prudentes, la venue de l'Époux pour aller avec elles le suivre au festin des noces éternelles. Elle a vécu 48 ans, 8 mois moins 3 heures. »
Le 28 septembre 1638, mourut la princesse Catherine, qui fut enterrée dans la même tombe que sa cadette :
« Cy-gist tres-illustre et tres-vertueuse princesse Mademoiselle Catherine d'Orléans , princesse de Longueville , seconde fondatrice de ce monastère; laquelle, pour imiter sa sœur, et faire voir au monde ce que la grâce peut en une ame vraiment touchée de l'amour de Dieu, a voulu, comme elle, n'avoir d'autre époux que Jésus Christ; et, après avoir consumé sa vie dans une continuelle pratique de vertu, Dieu, sur la fin de ses jours, lui a voulu donner une dernière épreuve par la privation de la vue, le plus cher de ses sens. Elle porta cette affliction si constamment qu'on peut dire avec vérité qu'elle a laissé à la terre , notamment à la France, un rare exemple de patience et d'humilité. Elle décéda, âgée de 72 ans, 8 mois, 8 jours, en 1638. »
La reine Marie de Médicis avait été la bienfaitrice du couvent, et avait reçu le nom de première fondatrice. Aussi sa mort futelle un deuil pour les Carmélites. On lit dans I'Histoïre manuscrite, t. Ier, p. 506 et 507 :
« A peine la Mère Marie de la Passion fut-elle en charge , que l'on apprit, à Paris, la mort de la reine Marie de Médicis, décédée à Cologne le 3 juillet 1642. Cette infortunée princesse, que Dieu éprouva, les dernières années de sa vie , par les plus sensibles afflictions, fut infiniment regrettée en ce monastère. Les bontés dont elle n'avoit cessé de le combler l'exigeoient de sa reconnoissance ; et chaque recluse la regardant comme sa singulière bienfaitrice , elles s'employèrent, avec le zèle le plus ardent, auprès de Dieu, pour procurer un prompt soulagement à son ame. Cette illustre défunte donna , par son testament , à ce monastère, toutes les reliques qu'elle avoit laissées à Paris, dans sa maison , nommée aujourd'hui le Luxembourg , et celles qu'elle avoit à Cologne. Les premières furent apportées icy, le 19 d'août de cette même année (1642), et les dernières par Mme la princesse
de Condé, le 24 mars de Tannée suivante, à l'exception des reliquaires qui contenoient des ossements de saint Roch, de sainte Lidurine et de sainte Colette, que Louis XIII garda, par dévotion, jusqu'au 16 juillet suivant, que sa Majesté les remit entre les mains de la reine Anne d'Autriche qui, venant faire ses dévotions icy, dans ce jour solennel , rendit à la communauté ces trésors inestimables. »
Il n'est pas surprenant que Mademoiselle de Bourbon ait songé à se faire carmélite, puisque sa mère y pensa aussi très-sérieusement. Histoire manuscrite, t. Ier, p. 544:
« Le 26 décembre 1646, mourut à Paris Henry do Bourbon , second du nom , premier prince du sang, chéry du peuple par son amour pour la paix. Il laissa trois enfants qu'il avoit eus de Madame la Princesse : Louis de Bourbon, duc d'Enghien, devenu, par cette mort, prince de Condé et premier prince du sang; Armand, prince de*Conty, qui épousa Anne-Marie Martiuozzy, et Anne-Geneviève de Bourbon qui , depuis peu d'années , avoit épousé le duc de Longue ville. Madame la Princesse , se voyant veuve, s'attacha de plus en plus à ce monastère, pour lequel elle avoit une telle estime que la sainteté de celles qui l'habitoient luy fit souvent désirer d'y finir ses jours, disant quelques fois qu'il luy sembloit que, malgré son goût naturel pour la cour et ses plaisirs , elle s'accomoderoit parfaitement de cette manière de vivre. Dans cette circonstance , ses désirs se renouvelèrent , mais l'amour de ses enfants luy en fit différer l'exécution jusqu'au moment de sa mort, qu'elle ne croyoit pas devoir toucher de sy près celle de M. le Prince, auquel elle ne survequt que quatre ans. L'année suivante (1647), elle fit commencer le bâtiment d'une maison, près de ce monastère, cherchant tous les moyens imaginables d'y faire du bien. Cette vertueuse princesse se fit faire un habit de carmélite, à dessein de le mettre quelques fois, et se fit un plaisir de surprendre les sœurs en se montrant dans ce nouvel habillement. Quelque désir qu'elle eût eu de l'essayer avant la mort de M. le Prince, les anciennes mères. s'y opposèrent toujours, instruites par les mores espagnolles qu'en aucun cas on ne le devoit permettre aux femmes mariées. »
Les deux lettres suivantes prouvent quel intérêt prenait Richelieu aux Carmélites, et quel respect il portait à la mère Madeleine de Saint-Joseph. Il s'agissait alors de la prétention qu'eurent un moment les Carmes de gouverner, en France comme en Espagne, les couvents de femmes de Tordre du Carmel. Les prêtres de rOratoire, voisins des Carmélites, avaient aussi élevé quelques difficultés sur une ruelle qui séparait les deux monastères.
Lettre entièrement autographe de Richelieu, avec son cachet intact :
« A Madame Madame de Cohbalet (depuis Mme d'Aiguillon).
« Ma niepce , je n'ay point sceu le particulier de l'affaire dont vous m'escrivés; je m'en informeray soigneusement. Cependant vous asseurerez, s'il vous plaist, de ma part, les Carmélites , que je contribueray tout ce qui deppendra de moy pour emptscher qu'on ne puisse troubler le contentement et le repos dont elles ont jouy jusqu'à présent. Je vous promets que les prestres de l'Oratoire leur serviront en tout ce qui leur sera possible. Je vous escriray plus amplement sur ce sujet lorsque j'en auray une plus exacte cognoissance. En attendant, asseurez ces bonnes âmes de mon affection et de mon service, et croiez que je suis
a Votre très affectionné oncle et serviteur,
« Le Card. de Richelieu.
« Si le petit-fils de madame Bouthillier né la retient point , je vous attendray demain toutes deux.' — De Bois-le-Vicomte , ce J5aousti63i. »
Lettre de M. le Cardinal de Richelieu , écrite de Compiègne , le 17 septembre 1634, à la Mère Magdeleine de St-Joseph :
« Ma mère , je prends la plume pour vous dire que le Père Provincial des Carmes deschaussés m'est venu trouver, sur le bruit que l'on faict courre qu'il vouloit rentrer en la direction des Carmélites, et m'a protesté que c'etoit chose à laquelle il n'avoit aucunement pensé et ne penseroit jamais. Je n'ay pas voulu dif-
ferer à vous en donner advis, afin de mettre vostre esprit en repos de ce costé là, et vous assurer qu'en toutes occasions vous recevrez des effects de la protection qu'il a plu à Sa Sainteté et au Roy que je prenne de votre ordre , comme estant sincèrement , ma Mère, votre très affectionné serviteur,
«Le Cardinal de Richelieu. — De Compiègne, ce 17 sept. 1631 .'*>
Nous ne savions pas jusqu'ici que madame de Combalet eût mis une de ses sœurs au couvent de la rue Chapon , ce qui explique les bienfaits qu'elle répandit sur cette maison, comme nous l'avons dit, chap. Ier, p. 86, dans la note. Voilà ce que nous apprend cette lettre de Marie de Médicis, qui n'est pas datée , mais dont les cachets sont encore intacts.
« A Madame de Combalet, ma dame d'atour,
« Madame de Combalet , aiant sçeu que vous avez mis vostre seur au petit couvent des Carmélites, et que parce moyen l'un des principaux sujets qui me fit vous permettre de demeurer quelques jours à Paris, depuis mon partement, est cessé, je ne désire pas que 'vos autres considérations, que je sçai ne vous presser point, vous y retiennent davantage. C'est ce qui me fait vous escrire cette lettre par un porteur exprès pour vous dire qu'incontinent que vous l'aurez reçeue, vous vous mettiez en chemin pour me venir trouver. J'ay esté un peu indisposée d'une fluxion qui m'a donné bien de la douleur; elle est un peu diminuée , et j'espère que ce ne sera rien. Vous hatterez, je m'asseure, de bon cœur, votre retour pour me venir servir en ce fâcheux mal, si Dieu permet qu'il dure. J'espère que vous me trouverez toute guérie, vous assurant que j'auray du contentement de vous revoir près de moy et que je seray tousjours
« Vostre bien bonne amie , « Marie. »
Il faut que la Mère Madeleine de Saint-Joseph ait été une personne bien extraordinaire , pour qu'une religieuse qui avait été très-liée avec elle au couvent de Paris, n'ait pu supporter d'en
être séparée , quand on l'envoya sous-prieure à Saintes , et que le P. Gibieuf , de l'Oratoire , ait été obligé d'écrire à cette religieuse la lettre qui suit, pour adoucir son chagrin et relever son courage. On conçoit que l'auteur d'une telle lettre ait été si fort estimé de Descartes :
« Pour la Mère Sous-Prieure de Xaintes. »
« Jésus 'f Maria.
« La grâce de Jésus €hrist nostre Seigneur soit avec vous pour jamais. J'ay reçeu la vostre qui m'a fait cognoistre l'exercice que vous portés dans la séparation de la personne à laquelle il a pleue à Dieu vous donner une liaison si intime ; et je vous diray que j'ay esté touché de vostre peine , à laquelle je ne peux penser sans y compatir, vous regardant comme l'enfant sevré de la mamelle , et comme les disciples de Jésus Christ nouvellement privés de sa présence visible par son ascension au Ciel. Le principe de vostre peine est très bon, puisque c'est la liaison à cette sainte ame; mais la nature se mesle parmi, et l'esprit maling encores davantage qui essaye de vous inquiéter et de vous affoiblir pour vous rendre inutile, s'il pouvoit, aux fins pour lesquelles vous estes envoyée. Ne croyés point que vous ne soyez bonne à rien, et que vous serez plustotà charge qu'à soulagement. Ce n'est pas là l'humilité que J. Christ nous commande d'apprendre de lui: Discite a me quia mitis sum et humilis corde. C'est une fausse humilité dont il se faut donner garde, aussi soigneusement qu'il y a d'obligation de rechercher celle que le fils de Dieu nous apprend. Pour celle là, l'ame, sous prétexte de se mépriser, se regarde incessamment et s'occupe toujours d'elle même. Pour celle-cy, l'ame s'oublie elle mesme comme n'estant rien , et se retire à Jésus Christ comme à celuy qui luy est vie et subsistence, lumière et force, et generallement toutes choses. Par celle-là l'âme deschet ; par celle-cy elle s'esleve et se fortifie. C'est à quoy je désire que vous tendiez et vous travailliez; et un des moyens que vous devez pratiquer pour cela est de vous lier tous les jours à cette sainte ame dont nous parlons. Ne laissez oass«r un seul
jour sans vous lier à sa grâce et à sa conduite ; et lorsque vous vous trouverez plus peinée , unissez-vous à ses dispositions et recourez ainsy à J. Christ avec elle. II vous a séparé d'elle selon les sens pour vous y lier davantage en purifiant vostre liaison du meslange de la nature, et (pour) qu'elle ne soit plus que par grâce. Les liaisons qui entrent dans l'œuvre de Dieu et qui commencent avec le temps en la terre pour estre consommées au Ciel dans l'éternité, doivent estre telles : c'est son esprit seul qui les fait sans que les sens et la nature y ayent part. Depuis, dit saint Paul, que J. Christ est mort et resuscité pour nous, nous ne devons pluscogooistre personne par la fin de notre chair. Et combien que nous ayons , c'est à dire les apostres pendant que J. Christ etoit en la terre, autres fois ainsy regardé J. Christ , nous ne le regardons plus maintenant en cette manière. Toutes choses sont renouvelées. Tout ce qui est du vieil homme est passé, et nous ne sommes en J. Christ qu'en qualité de nouvelles créatures dont les usages doivent estre par dessus les sens. La nature porte cette nouvelle manière de vie, mais elle n'y entre pas. Je suplie J. Christ, nostre Seigneur, qui est le principe de cette seconde et nouvelle création , de l'advancer et raffermir en vous , et vous faire porter en sa force tout ce qu'il faut porter pour cela. Escrivez moi de temps en temps le progrès de vostre disposition, et vous asseurés que j'auray tousjours un soing très particulier de vostre ame, et seray pour jamais en J. Christ nostre Seigneur et sa très sainte Mère,
« Vostre affectionné à vous servir selon Dieu ,
« Gibieuf, prestre de l'Oratoire de Jésus. De Paris, ce A febvrier 4634.»
La plus grande affaire qui ait occupé les Carmélites est celle de la canonisation de la mère Magdeleine de Saint-Joseph, morte en 1637. Pour arriver à cet honneur, les Carmélites se donnèrent toutes sortes de mouvements , et firent bien des dépenses. Elles entretinrent un agent à Rome. Il fallait d'abord persuader au saint Père, de nommer une commission dite apostolique , pour
connaître des faits, recevoir et apprécier les témoignages. Ensuite il fallait recueillir ces témoignages, les avoir les plus nombreux, les plus certains , les plus autorisés. Enfin, il était nécessaire de les faire valoir auprès de sa Sainteté et de la Congrégation des sacrés rites. De là bien des démarches où les Carmélites s'engagèrent avec une ardeur qui n'est pas, à vrai dire , la chose du monde que j'admire le plus, car, après tout, Dieu discerne lui-même ses saints , et avec l'argent que coûta cette interminable procédure , on aurait soulagé bien des misères, reçu bien de pauvres novices» et gagné à Dieu bien des âmes. La Mère Madeleine de Saint- Joseph fut assez aisément vénérabilisée , c'est-à-dire déclarée vénérable, mais elle ne fut ni canonisée ni même béatifiée; les instances des Carmélites pour obtenir au moins la. béatification de leur vénérable mère duraient encore^n 1789, quand la tempête révolutionnaire se déchaîna sur tous les établissements religieux, et, en croyant abattre le Carmel français, le ranima dans la persécution , ainsi que l'Église tout entière.
Dès Tannée 4637, où mourut la mère Madeleine de Saint- Joseph, on voit les bonnes Carmélites s'agiter un peu, et s'adresser à toutes leurs amies et protectrices pour qu'elles écrivent ou fassent écrire, en leur faveur, au saint Père, viennent déposer devant la Commission apostolique ou lui envoient leurs témoignages. La princesse de Condé et madame de Longueville, la reine Anne , Mademoiselle , la reine d'Angleterre Henriette , la reine de Pologne , la célèbre Marie de Gonzague; de grandes dames médiocrement édifiantes, et des personnages plus puissants que pieux, Mazarin et Retz lui-même, interviennent ici : nul moyen humain n'est épargé pour ce qui semble le service de la sainte cause.
Deux lettres autographes écrites par le cardinal de Retz, de Rome, le même jour, à deux religieuses Carmélites :
« Ma chère Soeur (son nom de religion n'est pas indiqué),
« J'ai reçeu avec les sentiments que je doibs les marques de vostre bonté, et je vous supplie de croire que vous n'en sçauriés
avoir pour personne qui honore davantage toutes les qualités que Dieu a mises en vous. le considère les sentiments qu'il vous donne pour moi comme une bénédiction très particulière, puisqu'ils me donnent les prières d'une personne aussi bonne que vous , dans lesquelles ie puis dire avec beaucoup de vérité que Faî une confiance très parfaite, le vous supplie de ne iamais doubter que personne ne sera iamais plus parfaitement que moi ,
Ma chère Sœur,
Vostre très humble et très affectionné Serviteur, Le Cardinal de Retz , Arch. de Paris. — De Rome, ce 10 avril 1656. »
« A la Révérende Mère sousprieure des religieuses Carmélites du grand Couvent, à Paris (en 1656, la sous-prieure était Marthe de Jésus, MUe du Vigean, que Retz avait dû rencontrer dans le monde).
Ma chère Soeur,
« le suis en possession d'estre obligé et à vostre Ordre et à vostre personne, et ie vous prie de croire que personne n'aura iamais ni pour l'un ni pour l'autre des sentiments plus véritables et plus parfaits que moi. le me croirois le plus heureux homme du monde si ie pouvois. trouver les occasions de vous le faire paroistre par quelque service, le les chercherai ici avec celui qui m'a rendu vostre lettre , et en touts lieux ie serai esgalement ,
Ma chère Soeur,
Vostre très humble et très affectionné Serviteur,
Le Cardinal de Retz, Arch. de Paris. — De Rome, ce 10 avril 1656.
Dans les Mélanges de Clérambault, t. cxxvi, p. 451, se trouve la copie d'une lettre de Mazarin, du 3 avril 1648, au cardinal Barberini, à Rome, pour le prier d'intercédé. 2n faveur de la béatification de la mère Madeleine de Saint-Joseph. lbid.: p. 455, autre lettre du même, sur le même sujet, au cardinal des Ursins.
Lettre de mademoiselle Claude , première femme de chambre de Madame, Marguerite de Lorraine , deuxième femme de Monsieur, duc d'Orléans, adressée le 21 octobre 1651, à la soeur Thérèse de Jésus, mademoiselle de Remenecour, qui avait été fille d'honneur de son Altesse Royale , et qui était alors novice aux Carmélites. Mademoiselle Claude répond à ce que mademoiselle de Remenecour avait écrit pour obtenir de Madame une lettre de recommandation au Pape , en faveur de la mère Madeleine :
a A Mademoiselle de Remenecour ,
« Ma chère Sœur, je prie nostre Seigneur qu'il vous comble de ses bénédictions. Madame a réçeu vostre lettre, et aussitôt que sa santé lui permettra d'escrire , elle le fera d'un très grand cœur. Elle vous prie de dire à la Révérende Mère (en 1651 c'était la mère Agnès ) que toute la communauté la recommande à cette bienheureuse Mère afin qu'elle prie nostre Seigneur qu'il luy donne ce qui luy faut pour sa santé ou pour la résignation à sa sainte volonté. Et moy je vous prie de croire que je suis toujours la même que j'ay été de tout temps pour vous rendre service. Excusés le peu de temps qui m'empesche de vous en dire davantage, et croies que je suis,
« Ma chère Sœur,
Vostre très humble et obéissante servante.
(P. Se.) A ma Sœur d'Anglure (ou bien M,le d'Anglure, plus haut, p. 395, ou M1,e d'Anglure de Bourlemont, p. 393, toutes deux lorraines), qu'elle prie un peu pour moy. Nous vous irons quelque jour voir. Toute la famille royale se porte bien , grâce à Dieu. A la îeverende Mère supérieure, assurez la de mes obéissances. »•
Extrait d'une lettre de Mademoiselle , du 12 décembre 1655, à sœur Thérèse de Jésus, mademoiselle de Remenecour, en lui envoyant la lettre qu'on lui avait demandée pour le Pape :
■ Saint-Fargean, 12 décembre 1655.
« Quoyque je n'aye point encore de secrétaire , je n'ay pas voulu attendre qu'il m'en soit venu un pour faire escrire la lettre de Sa Sainteté. Je l'ay fait escrire par le premier venu. Je pense qu'elle rie laisse pas d'estre bien. Au moins l'ai -je trouvée comme il faut. Vous la pouvez voir, car il n'y a qu'un cachet volant. Je vous puis bien assurer que je dis très vrai en disant que j'honore la mère Made laine de Saint-Joseph, et que j'aime l'ordre des Carmélites , car j'ay pour elles les sentiments les plus tendres du monde, et me veux le plus grand mal qui se puisse de n'estre point propre à l'estre ' .
« Anne Marie-Louise d'Orléans. »
Lettres autographes de la reine de Pologne, Louise-Marie de Gonzague, fille du duc de Nevers et de Catherine de Lorraine , et sœur d'Anne de Gonzague, la Palatine. Nous avons conservé l'étrange orthographe de cette femme de tant de grâce et d'esprit. Il parait qu'elle avait un peu désappris le français en Pologne, et nous supposons que les billets adressés à Cinq-Mars étaient un peu mieux tournés a.
« A MA CHERE SŒUR ANNE MARIE DE JESUS ( M11* d'EpemOH ) ,