‹ Jeunesse de Madame de LonguevilleChapitre 164 sur 180 · A NOTRE REVERENDE MERE PRIEURE DES CARMELITES DD GRAND COU VAN · texte numérisé non relu

A NOTRE REVERENDE MERE PRIEURE DES CARMELITES DD GRAND COU VAN

« Ma chère mère, j'ay iousjours recours a vous dans mes besoins. Je, vous conjure de me donner la communion de demein pour recommander à Dieu les" aferes de mon fils. Je cres que l'on an doit parler .demein. Demandés à Dien que tout soit pour sa gloire et pour lapai et l'union. Je croyes aler demein diner chez vous, mes je ni poure aler que l'apres dinée. Je vous prie de trouver bon que je face entrer demein la nourisse de mat fille jjui n'a point eu de mal de te*ste depuis qne vous lu y fîtes toucher le cœur de nostre bienheureuse mère. Elle se trouve si soulagée de tous ses maux qu'elle ne double pqs que si elle bese encore ce bienheureux cœur, qu?elle ne soit guérie. Nous, prendrons cette fois suc l'autre mois. Mandez-moy, si vous le trouvez bon. La eonfience qne cete pauvre famé a aux prières de N. bienheureuse mère me fait espérer qu'elle obtiendra de Dieu sa guérison. Et moi j'espère aussi qu'elle assistera mon fils de ses prières pour sa conversion et j*rar ses aferes. Pries lan, je vous prie, ma bonne mère. Je vous donne le bonjoui . 0C« Ce vendredi au soir: •

Nous ajouterons les deux pièces suivantes, que relève l'importance du personnage qui en est le sujet :

Note de la main de la mère Agnès :

• Au mois de septembre de l'année 1645, Madame la princesse de-Gondé estanfeitremement en peine de Monseigneur le Duc d'Enghin, son fils, qui, estoit fort malade a Philis-

l'attouchement du coffre où est le cœur de la vénérable Mère, lequel mal de teste la travaillent depuis très-longtemps sy violemment qu'elle crioit quasy iour et nuit sans qu'aucun remède luy donnât nul soulagement. Il y en a encore quelques uns que ie serois trop longue à rapporter, et dont eux-mesmes pourront déposer.

Et pour tesmoignage de la vérité de tout ce que j'ay dit cy-dessus, Tay signé de ma propre main , et à icelui faict apposer nos armes, en présence des deux notaires apostoliques et ecclésiastiques de Paris, en nostre hostel à Paris, ce 10 du mois d'avril de Tan de grâce 1647. »

bourg en Allemagne, en snitte ie la bataille de Nortlingue ; elle eut recours à notre B. H. meie pour luy ; et je me souviens qu'ayant appris qu'il estoit hors de péril de cette maladie» comme elle s'en alloit de ce monastère , je la vis rebrousser chemin pour aller sur le tombeau de nostre B. H. mère, sans qu'on lui parlast d'elle, disant : Allons s\ir le tombeau de nostre B. H. mère la remercier de l'assistance qu'elle nous a donnée. Et quand elle y fust, elle dit tout haut avec grande dévotion : Ha bonne mère, je vous remercie de l'assistance que vous nous avés donnée. Ensoitte elle fit célébrer 59 messes dans nostre église pour action de grâces en l'honneur des 59 années de la vie de nostre B. H. mère , et donna cent francs pour faire faire un tableau voué où la sainte Vierge fust représentée, et nostre B. H. mère luy offrant le ducfd'Enghien. »

Extrait de la déposition d'une religieuse du couvent de la rue Saint-Jacques, sur une apparition de la mère Madeleine, quand le duc d'Enghien, fils de la princesse de Gondé, était malade à Philippsbonrg, en Allemagne, après la bataille de Nortlingue, en 1645 :

« Une personne de grande qualité estant extrêmement malade à l'armée qu'il commandoit à pins de cent lieues d'icy, k nouvelle en ariva qui donna beaucoup d'allarme à ses proches; et après avoir reçeu ladite nouvelle, Ton fut environ huit jours sans qu'il arivast nul courrier de ce lieu-là ; de sorte que plusieurs le croyoient mort on pour le moins hors d'espérance de gnerison. Pendant ce temps, je priois avec nos sœurs dans une très-grande affection à ce qu'il plust à Dieu rendre la santé à cette personne, et je m'adressois en particulier à nostre B. H. mère, laquelle, trois jours avant la réception de la nouvelle qui apprit qu'il estait hors de péril, m'apparu dans nostre habit de carmélite proche de son tombeau où j'estois lors, et me dit : Tous estes bien en peine icy d'une chose qui vous a esté donnée; la vie luy a esté rendue par les prières, car il de voit mourir; rendez en actions de grâces i Dieu et anssy à la sainte Vierge. Elle ne me nomma point celuy de qui elle me parloit; mais je ne laissay pas de l'entendre très-bien , car ses paroles repondoient à ma pensée. Je demeuray dès lors sy certayne de cette guerison que je ne pouvois plus en estre en nulle peine , et m'estonnois en quelque sorte de voir que les autres y estoient encore, tant j 'a vois une grande certitude en moy-mesme que la chose estoit comme elle m'avoit esté montrée. Je dis à la mère sous prieure cette apparition de nostre B. H. mère, et ce qu'elle m'avoit apris, ne sentant pressée intérieurement de le déclarer avant qu'il fnst venu de courrier qui apportât la nouvelle de la meilleure santé de cette personne, afin que la vérité de son assistance fust plus vérifiée. *

« Je, sœur Margueritte de Jésus (MU« d'Anglure, plus haut, p. 395), a? copié cecy sur l'original, et la religieuse nommée sœur Mag. de Saint-Joseph (probablement Mlle de Rivière, plus haut, p. 391 ), qui a eu cette apparition, me l'a dit en confiance de vive voi et preste sa déposition pour en faire cet extrait. Ge ieT décembre 1 645. *

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