Lenet « édit. Michaud, p* 447 et
trouvait tout ce qu'il y avait de plus galant, de plus honnête et de plus relevé par la naissance et par le mérite. Le jeune prince commença à s'y plaire ; il s'y rendit autant assidu qu'il le put, et y prit les premières teintures de cette honnête et galante civilité qu'il a toujours eue, et qu'il conserve encore pour les dames. . . . Mlle de Bourbon , sa sœur, qui fut après la duchesse de Longueville, était pleine d'esprit et d'une rare beauté. » On conçoit donc aisément comment les deux jeunes gens furent reçus à l'hôtel de Rambouillet. Ils y jetèrent d'abord leplus grand éclat. MI,e de Bourbon était la personne que nous avons décrite , avec ses beaux yeux bleus , ses blonds cheveux , sa riche taille , ses grâces nonchalantes et languissantes , toute faite aussi , par la tournure de son esprit et de son caractère , pour devenir une écolière accomplie de l'hôtel de Rambouillet. 11 y avait en elle un fonds inné de fierté qui sommeillait dans la vie ordinaire , mais se réveillait promptement dans les occasions. Elle avait l'instinct du grand en toutes choses. Son esprit était de la trempe la plus fine , mais sa délicatesse tournait aisément à la subtilité. Tendre surtout, la galanterie platonique, qui était à l'ordre du jour dans la maison, la devait charmer sans lui faire peur, car son rang la protégeait, et d'ailleurs elle le dit elle-même dans la plus humble confession T : les plaisirs des sens ne l'attirèrent ja-