Voyez la nc partie
marades du duc d'Enghien, et deux filles charmantes, recherchées par tout ce qu'il y avait de grands seigneurs jeunes et galants. Avant comme après son mariage, Mlle de Bourbon se partageait entre ces diverses résidences, qui rivalisaient entre elles de magnificence et d'agrément. Naturellement, c'était auprès de sa mère , à Chantilly, qu'elle était le plus souvent.
Il faut voir dans Du Cerceau l et dans Perelle a ce qu'était Chantilly au commencement et à la fin du xvir siècle. Ce vaste et beau domaine était depuis longtemps aux Montmorency, et il vint aux Condé en 1632 par Mme la Princesse, à la mort de son frère, décapité à Toulouse. Il rassemble donc les souvenirs des deux plus grandes familles militaires de l'ancienne France. Le connétable Anne et Louis de Bourbon y sont partout , et ces deux ombres couvriront et protégeront à jamais Chantilly, tant qu'il restera parmi nous quelque piété patriotique, quelque orgueil national. Les Montmorency ont transmis aux Condé le charmant château , un peu antérieur à la renaissance , que Du Cerceau a fait connaître dans tous ses détails. C'est le grand Condé, dans les quinze dernières années de sa vie, qui, trouvant
i. Les plus excellent Bâtiments de France, in-fol., 1607, t. II. Plusieurs planches sur le château, rien sur les jardins.
2. Veues des plus beaux bâtiments de France, par Perelle. — Veue en é raie du château de Chantilly , de ses canaux, fontaines et &o«* quels, etc.
alentour les plus beaux bois, une vraie forêt, avec un grand canal semblable à une rivière, des eaux abondantes et de vastes jardins , en a tiré les mer*veilles que le burin de Perelle nous a conservées, et que Bossuet n'a pu s'empêcher de louer, ces fon~ taines, ces cascades, ces crottes, ces pavillons, « ces superbes allées, ces jets d'eau qui ne se taisaient ni jour ni nuit1. » Ils se taisent aujourd'hui. Le mauves goût du xvme siècle et les révolutions ont dégradé Chantilly. Un prince digne de son nom avait entrepris de le rendre à sa beauté première. Il y voulait mettre toute la fortune que les malheurs de la maison de Condé lui avaient apportée, et celle qu'il tenait dç sa propre maison, te jeune capitaine avait rêvé de revenir un jour, après avoir étendu et assuré la domination française en Afrique, se reposer avec $es lieutenants dans la demeure sacrée des Mont^ morençy et des Condé f restaurée et embellie de ses mains, JLa Providence en a disposé autrement, et Chantilly attend encore une main réparatrice. Mais revenons au Chantilly du milieu du xvue siècle, avant l'époque de 3a plus grande magnificence f entre la description de Du Cerceau et celle de Perelle,
C'était déjà un délicieux séjour. Mme la Princesse s'y plaisait beaucoup , et y passait avec ses enfants presque tous les étés. Elle emmenait avec elle uns petite cour composée des amis de son fils et des amies