Bossuet, oraison funèbre du grand Condé
Mlto DE BOURBON A CHANTILLY, 467
de sa fille, avec quelques beaux esprits , et particulièrement Voiture , dont on ne se pouvait passer, A défaut de Voiture , on avait sa monnaie , Montreuil ou Sarrazin , attachés à la maison de Gondé , et qui furent successivement secrétaires dç Condé, du prince de Conti et dç Mme de Longueville. Ils avaient l'esprit fin et agréable, et Boileau, dans sa lettre à Perrault, nomme Sarrazin après Voiturç. M, le Prince , peu sensible aux douceurs de la campagne, restait ordinairement à Paris pour suivre ses desseins et sa fortune. Mme la Princesse ne haïssait pas les divertissements et la jeunesse s'y livrait avec ardeur. On faisait la cour aux dames. Pendant la chaleur du jour, on s'amusait à lire des romans ou des poésies; le soir, on faisait de longues promenades avec de longues conversations. On vivait à la manière de T Astrée, en attendant les aventures du grand Cyrus. Même en 1650, après la mort de son mari, pendant la captivité de ses deux fils et de son gendre, et l'exil de sa fille, les troubles de la guerre civile et le bruit des armes t Lenet nous raconte comment la princesse de Condé passait le temps à Chantilly J. « Les promenades étaient les plus agréables 4U monde.,. Les soirées n'étaient pas moins divertissantes. On se retirait dans l'appartement de la princesse où l'on jouait à divers jeux. Il y avait souvent de belles voix , et surtout des conversations agréa-