Les amants passionnés; style de l'hôtel de Rambouillet
2. Tallemant, jt. II, p, ?97, attribue ces. couplets & Bachaumont; M»* de Motteville, t. III,' p. 230, les donne sans nom d'auteur, et on les retrouve avec bien d'autres dans une longue mazarinade intitulée : Triolets de Saint-Germain, in-4*, 1649.
Baffle à manches de velours noir Porte le grand comte de Maure.
Sur ce guerrier, qu'il fait beau voir Buffle à manches de velours noir !
Condé, rentre dans ton devoir, Si tu ne veux qu'il te dévore.
Buffle à manches de velours noir Porte le grand comte de Maure.
Condé, à ce qu'assure Taliemant, témoin bien informé et nullement suspect, ajouta le couplet suivant :
C'est un tigre affamé de sang Que ce brave comte de Maure.
Quand il combat au premier rang , C'est un tigre affamé de sang.
Mais il n'y combat pas souvent; C'est pourquoi Condé vit encore.
C'est un tigre affamé de sang Que ce brave comte de Maure.
Il comptait parmi ses meilleurs lieutenants le comte de Marsin , le père du maréchal , bien supérieur à son fils , et qui était un véritable homme de guerre. Condé en faisait le plus grand cas ; mais il ne l'épargnait pas pour cela. Un jour, à table, en buvant à sa santé , il improvisa sur un air alors fort à la mode cette petite chanson ', qui n'a jamais été publiée , et qui nous semble jolie et piquante :
Je bois à toi, mon cher Marsin.
Je crois que Mars est ton cousin, »
1> Bibliothèque de l'Arsenal, Belles-Lettres françaises, n° 70, recueil in-fol. intitulé : Chansons notées, t. II, p. 66.
Mu- DE BOURBON A LIANCOURT. 485
Et Bellone est ta mère.
Je ne dis rien du père, Car il est incertain.
Tin, tin, trelin, tin, tin, tin.
A Liancourt, n'ayant rien à faire, et impatienté de voir sa sœur et ses belles amies rester si longtemps à l'église le jour de la Toussaint, il leur décocha cette épigramme * :
Donnez-en à garder à d'autres, Dites cent fois vos patenôtres, Et marmottez en ce saint jour.
Nous vous estimons trop habiles; Pour ouïr des propos d'amour, Vous quitteriez bientôt vigiles.
Il avait eu quelque temps avec lui à Liancourt , entre autres amis , le marquis de Roussillon , excellent officier et homme d'esprit, dont il est plus d'une fois question dans les lettres de Voiture, et l'intrépide La Moussaye , qui lui fut fidèle jusqu'au dernier soupir, et pendant la captivité de Condé alla s'enfermer avec Mme de Longueville dans la citadelle de Stenay où il mourut a. Roussillon et La Moussaye ayant été forcés de quitter Liancourt pour s'en aller à Lyon , Condé , comme pour imiter la lettre de sa sœur à M11" Du Vigean , en écrivit ou en fit écrire une du même genre à ses deux amis absents. Nous donnons cette pièce presque entière, parce qu'elle