‹ Jeunesse de Madame de LonguevilleChapitre 84 sur 180 · POUR LE ROI DES SARMATES A M»* DE BOURBON · texte numérisé non relu

POUR LE ROI DES SARMATES A M»* DE BOURBON

« Adorable beauté qui, dessons votre empire , Voyez brûler les dienx d'une secrète ardeur; Si vous ne voulez pas soulager mon martyre, Au moins lisez ces vers où j'ai peint sa grandeur. Je suis bien malheureux si votre esprit estime Que plutôt que parler un amant doit mourir, Et que, contre l'honneur, c'est faire un même crime De lui prêter l'oreille et de le secourir, etc. »

1. Manuscrits de Conrart, in-4°, t. X, p. 945 : Un poëte inconnu écrit an nom de Mme de Longueville et de ses amies de l'hôtel de Rambouillet, an duc d'Enghien, qui était alors à l'armée de Flandre et d'Allemagne, ponr lui i"aconter leurs occupations, leurs brillantes toilettes et leurs succès au bal :

« Madame votre sœur m'oblige à vous écrire ,

Et dans une prison qui vaut bien un empire ,

C'est-à-dire, Seigneur, dedans son cabinet,

M'enferme seule à seule avecqne Rambouillet.

Notre charge , Seigneur, est de vous rendre conte

Et dire franchement , et sans aucune honte ,

La peur qu'ont nos beautés de manquer de galants,

Tandis que vous errez parmi les Allemands.

Mademoiselle enfin, comme chef de cabale ,

Avec un des Elbeuf fit le tour de la sale ;

Puis prit pour le second le prince Palatin ,

Qui prit soudainement la duchesse d'Enghien.

Elle fit dignement; car, au lien d'un Vieuxville,

Elle prit l'un de nous. C'est lors que Longueville,

Comme un soleil levant Venant faire son tour,

A ravi tout l'éclat des dames de la cour. «

Elle ne manqua pas de prendre Roquelaure

Afin qu'il fit danser l'agréable de Faure (Mlle Fors, Du Vigeanl'ainée).

Après, les Saint-Simon, les Brissac, Miossen (pour Miossens)

Prirent et Rambouillet et la jeune Vigean. »

2. Manuscrits de Conrart, t. XIII, p. 340, un poëte inconnu au duc d'Enghien :

« Si nous avions ou rimes ou rimeur, Nous vous dirions, très illustre seigneur,

mari dans son gouvernement de Normandie, et rappelée par l'hôtel de Rambouillet *, partout poursuivie de soins et d'hommages, et montrant partout une douceur pleine de charme, avec la nonchalance qui ne l'abandonnait guère lorsque son cœur n'était pas

Combien de maux nous cause votre absence'

Nous tous dirions que votre aimable sœur

Est maintenant fort pleine de douceur ;

Et quelque froid semblant ou mine qu'elle face,

L'heureux flambeau d'hymen a su fondre sa glace.

Nous tous dirions que, durant ces beaux jours,

On voit briller dans le milieu du Cours

Son char plus beau que celui de l'Aurore.

A ses côtés étaient Marton et Fore, etc. •

Ce dernier vers, qui s'applique évidemment à MUei Du Vigean, est une preuve de plus que la jeune Du Vigean s'appelait Marthe. Dans une autre pièce de vers adressée à MllM Du Vigean, et qui pourrait bien être de Condé, manuscrits de Conrart,in-4<\ t. X, p. 1033, la jeune Du Vigean est encore appelée Marthe :

■ Hélas ! ô grands dieux ! se dit-on , Qu'est devenue Fore et Marton ?

Et quelques-uns disent encore :

Qu'est devenue Marton et Fore ?

Et tout cela n'approche pas

De la fraîcheur et des appas

De Marton, la douce pucelle,

Ni de Fore, à mes yeux si belle, etc. »

Page 1