‹ Jeunesse de Madame de LonguevilleChapitre 86 sur 180 · Plus haut, p · texte numérisé non relu

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nous représente Coligny comme très-bien fait, sans avoir pourtant une tournure fort élégante ; spirituel et ambitieux, mais d'un mérite au-dessous de son ambition. L'auteur , prenant l'apparence pour la réalité, suppose aussi que M™ de Longueville partageait les sentiments de Coligny, parce qu'elle ne les rebutait pas, et il peint de couleurs assez romanesques les commencements de leurs prétendues amours. Nous donnons le passage entier en l'abandonnant au jugement du lecteur l :

« Anne de Bourbon , duchesse de Longueville , estoit alors une des plus aimables personnes du monde, tant par les charmes de son esprit que par ceux de sa beauté. Coligny, fils aisné du maréchal de Châtillon, l'aimoit passionnément, et l'on dit qu'il estoit aimé. C'estoit un garçon de fort belle taille, mais qui avoit plutost l'air d'un Flamand que d'un François. 11 avoit de l'esprit infiniment et des pensées vastes et grandes, mais on croit que sa valeur a n'égaloit pas son ambition. Avant même le mariage de cette princesse, il estoit au mieux avec elle. On dit qu'il se servit d'un moyen assez fin et fort extraordinaire pour lui déclarer sa passion. Le roman de Poleacandre 3 estoit fort à la mode et fort en vogue,

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