‹ Jeunesse de Madame de LonguevilleChapitre 9 sur 180 · Voyez la m9 partie · texte numérisé non relu

Voyez la m9 partie

n'entraient pour rien dans les démarches de son cœur; mais, entourée d'hommages, elle s'y complaisait. Aimable, elle mettait son bonheur à être aimée. Sœur du grand Condé, elle n'était pas insensible à l'idée déjouer un rôle et d'occuper l'attention; mais, loin de prétendre à la domination, elle était tellement femme qu'elle se laissait dominer et conduire par celui qu'elle aimait. Tandis qu'autour d'elle l'intérêt et l'ambition prenaient si souvent les couleurs de l'amour, elle n'écouta que son cœur, et se mit comme au service de l'ambition et de l'intérêt d'un autre. Tous les auteurs sont unanimes à cet égard ; ses ennemis lui reprochent avec aigreur de n'avoir pas eu un but qui lui fût propre et d'avoir méconnu ses intérêts ; ils ne se doutent pas qu'en croyant l'accabler par là, ils la relèvent, et prennent soin euxmêmes de couvrir sa conduite et ses fautes qui, après tout, se réduisent à une seule.

Elle a pu être touchée du dévouement de Coligny, qui donna son sang pour la venger des outrages de Mme de Montbazon f ; elle prêta a un moment une oreille distraite aux galanteries du brave et spirituel Miossens, depuis le maréchal d'Albret; plus tard, elle se compromit un peu avec le duc de Nemours3; mais elle n'a aimé véritablement qu'une seule personne, La Rochefoucauld. Elle s'est donnée à lui tout

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