‹ Jeunesse de Madame de LonguevilleChapitre 90 sur 180 · M- DE MONTBAZON · texte numérisé non relu

M- DE MONTBAZON

avec tant d'agrément que « l'ordre de la nature se trouvait changé, puisque beaucoup d'années et de beauté se pouvaient rencontrer ensemble, t Dix ans auparavant, en 1647, à trente-cinq ans, lorsque Mazarin donna une comédie à* machines et en musique , à la mode d'Italie , c'est-à-dire un opéra, le soir il y eut un grand bal, et la duchesse de Montbazon y parut parée de perles' et avec une plume rouge sur la tête, dans un tel éclat qu'elle ravit toute l'assemblée, « montrant par là que des beaux r arrière-saison est toujours belle *. » On peut penser ce qu'elle était en 1643, à trente et un ans.

Des deux conditions de la beauté parfaite, la force et la grâce a,Mme de Montbazon possédait la première au suprême degré ; mais cette qualité étant presque seule ou tout à fait dominante laissait quelque chose à désirer, c'est-à-dire précisément ce qui fait le charme de la beauté. Elle était grande et majestueuse, même à ce point que Tallemant, qui exagère toujours et ment rarement, dit : « C'était un colosse 3. » Elle possédait tout le luxe des attraits de l'embonpoint. Sa gorge rappelait celle des statues antiques, avec un peu d'excès peut-être. Ce qui frappait le plus en sa figure était des yeux et des cheveux très-noirs sur un fond d'une éblouissante blancheur,

Page 1