‹ Jeunesse de Madame de LonguevilleChapitre 91 sur 180 · T. III, p · texte numérisé non relu

T. III, p

Le défaut était un nez un peu fort, avec une bouche trop enfoncée qui donnait à son visage une apparence de dureté x. On voit que c'était juste f opposé de M™ de Longueville. Celle-ci était grande et ne Tétait pas trop. La richesse de sa taille n'ôtait rien à sa délicatesse. Un embonpoint tempéré laissait déjà paraître et retenait dans une mesure exquise la beauté des formes de la femme. Ses yeux étaient du bleu le plus doux; son abondante chevelure du plus beau blond cendré. Elle avait le plus grand air, et malgré cela son trait particulier était la grâce. Ajoutez la suprême différence des manières et du ton. Mme de Longueville était dans tout son maintien la dignité, la politesse, la modestie, la douceur même, avec une langueur et une nonchalance qui n'étaient pas son moindre charme. Sa parole était rare ainsi que son geste ; les inflexions de sa voix étaient une musique parfaite2. L'excès, où jamais elle ne tomba, eût été plutôt une sorte de mignardise. Tout en elle était esprit, sentiment, agrément. Mme de Montbazon, au

1. Sur la beauté de Mme de Montbazon, nous avons uni ce que disent Tallemant, t. III, p. 411, et Mme de Motteville, 1. 1", p. 146. Le lecteur peut juger de la vérité de notre description en allant voir à Versailles, dans la curieuse galerie de l'attique du nord, sous le n° 2030, un petit tableau où M*6 de Montbazon est représentée en buste , vers l'âge de trente-cinq à quarante ans, avec un collier de perles, un beau front très-découvert, de beaux yeux noirs, une gorge magnifique; mais le tout un peu fort et sans beaucoup de distinction. Ce tableau semble l'original du portrait gravé de Le Blond.

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