‹ Jeunesse de Madame de LonguevilleChapitre 99 sur 180 · Madame de Motteville, t. Ier, p. SOI · texte numérisé non relu

Madame de Motteville, t. Ier, p. SOI

combat de Guise et de Coligny. On assura donc que le 12 décembre elle était dans un hôtel de la Place- Royale, chez la duchesse de Rohan, et que là, cachée à une fenêtre , derrière un rideau , elle avait vu la terrible rencontre.

Alors, comme aujourd'hui , c'était la poésie, c'està-dire la chanson, qui mettait le sceau à la popularité d'un événement. Quand l'événement était funeste, la chanson était une complainte burlesquement pathétique et toujours un peu railleuse. Telle est celle-ci, qui courut toutes les ruelles, et fut réellement chantée, car nous la trouvons dans le Recueil de chansons notées de l' Arsenal ' :

Essuyez vos beaux yeux, Madame de Longneville; Essuyez vos beaux yeux, Coligny se porte mieux.

S'il a demandé la vie.

Ne l'en blâmez nullement; Car c'est pour être votre amant Qu'il veut vivre éternellement.

Après la chanson, le roman ; Mme de Longueville eut aussi le sien. Un bel esprit du temps, dont le nom nous est inconnu, composa en cette occasion une nouvelle, où, sous des noms supposés, et mêlant le faux au vrai , il raconte la touchante aventure qui occupait alors tout Paris. Nous avons découvert cette nouvelle inédite du milieu du xvii* siècle à la biblio-

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