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LES QUILLES

Les Qwilles sont aussi bien un jeu d'enfants qu'un jeu d'hommes faits ; tout dépend de la grosseur des instruments qu'on emploie. Chacun sait qu'un jeu de quilles à l'usage des écoliers de tout âge se compose d'une boule en bois , un peu plus petite ou un peu plus grosse, et de neuf morceaux de bois polis , façonnés , ayant une forme conique allongée, et assez larges à leur base pour qu'ils puissent se maintenir en équilibre. Ces neuf morceaux de bois sont les quilles. On les place trois par trois sur trois rangs parallèles , à égale distance les unes des autres , de manière à former un carré, et on marque un but à une distance assez grande. C'est de ce but que les joueurs lancent la boule. Il s'agit d'abattre le plus grand nombre de quilles possible , et ordinairement chaque joueur,

à tour de rAle , joue deux coups de suite. Après les âeai coups, on relève les quilles abattues , et chacun tient compte de ses points. Toute quille abattue vaut un point; quelquefois on convient que la quille placée au milieu du jeu sera comptée pour trois points. La partie consiste en un certain nombre de points, et le gagnant est celui qui les a complétés le premier par son adresse k abattre plus de quilles que ses adversaires.

Dans la plupart des villages du midi de la France, aux jours de la fête patronale , les Ouilles jouent un grand

rdle ; après la danse , c'est l'exercice qui est le plus en honneur. Mais ici ce n'est plus un jeu d'enfants : les quilles ont deux ou trois pieds de haut; la boule est une grosse boule & jouer, qui ne peut être facilement maniée que par des mains vigoureuses; la distance à laquelle se placent les joueurs est au moins de cent pas. La condition imposée à tous ceux qui veulent prendre part b la lutte est d'abattre trois quilles d'un seul coup de boule, et de renouveler trois fois ce tour de force et d'adresse, non pas de suite, mais dans tout le cours du jeu. Le joueur qui accomplit le premier cette condition

est proclamé vainqueur aux sons du hautbois et du tambourin, et reçoit, pour prix de sa victoire, un beau mouton paré de rubans de diverses couleurs , non pas an jouet d'enfants , n'allez pas vous y tromper, mais un mouton vrai, un mouton bien vivant, le plus blanc et le plus gras du troupeau. En vérité, ce sont des fêtes charmantes que ces fêtes de village dans le midi de la France; tout y respire la gaieté et le bonheur sous ce ciel si pur et si beau. Quelle simplicité de mœurs, quelle douce hospitalité chez ces bons laboureurs! On se reçoit avec plaisir les uns chez les autres; la table est dressée en plein air, dans la petite cour de la maison, sous la treille qui étend çà et là ses rameaux et ses larges feuilles, et d*oii pendent les plus belles grappes de raisin. Pendant ce temps, le joueur de hautbois, après avoir reconduit avec honneur le vainqueur du jeu de Quilles, parcourt le village en jouant ses plus jolis airs et s'arrête de porte en porte. Que veut-il î il vient recevoir l'offrande accoutumée. Cette offrande est un gâteau de froment que la ménagère a pétri de ses mains, et qu'elle lui donne de bon cœur.

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