‹ Jeux des adolescentsChapitre 15 sur 48 · LA BALANÇOIRB ET LA BASCULE · texte numérisé non relu

LA BALANÇOIRB ET LA BASCULE

La Balançoire ou Escarpolette n'est pas un jeu proprement dit; ce n'est qu'un simple exercice. On attache so* lidement par ses deux extrémités une grosse corde aux plus fortes branches de deux arbres placés en regard l'un de l'autre et sur la même ligne, de manière que la partie la plus basse de cette corde soit à soixante-dix ou quatrevingts centimètres au-dessus du sol, et Ton a une bal an-

çoire dans toute sa simplicité. Pour plus de commodité, on fixe k plat , sur le milieu de la corde , une planchette de soixante-cinq ou soixante-dix centimètres de longueur, et de trente ou quarante centimètres de largeur : un petit fauteuil, s'il est solidement établi sur la corde, est encore plus commode qu'une planchette, mais c'est un luxe dont les jeunes gens peuvent très-bien se passer. Dans tous les cas, la personne qui veut se balancer s'assied sur le milieu de la corde nue, ou sur la planchette, ou dans le fauteuil , et saisit à droite et à gauche la corde de ses mains , les bras étant un peu élevés. Alors la balançoire est mise en mouvement par une autre personne , à l'aide d'une petite corde attachée à la grosse. On peut aussi se balancer soi-même, pourvu que les pieds puissent toucher le sol , et, par un vif mouvement des jambes et des bras, on pousse la balançoire, qui s'élève et s'abaisse alternativement en avant et en arrière. C'est là tout l'exercice de la balançoire, qui peut offrir quelque danger s'il n'est pas maintenu dans certaines limites, et nous avons à ce sujet quelques recommandations à faire aux jeunes gens. D'abord ils ne doivent jamais se tenir debout sur la corde ou sur la planchette; la position est bien moins assurée que quand on est assis, et une chute en serait d'autant plus grave. Ensuite, quand un de leurs camarades qu'ils balancent désire que la balançoire soit arrêtée, il ne faut pas que, par plaisanterie, ils s'obstinent ' à continuer le jeu, et surtout à y mettre plus d'action; ce serait exposer à quelque grave accident le camarade qui, pour se soustraire k ce supplice , laisserait échapper la corde et s'élancerait k terre. Enfin on ne doit pas se livrer k cet exercice immédiatement après le repas ; la digestion pourrait en être troublée.

La BasciUe est, comme la balançoire, un simple exercice, et l'instrument qu'on y emploie consiste en une poutre

l^ëre ou une planche assez forte placée dans son milieu sur nu morceau de boîs, sur une pierre ou tout autre objet solide, carré, peu élevé, et fonnant pivci. Les deux joueurs se placent aBsis, ou à cheval, chacun à l'une des extrémités de la poutre ou de la planche, et se soulèvent mulaelleraent de terre, l'un s'élevant pendant que l'autre s'abaisse, et réciproquement. Il faut seulement avoir le soin de rétablir de temps en temps l'équilibre de la planche qui, n'étant point assujettie sur le pivot, glisse tantât d'un c6té, tantôt de l'autre.

Ces deux jeux, et le second surtout, sont plutôt du domaine des jeunes filles que de celui des gardons. Cependant, comme ceux-«i en font * quelquefois leur amusement,

non pas seulement quand ils sont enfants , mais encore quand ils sont arrivés à l'âge d'hommes, nous devons en dire quelques mots. Chacun sait que le voient est un petit jouet léger comme un oiseau et consistant en une rondelle de liège garnie d'une couronne de petites plumes. Cha- Le voiani. *^"" ^^'' ^"*s' 1"^ l'instru-

ment qui sert ^ pousser ce jouet dans les air» s'appelle une raquette , et que cet instrument est formé d'un treillis de cordelettes à mailles serrées , enveloppé dans toute sa circonférence d'un cercle de bois qui s'allonge et se termine par une poignée Deux joueurs, armés chacun d'une raquette, se renvoient

de l'un h l'autre le volani, et toute la règle du jeu eat de ne pas le laisser tomber & terre. Peux bons joueurs ne doivent ni s'agiter outre mesure ni courir de côté el d'autre, mais suivre allentivemenl de l'œil le volant qui traverse les airs, le guetter et se tenir prêts à le repousser : ils doivent aussi mesurer la force du coup de la raquette sur la distance qui les sépare l'un de l'autre, de telle sorte qu'ils gardent pour ainsi dire la même position pendant tout le cours d'une partie. Lorsque le volant tombe à terre, la partie est terminée. S'il y a plus de deux joueurs intéressés dansunepartie, le rang de chacun est marqué d'avance, et celui qui, en jouant, fait une faute, cède la place & l'un de ceux qui attendent leur tour. Le Jeu des Grâces est une sorte de jeu de Volant , dans lequel le volant est remplacé par un petit cerceau

aux brillantes couleurs. C'est k l'aide de deux bâtonnets aussi élégamment vêtus, et manœuvres par chacun des deux joueurs , que ceux-ci se renvoient mutuellement le petit cerceau. Les joueurs habiles, au lieu d'un seul cerceau, en mettent deux en mouvement; les deux cerceaux

Toltigent ensemble et en sens coBtrsire dans ka airs, lefas et lances tantftt d'un cAté, tanlAt de l'autre.

Le DiaMe, qui a régné presque en souverain dans les premières années de ce siècle, n'a eu qu^une vogue éphémère; il ne reste plus aujourd'hui aucune trace de ce jouet, quetoutle monde a fait tourner et qui a fait tourner toutes les tètes, il y a quarante ans, et il ne vît guère encore un peuquedans le souvenirde ceux qui ont pratiqué le jeu ou qui l'ont vu pratiquer. Le Diable esl originaire de la Chine, oii il est connu depuis un temps immémorial. Lediablechinois est d'une grosseur énorme : ce n'est pas seulement un jouei, mais il sert comme la crécelle à certains colporteurs ambulants , et surtout aux mar- ^^^^^^^■■B^' ' chandsde gâteauxetde aucre- Le Diable, fieg, pour annoncerlcur appro-

che et attirer des pratiques. Ce hochet bruyant consiste en deux cylindres creux de métal, de bois ou de bambou, réunis au milieu par une courte traverse. Chacune dea cavités est percée d'un trou dans des sens opposés. La corde fait un nœud coulant autour de la traverse. Lors- ' qu'on suspend en l'air ce hochet et qu'on l'agite avec vitesse, il s'établit dans chacune des portiona de cylindre un courant d'air rapide, et l'on entend un ronflement semblable à celui que produit une toupie d'Allemagne.

Le diable chinois, importé en France, reçut, en devenant diable français, les plus heureux perfectionnements. Il ne consista plus en deux cylindres réunis, mais en deux . sphéroïdes ou deux boules allongées en forme d'œuf, taillées dans le même morceau de bois et creusées avec art. De plus, le diable français n*était pas serré par un nœud coulant; il roulait librement sur une corde faiblement tendue, et dont chaque extrémité, attachée à un bâtonnet, recevait un mouvement alternatif d'une intensité croissante par degrés. Lorsque le diable avait acquis , sous la main du joueur, un mouvement rapide de rotation, et faisait entendre les ronflements les plus formidables, le joueur, écartant les bras, donnait à la corde une certaine tension et envoyait le diable dans les airs; puis, le suivant des yeux dans sa course aérienne, il le recevait sur la corde au moment de sa chute, le lançait de nouveau et recommençait les mêmes exercices tant que le jeu lui plaisait. La mode s*en mêla bientôt ; il y eut des diables pour tous les goûts et pour toutes les fortunes ; on en fit avec les bois les plus précieux, on en fit même en cristal. On jouait dans les salons et dans les mansardes , on jouait sur les places publiques et dans les promenades , et ce ne fut pas un jeu seulement réservé k Tenfance, aux jeunes gens; les dames et même les personnages les plus graves , tous y signalèrent à Tenvi leur adresse, souvent au grand péril des glaces et des porcelaines d'un salon, souvent aussi au grand danger de la tête des promeneurs , lorsque le diable était lancé au loin par un joueur maladroit. Les inconvénients attachés à ce jeu sont peut-être le principal motif qui Ta fait abandonner et oublier si vite.

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