QUATRIÈME PARTIE
Avec cette quatrième partie nous passons à des jeux ou, pour mieux dire , k des exercices dont les uns ,* tels que la gymnastique et la natation , conviennent généralement k tous les âges, aux enfants comme aux jeunes gens ; tandis que d'autres, tels que Téquitation et Tescrime, qui ne sont pas d*un usage aussi général, sont plutôt destinés à la jeunesse qu*k Tenfance. Pour ne pas dépasser les limites que nous nous sommes imposées, nous ne prendrons de chacun de ces exercices que ce qui peut convenablement entrer dans le cadre de notre livre; on ne doit pas s'alteqdre à y trouver des traités spéciaux. Après la gymnastique, la natation, Téquitation et l'escrime, dont nous parlerons successivement, en donnant à chacune de ces parties une place proportionnée à l'importance que nous lui accordons, nous dirons quelques mots de l'arc, de l'arbalète, de la fronde, du patin et du bâton.
6TUNASTIQUB.
La gymnastique était regardée par les anciens comme si importante, que celte branche de l'éducation de la jeunesse occupait à elle seule plus de temps et recevait plus de soins que toutes les autres ensemble; et, tandis que celles-ci finissaient nécessairement par ne plus être cultivées, la gymnastique n'était jamais abandonnée: elle appartenait k tous les âges; seulement, k mesure
que Ton avançait dans la vie, on choisissait des exer^
I dces plus calmes et moins fatigants , en laissant à Fen-
: fance et à la jeunesse ceux qui demandaient le plus de
> force et d'agilité. Les anciens, et plus particulièrement
les Grecs , semblent avoir été pénétrés de celte idée , que
la santé de l'esprit ne va pas sans la santé du corps, et
; que, pour conserver celle-ci dans un état parfaitement
satisfaisant, nul moyen n'est plus efficace qu'un exercice
sagement réglé.
Les exercices gymnastiques avaient lieu dans des éta«> blissements publics appelés gymnases ^ et placés sous la surveillance et la direction de maîtres et d'officiers particuliers, dont le premier en dignité portait le titre de gymnasiarque ou chef du gymnase. Ces exercices étaient de deux sortes : de simples jeux , tels que la balle, la paume et la toupie , ou des luttes pareilles à celles qu'on donnait en spectacle dans les solennités publiques, c'està-dire la course, le jet du disque ou du palet; le saut, qui s'exécutait les mains tantôt libres tantôt chargées de poids plus ou moins considérables; la lutte corps à corps; enfin le pugilat, dans lequel les adversaires avaient les mains armées de gantelets de cuir.
Rome continua les traditions gymnastiques de la Grèce , sans adopter toutefois l'organisation de ses gymnases, la méthode régulière et les procédés systématique de ses exercices. Les Romains mettaient, il est vrai, un soin considérable à développer et à fortifier le corps; mais tous les exercices avaient pour but de former des hommes propres à la guerre. Tarquin l'Ancien fit construire le premier cirque où la jeunesse romaine se livra aux travaux de la gymnastique. Avant ce roi, les exercices avaient lieu dans une vaste enceinte, fermée d'un côté par le Tibre et de l'autre par une palissade. C'est k l'habitude de la gymnastique et des fatigues de
chaque jour renouvelées, que le soldat romain dut les grandes qualités qui le rendirent si longtemps victorieux.
Les exercices du corps conservèrent toute leur impor* tance jusqu'à l'invention de la poudre à canon. Dans le moyen âge, les joutes, les tournois, les carrousels, étaient de vrais jeux gymnastiques ; mais, lorsque la poudre à canon eut été découverte, les armes pesantes et compliquées devenant inutiles, les exercices du corps furent abandonnés, du moins en très-grande partie. Aujourd'hui la gymnastique a pris, dans l'éducation de la jeunesse, la place qui lui est due, et on a réuni dans un corps d'enseignement pratique les exercices propres à développer la force et la souplesse. Outre les heureux effets que ces exercices produisent sur la santé des jeunes gens, ils leur inspirent de la confiance dans certaines positions difficiles, et, en leur donnant la conscience de leurs propres forces, les aident à se tirer d'un danger ou à porter secours à leurs semblables.
La gymnastique, telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui dans les établissements publics, dans les lycées, dans les collèges, ne se propose pas de faire des athlètes ou d'enseigner aux jeunes gens k exécuter des tours de force. Nous ne pouvons mieux faire que de citer k ce sujet quelques passages du remarquable rapport de M. Bérard '. a Quelques personnes disent : « Nous ne voulons pas « faire de notre fils un athlète. » Que ces personnes se rassurent; ce n'est pas la gymnastique athlétique qu'il s'agit d'inaugurer dans les lycées. Il n'a pas fallu venir jusqu'à notre temps pour voir critiquer cette pratique vicieuse. Elle était déjà condamnée à une époque où l'on décernait des couronnes à ceux qui avaient terrassé leurs
1. Président de la Commission chargée de faire un rapport au ministre de l'Instruction publique sur renseignement de la gymnastique dans les lycées.
adversaires dans les jeux publics. Les hommes les plus éminents de l'antiquité avaient compris qu'un développement excessif des forces corporelles n'était pas le cachet d'une constitution vigoureuse , et qu'il ne s'obtenait qu'aux dépens des facultés de l'âme. L'illustre Platon disait de ceux qui s'adonnaient à la pratique exclusive des exercices corporels, qu'ils vivaient dans l'ignorance et la grossièreté, sans grâce et sans politesse.
c Tous les exercices qui ressemblent à*des tours de force doivent être sérieusement proscrits. Pour beaucoup de gens le mot gymncistique éveille l'idée de pratiques difficiles et dangereuses, d'accidents de toutes sortes, de contusions, de chutes, de membres foulés ou luxés, etc. Rien de tout cela n'est â craindre avec le soin qu'on a pris de faire un choix d'exercices bien appropriés à l'âge et à la force des enfants, et d'éliminer tous ceux qui pouvaient être inutiles ou dangereux. C'est ainsi qu'on ne permet pas cet exercice trop scabreux, qui consiste à marcher sur des piquets plantés dans le sol; c'est ainsi qu'on ne veut pas que des élèves, montés sur des poutres, simulent des chutes : il serait è craindre que l'imitation ne devînt quelquefois trop parfaite. On n'enseigne pas non plus aux élèves à escalader des murailles, soit en s'accrochant à leurs inégalités , soit en dressant près d'elles une sorte de pyramide vivante, composée de plusieurs étages d'hommes se tenant debout sur les épaules les uns des autres. Outre qu'un pareil exercice expose aux chutes, et à des chutes graves, l'art de l'escalade, pratiqué dans les lycfées hi les écoles, pourrait peut-être recevoir des applications prématurées. Enfin quelques autres exercices, tels que les rencontres de deux élèves sur une poutre, les différentes espèces de luttes, deux à deux, doivent être bannis de l'enseignement donné à la jeunesse , parce que dans ces rencontres les élèves pour-
raient s'entraîner dans une chute commune, et que les luttes finiraient peut-être par lourner au sérieux.
Les exercices gymnasiiques peuvent être rangés dans trois catégories distinctes : 1° les exercices qui sont faits sans le secours d'aucun instrument , d'aucune machine; 2° les exercices qui se font à l'aide d'instruments portatifs ; 3' les exercices qui ne sont exécutables qu'avec des machines fixes. Nous donnerons quelques détails sur chacun de ces trois genres d'exercices.
Bx«releca t»it» «Asm le m«ettutm d'aaeMB iHatrv- ■>eai. Avant tout, il importe, dans les exercices gymnasiiques, de donner aux enfants de bonnes habitudes, ils doivent donc apprendre dès le principe II bien tenir le corps et à s'affermir dans ce qu'on appelle la première position : les talons sur la même ligne et rapprochés autant que possible, les pieds un peu ouverts, les jambes tendues sans roideur , le corps d'aplomb sur les hanches, les épaules effacées et tombantes , Première posiiioQ. [gg ^ras allongés près du corps , les poings fermés sans contraction , les ongles tournés en avant , la léte droite, les yeux fixés devant soi. Lorsqu'ils sont bien affermis dans cette position, on leur fait exécuter quelques mouvements élémentaires , tels que le mouvement de tête k droite eu à gauche, te mouvement alternatif de la tête à droite et à gauche, le renversement de la tête en avant et en arrière, qui habituent peu à peu le cerveau à supporter de ]>etites secousses sans qu'il en soit péniblement affecté.
Il y a un grand nombre d'exercices qui s'exécutent sur place, et qui ont pour but d'assouplir les jambes et les
■^/^^5S^^ 225 ©25^iiA^
bras. Il suffira d*en citer quelques-uns. Ainsi , pour les mouvements des jambes ou des extrémités inférieures, exécutés au moyen du pas ordinaire gymnastique sur place, partez du pied gauche, levez le genou le plus haut possible ; pendant le mouvement , la partie de la jambe comprise entre le genou et le cou-de-pied est verticalement placée, la pointe du pied baissée; reposez le pied à terre à la position que vous venez de quitter; exécutez avec la jambe droite le même mouvement que celui qui a été décrit pour la jambe gauche. Cet exercice s'exécute alternativement des deux jambes, d*abord lentement, puis avec des vitesses graduées et plus ou moins prolongées. Pendant cet exercice, la tête reste droite , le corps un peu penché en avant, les bras pendants, les poings fermés.
Pour les mouvements des bras ou des extrémités supérieures, portez le plus haut possible les poi-
Mouvement des^ extrémités g^^ts fermés au-dessus de la tête , inférieures. j^g doigts so faisant facc ; ensuite
baissez-les vivement en les pliant à Tarticulalion du coude et en leur donnant une impulsion qui s'arrête sur le côté de la cuisse, et continuez ainsi les mêmes mouvements. ^ Pour faire mouvoir horizontalement les bras, placez les poignets, les ongles en dessus , à la hauteur des coudes, en fléchissant le bras à la saignée, et conservez entre les poignets la distance de la largeur des épaules. Alors lancez avec force les poignets en avant, puis reportez les coudes en arrière, et continuez ainsi ce mouvement.
Enfin le mouvement alternatif et continu des bras allongés s'exécute de la manière suivante : portez d'abord 202 o
le bras droit tendu en arrière du corps, le poing fermé ; levez alors en avant, et avec force, le bras tendu, et faitesle tourner parallèlement au corps, en décrivant le plus grand cercle possible avec le poignet, sans jamais plier le bras et en allant le plus vite possible. Après avoir exécuté ce mouvement un certain nombre de fois de suite, en commençant k lancer le bras en avant, répétez-le autant de fois en lançant les bras en arrière. C'est absolument le même mouvement fait dans le sens contraire. Le bras gauche exécutera à son tour les mêmes exercices.
Les exercices pyrrhiques ont encore pour but d'assouplir et de fortifier les jambes et les bras. S'il s'agit de porter les extrémités droites en avant, il faut se fendre droit, devant soi, de la jambe droile en avant, en allongeant vigoureusement le bras droit du même côté, les poings fermés, la jambe droite pliée, la jambe gauche tendue , ainsi que le bras gauche, le poignet gauche détachéde la cuisse, le pouce en l'air, la tête bien droite. Alors on ramène les extrémités droites en arrière, de manière que le talon droit se reporte près du milieu du pied gauche, et que l'avant- bras droit soit près des fausses côtes , le ' plus en arrière possible. Mais comme on ne ramène pas entièrement le corps en équilibre sur la jambe gauche , on se fend encore tout de suite en avant , comme il a été déjà dit , en lançant vigoureusement le poignet et la jambe droite en avant. Cet exercice se fait, d'après les mêmes principes , avec les extrémités gauches en avant.
La flexion des extrémités inférieures est un exercice très-utile. Pour vous mettre en position, rapprochez la pointe des pieds à 5 ou 6 centimètres d'écartement, et placez en même temps les mains sur les hanches , les quatre doigts en avant, le pouce en arrière. Ensuite abaissez le corps, en fléchissant sur les jarrets, les ge-
Flexion des extrémités.
nonx réunis. Le premier mouYement de flexion doit être peu prononcé , le deuxième un peu plus ample , et enfin le troisième et le quatrième auront le plus d'extension
possible» et de manière à faire toucher le haut des cuisses sur les talons. Ce mouvement est suivi d*un mouvement d'extension et se ccmtinue de la môme manière. Pendant cet exercice y le corps reste, autant que possible , verticalement placé, la tête droite.
Les Sauts. On peut sauter de bien des manières : nous n'indiquerons que les plus importantes , c'est-à-dire celles qui sont le plus habituellement pratiquées dani^les exercices gymnastiques et dont on trouve si souvent l'application dans les diverses circonstances de la vie. Tels sont le saut en largeur ou horizontal , le saut en profondeur ou vertical, enfin le saut en hauteur.
Saut en largeur. Pour le saut en largeur, à pieds jornts et sans élan, l'élève rapproche d'abord les pointes des pieds ; puis il fait une légère flexion des extrémités inférieures , jette les poignets en avant, à la hauteur et à la largeur des épaules , dans la direction que le corps doit parcourir, et se redresse. Il répète une seconde et une troisième fois le ihéme mouvement; mais, la dernièfre fois, il appuie fortement sur la pointe des pieds , et , par un mouvement subit et vigoureux d'extension des bras et des jambes, il franchit l'espace, et tombe le plus loin pos-
Saut en largeur.
sible sur la pointe des pieds. IL importe beaucoup de fiécfair les jambeE au moment où les pieds commencent à toucher terre, afin d'amortir la secousse produite par le poids du corps retombant sur lui-même. Cela fait, l'élève .se redresse sans efTort et replace les bras b leur position naturelle. Dans cet exercice, les élèves doivent s'habituer dans le principe k franchir des espaces peu considérables, afin de conserver l'équilibre du corps et d'acquérir peu à peu la souplesse. Des efi'orts exagérés n'auraient que de mauvais résultats.
8*B( «■ prvfoBdenr. Le saut en profondeur est un des exercices les plus utiles et en même temps les plus difSciles, et qui ne serait pas sans danger s'il • était fait sans précaution. Il doit
être d'abord exécuté & des hauteurs peu élevées, trèa-rapprochëes et très-graduées. En principe général , on ne doit sauter d'une plus ' grande hauteur que quand on a i sauté d'une manière parfaite la ■^ distance inférieure. Voici comment ^ cet exercice s'exécute : une fois placé à la hauteur d'où vous devez sauter, fermez les poignets, rapsaui ta profondeur, prochez les poinles des pieds et mettez-les en saillie k quelques centimètres. Ensuite fléchissez sur les extrémités inférieures en portant en même temps les poignets le plus haut possible. Exécutez encore deux fois le même mouvement. A la troisième fois, les pieds, en glissant, quittent le point d'appui : vous parcourez l'espace en élevant les poignets en raison inverse delà descente du corps; pendant le trajet, les jambes sont en ligne droite avec le corps pour exécuter an mou-
vement de flexion au moment même oii Ids pointes des pieds toacheni le sol. A ce moment, l'élévation des poipets est arrivée k sa plus grande hauteur ; vous flëcàissez sur toutes les articulations des membres inférieurs, pour vous redresser sans
S*Mt CB haatenr. Pour le Baut en haaleur, il faut fermer les poignets et rapproclier les pointes des pieds; puis fléchir sur les extrémités inférieures et jeter les poignets à la largeur des épaules dans la direction du trajet qu'on doit parcourir. Après avoir fait deux ou trois fois ce mouvement, on exécute ce qui a été déjà indiqué pour le saut en larsaat ta hiutenr. geur. La fofce du mouvemeut d'extension des jambes sera toujours vive et subite et proportionnée à la hauteur qui doit être franchie.
La Marche et Ik Coar««. La marche est le plus simple et le plus naturel des exercices du corps. Marcher, c'est déterminer une succession alternative des mouvements des extrémités inférieures : la pointe du pied est légèrement baissée et un peu tournée en dehors, les jarrets sont tendus sans roideur ; le corps est immobile et la partie supérieure un peu penchée en avant ; les bras tombent naturellement sans coniraclion des muscles ; le bras droit se porte en avant avec la jambe gauche, et il en est de même du bras gauche par rapport à la jambe droite. Dans la marche régulière, les paa doivent être égaux en longueur et en vitesse : quant à la vitesse, elle peut être portée graduellemenl de soixante-dix ou quatrevingts pas & cent dix ou cent vingt pas par minute. Pour
marcher en arrière, il faut incliner un peu en arrière la partie supérieure du corps ^ en conservant Timmobilité des épaules et de la tête. Le corps doit se porter sur la jambe droite ; le pied gauche se lève, et, se portant en arrière, arrive à terre la pointe en bas. On doit éviter de croiser les jambes.
Le pas gymnastique exige beaucoup plus de force et de souplesse que le pas ordinaire simple. Il s'exécute en levant la jambe et la cuisse de manière que la cuisse soit tout à fait horizontale et la jambe verticale , la pointe du pied tenue très-basse. Le pas gymnastique est difficile et pénible dans les commencements; mais bientôt, avec Thabitude, il ne fatigue pas plus que le pas ordinaire, et il exerce plus complètement les muscles.
Exécutée sur des plans inclinés, la marche exige une action musculaire plus considérable que lorsqu'elle a lieu sur un sol horizontal. Si Ton monte, l'effort s'opère dans un sens directement opposé à la tendance générale des corps graves; le corps est fortement courbé, le haut du tronc porté en avant ; l'action des muscles de la jambe et de la cuisse est considérable; la circulation du sang et la respiration sont bientôt accélérées par la violence des contractions musculaires. Si l'on descend, au contraire, l'effort consiste k retenir le corps, qui tend à tomber en avant; et c'est pour modérer la propension qu'il éprouve à projeter en avant son centre de gravité qu'on le porte en arrière, les genoux un peu fléchis, les talons appuyant sur la terre et les pas beaucoup plus courts ; il faut , en un mot , contracter tous les muscles des extrémités inférieures, et assimiler, pour ainsi dire, les jambes à ces bâtons dont les voyageurs font usage pour parcourir ' les pays montagneux. La marche n'agit pas seulement par les contractions qu'elle imprime à un grand nombre
de muscles, elle exerce encore la plus douce influence sur tous les organes et sur les fonctions qu'ils exécutent.
« La course est un exercice très-important, et un des plus difficiles à soutenir s'il s*agit de franchir rapidement une grande distance. Elle n'est cependant qu'un mouvement très-naturel appliqué aux jambes, et aidé d'une volonté ferme qui puisse le maintenir durant plus ou moins de temps*. »
Aussi ce qui fatigue le plus dans la course , ce n'e^t pas précisément le mouvement des jambes. Une fois qu'on est lancé, le corps se trouvant porté en avant en vertu de la force acquise par la course, les jambes n'ont, pour ainsi dire, pas autre chose k faire qu'à maintenir l'équilibre et à empêcher le corps de tomber, comme cela arrive assez ordinairement si le pied ou la jambe se heurte contre quelque objet. La plus grande difficulté à vaincre, dans les mouvements précipités et longtemps soutenus d'une course, c'est d'habituer la poitrine à supporter l'exercice violent auquel elle est soumise. Quand on court, un air toujours nouveau afflue dans les poumons, le sang circule plus vite, la respiration devient plus fréquente, la chaleur augmente rapidement, la sueur ne tarde pas à couvrir le corps et annonce la fatigue et l'épuisement. Hais, en s'exerçant par degrés, on ne tarde pas à s'accoutumer à cette surabondance d'air : au bout de peu de temps, les serrements de poitrine et d'estomac disparaissent presque toujours, et, si l'on a su ménager ses forces en commençant, si l'on s'est habitué à faire des pas bien réguliers, on arvive très-promptement à franchir à la course des distances considérables.
Voici quelques principes qui peuvent être facilement mis en pratique dans l'exercice de la course. Les avant-