LE BATON
Quel est celui d'entre nous qui, en traversant les Champs-Elysées, ne s'est pas arrêté quelques moments pour voir manœuvrer, au milieu d'un grand cercle de spectateurs, un véritable artiste, l'homme aux Bâtons, qui exécute avec un seul bâton, ou avec plusieurs bâtons à la fois , une série d'exercices aussi variés que curieux? Quelle rapidité , quelle précision dans les mou-
rements ! Quelle vigueur et quelle soupleBse tout ensemble daos les bras , les mains et les jambes I Quelle justesse dans le coup d'œil! Le bflton passe do la main droite dans la main gauche, de la gauche dans la droite, décrit autour des reins, de la poitrine, du cou , au-dessus de la tête , des cercles si rapides st si multipliés que l'ceil peut à peine suivre toutes ces évolutions. Et le moulinet, fait alternativement de la main droite et de la main gauche! On dirait que l'instrument est mis en mouvement par quelque machine k vapeur qui lui imprime une impulsion irrésistible. Un pareil athlète, armé de son b&ton, ne craindrait pas deux ou trois bandits qui viendraient l'attaquer avec des épées ou des sabres.
Hais, dira-t-on , ce sont Ib des tours de force qui n'ont '^ rien de commun avec ce qui - doit être enseigné ii la jeunesse. D'accord : nous sommes si parfaitement de cet avis, que nous avons déjk eu plu- Le BitDD. sieurs fois dans notre livre
l'occasion de dire que les exercices des jeunes gêna ne doivent jamais dégénérer en tours de force. Mais, si nous ne désirons nullement que les enfants deviennent plus tard des artistes en fait de jeux , des hommes au Bâton , nous voudrions qu'on ne négligeât aucun des exercices qui peuvent sans danger développer les forces du corps , donner aux membres de la souplesse et de l'agtlilé, et faire acquérir cette adresse , cette présence d'esprit, cette confiance en soi-même, h l'aide desquelles
-^-rjtsSiQ 278 (Qi2$t9^^
on se tire plus facilement d'un mauvais pas. Nous croyons donc que l'exercice du Bâton pourrait être enseigné, dans de certaines limites , en même temps que d'autres exercices gymnastiques, tels que la Barre de fer, les Haltères et les Mils. De plus, il peut aussi servir k donner des leçons d'équilibre. On place le bâton sur le bout du doigt, et, tout en le suivant de l'œil, ou marche en avant ou en arrière; on le fait passer d'un doigt à l'autre, de la main droite à la main gauche, en le maintenant toujours en équilibre , ce qui oblige le corps à faire des mouvements très-variés, mais sans secousses brusques.
JEUX DE l'arc et DE L'ARBALÈTE.
Le tir de l'Arc et celui de l'Arbalète seraient encore d'excellents jeux pour exercer les deux bras et donner au coup d'oeil de la justesse, s'ils n'offraient pas par euxmêmes d'assez graves inconvénients. Des enfants qui n'auraient pas , pour se livrer k cet exercice, un emplacement spécialement destiné k cet usage, qui ne seraient pas surveillés avec la plus grande attention, courraient le risque de se blesser , et de se blesser de la manière la plus funeste, par une flèche maladroitement lancée. Aussi l'exercice du tir k Tare ou k l'arbalète n'est-il plus guère pratiqué aujourd'hui que dans les foires et les fêtes des villes et des campagnes, où des entrepreneurs exposent aux coups des tireurs soit de petites poupées de plâtre, soit un but au centre duquel se trouve un mécanisme qui , au moment où il est frappé , fait paraître une fleur, une figure, une Victoire tenant une couronne k la main , trophée destiné k attester l'adresse sans pareille du vainqueur.
Tous les enfants savent ce que c'est qu'un arc. Quel est celui d'entre eux qui ne s'est pas amusé k confee*
lionner un petit arc avec une petite lame de baleine et an bout de ficelle ou de.gros fil, ei à lancer des flèches innocenies failes de brins de bois de la lonjzueur d'une allumelte? Mais peut-être que tous ne savent pas ce que c'est qu'une arbalète, ou du moins ne se fout pas une idée claire et précise du mécanisme de cet instrument. L'arbalète e&l un arc perfectionné. Pour s'en former une idée , il faut se représenter un bois de fusil , bois plus ou moins long , mais dépourvu de son canon, et portant au bout et en travers un arc de bois ou d'acier ; la corde de cet arc, étant amenée vers la crosse, s'arrête dans le cran d'une pièce qu'on appelle la noix : on pose la ilècba dans le canal ou la rainure qui, dans notre supposition , est occupée par le canon de fusil , ei , lorsqu'on __ presse une détente, la noix tourne sur elle-même, la corde se décroche, et pousse la flèche avec une vitesse proporlionnée & la force del'arc.
L'arc et l'arbalète , qui eonl aujourd'hui relégués pymi les jouets d'enfants, éuient autrefois des armes de guerre. Telle était la vigueur des archers de l'antiquité que, si l'on eu croit
un auteur du reste bien digne de foi , ils lançaient leurs flèches à une distance de plus de 500 pieds. Leur adresse et la justesse de leurs coups n'étaient pas moins remarquables. Qui ne connatt Thistoire de cet habile archer d' Amphipolis , qui , ayant à se plaindre du roi Philippe , se jeta dans la ville de Hëthone , que ce prince assiégeait, et lui creva Tœil droit en lui tirant une flèche sur laquelle il avait écrit ces mots : A l'œil droit de Philippe? Quel est aussi celui de nos jeunes lecteurs qui n*a pas lu la touchante histoire de cet intrépide montagnard suisse» de Guillaume Tell, qui fut obligé, par Tordre d*un cruel tyran, d'abattre d'un coup de flèche une pomme placée sur la tête de son fils, et parvint ensuite à. délivrer son pays de la domination étrangère?
Avant l'invention de la poudre k canon et des armes à feu , les archers et les arbalétriers formaient une partie importante des armées. La princesse Anne de Gomnène , dans l'histoire de l'empereur Alexis son père , raconte que les croisés qui assiégeaient Gonstantinople lançaient des flèches avec tant de roideur, au moyen de leurs arcs et de leurs arbalètes, qu'elles perçaient les meilleures armures et s'enfonçaient presque tout entières dans les murailles. Les arcs et les arbalètes étaient souvent d'une telle dimension, que pour bander ces armes les soldats se couchaient sur la terre à la renverse , appuyaient leurs pieds sur le milieu de l'arc et amenaient la corde vers la tête, en la tirant avec les deux mains. On peut lire dans le roman d'iDan/ioë, une des productions les plus remarquables de Walter Scott, le récit très-animé et très-intéressant d'une lutte au tir à l'arc, dans la fameuse passe d'armeà d'Ashby-la-Zouche.
-AtssQ î8ï igejw^
La Fronde , qui n'est plus aujourd'hui qu'un jouet d'eurauts , et un jouet dont on fait bien peu usage, était autrefois, comme l'arc, une arme assez redoutable. Nous liaons dans l'histoire sainte que le berger David, qui fut ensuite choisi de Dieu pour être roi d'Israël, tua le géant Goliath avec une pierre lancée au moyen d'une fronde. Les frondeurs de l'antiquité n'étaient pas moins remarquables que les archers pour la force et l'adresse qu'ils déployaient. Ils lançaient non-seulement des pierres , mais aussi des projectiles de plomb , à des distances très-considérables , et avec tant de .
force queni casques ni bou- ■ cliers n'étaient k l'épreuve .
des coups. Les habitants des lies Baléares passaient pour les plus ba- La Fronde. , ., / , ", , ,
biles frondeurs. La les
repas des enfants étaient la récompense de leur succès BU tir de la fronde. •■ Une mère, dit un historien digne de foi, ne permet à son enfant d'autre mets que celui qu'il a eu l'adresse d'atteindre avec le projectile de sa fronde. ■> Pauvres enfants! Us ont dû plus d'une fois, dans les commencements, déjeuner bien tard ou même ne pas déjeuner du tout. Nos écoliers sont plus heureux aujourd'hui ; ils n'ont autre chose à faire pour avoir leur déjeuner qu'il attendre que Theure de déjeuner soit arrivée : il est vrai qu'ils sont moins ha-
biles à lancer la fronde , mais ils s*en consolent facile- ^ ment.
On peut confectionner une fronde à peu de frais et sans un grand travail. On prend un morceau de cuir long comme la main et large comme trois doigts ; ou le taille en pointe aux deux extrémités ; on a deux morceaux de bonne ficelle ou de petite corde d'égale longueur, qu'on attache à chacun des bouts de ce morceau de cuir, et la fronde est faite* Pour se servir de ce jouet, on le prend par les bouts des cordes , on pose une pierre au milieu du morceau de cuir, et on fait le moulinet en tenant toujours l'extrémité des cordes; puis on en lâche une , et la pierre, s'échappant avec rapidité , est lancée à une distance plus ou moins considérable. C'est un exercice assez amusant; mais on ne peut guère s'y* livrer qu'en rase campagne, dans une plaine découverte, où l'on peut porter sa vue au loin devant soi et autour de soi , et s'assurer ainsi qu'on ne s'expose pas à blesser quelque passant inoffensif qui chemine dans les environs, ou quelque mouton non moins inoffensif qui broute tranquillement l'herbe de la prairie.
ê LE PATIN ET LES PATINEURS
Voici l'hiver, l'hiver dans toute sa rigueur : depuis plusieurs jours le froid se maintient 'à sept ou huit degrés. Bassins, étangs, lacs, canaux, prairies inondées, tout est couvert d'une couche épaisse de glace. C'est le moment de se livrer à l'exercice du Patin , d'aller jouer sur cette glace ferme, solide, unie et brillante comme un cristal.
On désigne sous le nom de 'patin une sorte de souschaussure dont on se sert pour glisser sur la glace. Le patin ^ est formé d'une sen^elle de bois, au-dessous et au milieu ,
Se laquelle est fixée, dans toute sa longueur, uive lame d'acier qui, limée carrément du c&té du talon, vient se recourbera lapointe,com[ne un de ces souliers bien connus qu'on appelle souliers k la poulains. Des courroies ou '*""'■ lanières de Cuir servent à at-
tacher cette chaussure et !i la maintenir sur le pied. On appelle patineurs ceux qui glissent sur la glace à l'aide du patin, soit pour se' divertir, soit pour voyager, comme nous le dirons (oui à l'heure. Un patineur doit apprendre k chauiiser lui-même ses palins, ce qu'il fera de la manière suivante : il placera sur la glace son mouchoir plié en plusieurs doubles, et le genou droit sur le mouchoir; dans cette position, il mettra le pied gaut^he sur le patin gauche et passera la plus longue lanière de cuirdans les anneaux de fer qui se trouvent sur les côtés du pied. Ou procède delà même manière pour le pied droit, et, une fois qu'on s'est relevé, on s'affermit sur les jambes en tenant le corps penché en avant.
Lorsqu'on veutse porter en avant, on pousse le pied droit obliquement à droite, et l'on redresse le corps, quidoit être alors eutièrement porté parla jambe droite ; on se jette ' ■■ ""■ sur la jambe gauche en
* '"""'^ répétant le mouvement,
pour le répéter encore de la jambe droite, et ainsi de suite. La chofiS importante, c'est de s'habituer d'abord à bien
-/Misas 284 Êusïs^ conserver Bon équilibre; eneuile, quand on est devenï! maître de ses mouvements, qu'on se sentbien affermi sti^^ les jambes, ou recherche la variélë el la grftce des attitudes, par exemple l'attitude qu'on désigne sous le nom de dehors m avant, et qui s'exécute de la manière suivante. Le patineur s'élance sur l'un ou l'autre pied, et il incline en même temps la télé, la jambe, le corps et le patin, du cAté oii il patine, en tenant l'autre jambe un peu élevée par derrière, les bras tantôt élevés et gracieusement arrondis vers la léie , tant&t croisés sur la poitrine , les mains tantôt derrière le dos ou placées sur les ban»
ches. Si l'on a commencé il eiéculerces mouvements avec la jambe di^oite, on les exécute ensuite avec la jambe gauche, en passant ainsi, allernativemenl de l'une k l'autre.
Pour s'arrêter au milieu d'une course, on penche le corps en avant en élevant l'extrémité des pieds uo piiin™. (Bg. V. réunis; les talons doivent
alors fortement appuyer sur la glace. Quand on a acquis une certaine habitude du patin, on s'arrête tout aussi facilement et d'une façon plus gracieuse par un coup de patin nommé arrêt postérieur, et qui s'exécute sans qu'on entende le bruit des lames. C'est aussi quand les patineurs sont devenus habiles par l'exercice. et la pratique, qu'ils s'amusent k faire soit seuls, soit ensemble, les , évolutions les plus variées, les uns simulant en patinant les figures d'une contredanse avec autant de grâce que s'ils étaient au milieu d'une salle de bal , les autres tra- t
igaiit rapidement sur la glace, avec le tranchant de leur Ipattn, les lettres de l'alphabet, les chiffres, dessinant des figures géométriques, même un oiseau, un arbre, un colimaçon, un vase de fleura.
Les enfants trop jeunes ou trop timides pour s'aventurer sur des patins organisentune partie de traîneau ets' amusent comme des princes, si toutefois les princes s'amusent. L'un d'eux s'assied dans le traîneau, et ses camarades, les uns s' attelant par devant, les autres poussant par derrière, le font glisser rapidement sur la glace.
Quand on a ainsi parcouru une certaine distance, celui qui était assis cède la place à un des camarades et s'attelle à la voiture. Chacun a son tour marqué pour traîner ou se faire traîner, il n'est pas inutile de recommander une bonne précaution aui enfants qui se livrent à cet amusement: celui d'entre eux qui reste immobile dans le traîneau fera toujours sagement de se couvrir les épaules d'un vêtement un peu chaud, qui pourra servir k tous ceux qui viendront successivement prendre place
I dans la voiture.
I L'exercice du patin, pris avec modération, est favo-
rable à la santé. Le mauvement qu*on se donne asfioaj les membres qui tendraient à s'engourdir, et Tair qu*on avale à pleins poumons développe la poitrine etli donne une nouvelle vigueur. Mais cet exercice , tout sa^ lutaire qu'il est, demande des précautions et de la pruH dence. Il expose à des chutes dangereuses, d'autant plui graves que la course est plus impétueuse. Généralement il ne faut s'aventurer que sur des eaux peu profondes, une prairie inondée, par exemple; dans tous les cas, il est utile de s'assurer que la glace est assez forte pour vouai porter, et il serait imprudent de courir sur la glace lorsque le dégel a commencé. On ne doit se permettre de patiner sur les rivières que quand elles sont si bien gelées et prises que les charrettes peuvent les traverser sans danger. Combien de fois une imprudence a été payée de; la vie ! On ne se repent jamais d'un excès de précaution. L'exercice du patin n'est pas nouveau, et il est proba* ble que la nécessité, plutôt que le désir de s'amuser, eo^ a donné la première idée. On ignore à quelle époque et chez quel peuple il a pris naissance. On sait seulement que les patins dont on fait usage aujourd'hui ont été inventés dans les Pays-Bas, et que c'est de là qu'ils nous sont venus. On voit en Hollande les laitières portant des vases pleins sur leur tête, tricotant pendant leur route, franchir en peu de temps des distances considérables pour aller vendre leur lait dans les villes environnantes. Elles font souvent de la sorte plusieurs lieues avec une rapidité merveilleuse, et qui n'est pas moindre de six lieues à Theure. Fitz>Stéphen, écrivain anglais du ] XII* siècle, rapporte que de son temps les jeunes gens de| Londres s'en allaient sur la rivière Serpentine lorsque la glace était assez forte; qu'ils attachaient sous leurs' pieds, en les assujettissant autour de la cheville, des os d'animaux, et que, armés d'un bâton ferré qu'ils pi-
Cfuaient dans la glace, ils avançaient avec une vitesse ^comparable à celle de Toiseau qui vole dans l'air ou de la flèche lancée par une main habile.
L*art de patiner n'est pour nous, qui habitons sous un climat tempéré, qu'un amusement passager ou tout au plus un exercice gymnastique; mais il devient une nécessité impérieuse pouf certains peuples des contrées les plus septentrionales de l'Europe, par exemple pour les Norvégiens. En Norvège, la terre est couverte d'une épaisse couche de neige pendant une grande partie de Tannée. C'est ordinairement aux jours du. dégel que la neige tombe et s'entasse sur la terre. Qu'au moment où la neige se fond, il survienne une gelée subite, voilà tout le pays couvert d'une couche de glace , trop mince pour soutenir un cheval, mais assez solide pour faire trébucher à chaque pas les plus habiles marcheurs. Aussi , il n*est guère moins utile pour les Norvégiens , et surtout pour les habitants des campagnes, de savoir patiner que de savoir marcher. Le Norvégien veut-il aller à la chasse? Faut-il qu'il aille dans la forêt pour ramasser du bois, ou qu'il se rende à la villd pour y chercher les provisions qu'il ne peut trouver dans son hameau isolé ? Il chausse ses patins, et le voilà parti, s'avançant sur la neige glacée avec une telle rapidité, que le meilleur cheval de course aurait peine à le suivre en courant sur une route ordinaire.
En Norvège, Texercice du patin est le complément obligé de toute éducation militaire. Il y a dans l'armée un régiment particulier qui porte le nom de régiment des patineurs. On ne peut voir sans étonnement ces intrépides soldats glisser en se jouant sur la pente glacée des montagnes, sans autre aide que deux flexibles planchettes de bois fixées à leurs pieds, et la remonter avec une
rapidité presque égale, sans autre soutien qu'un long pieu
armé de fer, semblable au bâton ferré dont on se sert Suisse pour parcourir les glaciers. C'est ainsi encore que ces soldats, munis de leurs patins, traTerseat les lacs et les rivières , s'arrêtent en un clin d'œil au milieu de la course la plus rapide, font l'exercice avec l'arme blanche ou le fusil , soit en courant, soit en restant en place , et exécutent les évolutions les plus difficiles avec une agilité merveilleuse.
LES BOtTLU Dl HUOB Bt LES COKSTBDCTIONB.
Puisque nous sommes en plein hiver, que nous parlons des jeux d'hiver, disons un mot des boules de
neige, des constructions de neige, des bonshommes de neige. Quel plaisir pour des écoliers, quand le matin ils aperçoivent à travers les croisées du dortoir ou de l'étude la cour entièrement couverte d'un beau tapis de neige ! Avec quelle impatience on attend l'heure de la
récréation ! Elle arrive enfin, cette heure tant désirée, et nos gaillards sont bientôt à Tœuvre. Les voilk qui ramassent à l'envi de la neige, pour la pétrir dans leurs mains et la façonner en forme de pelotes, de boules plus ou moins rondes, plus ou moins volumineuses. Quel usage veulent-ils faire de ces boules? Vontils se partager en deux camps rivaux, pour s'attaquer ensuite à Taide de ces projectiles vigoureusement lancés de côté et d'autre? Non, cela n'est pas un jeu, c'est une bataille condamnable, où l'on peut recevoir et donner de mauvais coups; non, ce n'est pas un jeu qu'un exercice dans lequel on peut avoir k regretter d'avoir fait une cruelle blessure à un camarade. Mettez donc, enfants, vos balles en réserve, vous en trouverez tout à l'beure l'emploi contre un ennemi qui ne se plaindra pas des coups qu'il recevra. Roulez une nappe de neige sur elle-même, faites-en un gros bloc, posez ce bloc sûr sa base, façonnez des jambes , si vous le pouvez, ajoutez des bras; qu'une grosse boule, placée au sommet, forme la tête; un morceau de neige allongé et appliqué au milieu de la figure fera le nez, deux trous seront les yeux. Maintenant, lancez toutes vos boules , dirigez tous vos coups contre le bonhomme, et celui d'entre vous qui lui abattra abroitement la tête sera proclamé vainqueur.
Si vous l'aimez mieux, et pour varier vos plaisirs, vous pouvez construire un château fort avec ses murailles et ses tours crénelées, figurer des canons qui défendent la place, enfin déployer dans ces constructions toutes les ressources de votre imagination et de votre goût pour l'architecture. Ensuite, attaquez le château à coups de boules de neige, comme vous avez fait tout à l'heure contre le bonhomme; ou bien , si votre œuvre vous paraît trop belle pour être détruite, conservez-la pour l'admirer à votre aise. Mais,
gare ! si le dégel survient pendant la nuit, le lendemain, à la place de ce chftteau qui vous a coûté tant de peines et qui faisait tant d*honneur à votre talent, vous ne trouverez plus que de Teau claire. Qu'importe ? vous vous êtes amusés, et c'est là pour vous le point essentiel.
->/v«.SSi3 291 ©2J2i»A/*
CINQUIÈME PAETIE.
RÉCRÉATIONS INTELLECTUELLES ; JEUX d'eSPRIT.
Nous réunissons sous ce titre un certain nombre d'exer
i cices dont quelques-uns exigent la marche et le mouve-
i ment au milieu des champs, des prairies et des bois,
tandis que les autres se passent tranquillement dans un
salon, au milieu des douces et charmantes réunions de
I famille. Ainsi, pour ne citer que les principaux sujets
que nous allons traiter successivement , la chasse aux
papillons et aux insectes, l'herborisation, la culture des
fleurs, l'éducation des vers à soie, le dessin, le coloriage,
la lanterne magique, les ombres chinoises et quelques
autres récréations moins importantes feront l'objet de
I cette cinquième partie, que nous terminerons par les chà-
I rades ei^ action.