‹ Jeux des adolescentsChapitre 33 sur 48 · HERBORISATION , HERBIER · texte numérisé non relu

HERBORISATION , HERBIER

Tout à l'heure nous avons parcouru les prairies et nous avons fait la chasse aux papillons et aux insectes. Voulez-vous que nous fassions aujourd'hui une promenade dans les bois, pour y recueillir des plantes et des fleurs qui vous serviront à faire une collection tout aussi intéressante que celle de vos papillons et de vos insectes ? Notre bagage ne sera encore cette fois ni bien lourd ni bien embarrassant : une boîte de forme longue en ferblanc pour conserver les plantes fraîches et entières ; un instrument pour arracher les plantes, tel qu'une canne à lancOy une houlette, ou même tout simplement une petite

bêche année de fer, semblable à celle dont vous pouvez vous servir pour le jardinage.

Ce n'est pas le moment de vous donner sur l'organisation des plantes et sur les nombreuses familles auxquelles ces plantes appartiennent des notions scientifiques qui ne sont nullement l'objet de notre livre. Nous voulons ici seulement vous enseigner le moyen de conserver les plantes que vous avez recueillies dans des promenades faites en compagnie de votre père ou de vos maîtres, qui pourront vous aider de leurs conseils pour choisir telle plante plutôt que telle autre.

Voici donc comment vous composerez votre herbier. Vous aurez préparé un cahier. avec du papier grossier, du papier gris, collé ou non , mais plutôt alimé, c'est-àdire enduit d'une légère couche d*alun. Vous essuyez les plantes, si elles sont mouillées; vous les étalez séparément dans les feuilles du cahier, de manière que la forme et la position naturelle des parties soient aussi bien conservées qu'il est possible. Les plantes, ainsi disposées, sont mises en presse. La pression, surtout dans les premiers jours, doit être modérée. Trop forte, elle écraserait les parties épaisses; trop faible, elle ne ferait pas sortir l'humidité du tissu , et les plantes finiraient bientôt par se pourrir.

Lorsqu'elles sont suffisamment desséchées, vous placez chacun de vos échantillons dans une nouvelle feuille de papier, et vous pouvez, en interrogeant vos souvenirs et à l'aide de quelques conseils, écrire sur la feuille le nom de la plante et la localité où vous l'avez cueillie. Si vous avez le soin de visiter vos plantes assez souvent et de les changer de papier lorsque vous apercevrez la moindre trace d'humidité, vous aurez la satisfaction de les conserver longtemps. Rien n'empêche même de les fixer sur des feuilles par des bandes étroites de papier qui,

collées à chaque bout de la plante, la retiennent et Vassujettissent de manière qu'elle n*est plus dérangée de sa position quand vous ouvrez^ ou que vous feuilletez votre herbier. Vous pouvez encore appliquer vos fleurs sur le papier au moyen d'une solution de gomme.

Après avoir pris tous ces soins pour bien arranger vos plantes, il vous faut les mettre à l'abri des insectes qui se glissent partout et qui les dévoreraient sans pitié. Comme votre herbier ne sera pas bien considérable, il suffira généralement de l'enfermer dans les tiroirs d'un meuble et de semer çà et là quelques morceaux de camphre dans ces tiroirs. Il y a des procédés plus efficaces pour écarter les insectes; mais, comme il faut y employer des substances dangereuses , nous ne croyons pas devoir les indiquer. Nous aimons mieux compter avec vpus tous les plaisirs que vous devez à votre herbier : d'abord des promenades charmantes à travers les champs et les bois, et par conséquent un exercice salutaire à votre santé ; ensuite un excellent appétit, dont vous avez donné de si bonnes preuves pendant le déjeuner; enfin un agréable passe-temps dans l'arrangement des plantes, dans la confection de votre herbier, et, quand vous feuilletez cet herbier, vous vous rappelez tous les lieux que vous avez parcourus : à chaque plante est attaché un souvenir.

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