‹ Jeux des adolescentsChapitre 34 sur 48 · JARDINAGE, CULTURE DBS FLEURS · texte numérisé non relu

JARDINAGE, CULTURE DBS FLEURS

Vous avez lu l'histoire de France et vous connaisses ^ la triste destinée de ce jeune prince qui porta bien pea

de temps le nom de Louis XVII , après la catastrophe ^

qui enleva à son infortuné père Louis XVI la couronne \ et la vie. Le royal enfant n'avait pas de plus grand

plaisir que d'apporter tous les matins à la reine Marie- .

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Antoinette, sa mère, un bouquet de fleurs qu'il avait cultivées et cueillies de ses mains dans un petit coin réservé des jardins de Versailles. C'est qu'en effet rien n'est plus &gr<éable, rien ne cause un plaisir plus doux que la culture d*un petit jardin, que là vue de ces fleurs que l'on a plantées, qui grandissent, se développent et s'épanouissent sous vos yeux.

Les premières conditions pour l'éducation des plantes sont celles qui regardent l'air, la lumière, l'humidité et la chaleur. Les plantes ont besoin d'air; elles respirent comme nous ; l'air est aussi utile à leur nutrition qu'à notre existence. Ainsi , quand une plante formera une touffe trop serrée, il faudra rétablir la circulation de l'air entre toutes ses parties, en enlevant des feuilles et même des branches, si cela est nécessaire. L'instrument dont vous vous servirez pour cette opération sera soit une simple paire de ciseaux, soit une petite serpette que vous manierez avec prudence.

C'est la lumière qui colore le feuillage et les fruits et qui donne aux fleurs ces belles nuances dont l'éclat charme, la vue. Pour ce qui concerne l'humidité , il faut ménager les arrosements aux plantes grasses, et ne pas les épargner aux autres. Règle générale , n'arrosez les plantes grasses que lorsque la terre des vases qui les renferment est desséchée à un pouce de profondeur de la surface. Les plantes ordinaires demandent de l'eau aussitôt que la sécheresse a pénétré à une profondeur de trois ou quatre lignes. L'heure des arrosements n'est pas indifférente. Au printemps et à l'automne, c'est-à-dire tant que la chaleur du jour aura besoin d'être conservée dans la terre pendant la nuit, arrosez le matin, afin que le soleil ait le temps de réchauffer la terre avant la fraîcheur du soir. L'été, arrosez le soir, pour que la fraîcheur, qui est si salutaire à cette époque

(le l'année, puisse se conserver toute la nuit dans les racines.

La chaleur est peut-être la cause la plus active de l'accroissement plus ou moins rapide que prennent les plantes; mais il ne faut pas qu'elle soit trop considé* rable. Choisissez pour vos petits jardins l'exposition du levant ou du couchant ; si vous n'avez pas le choix de l'exposition , celle du midi pourrait encore vous suffire. Vos fleurs exposées au Jiord ne prospéreraient pas. Lorsque la pluie ou le vent a couché quelqu'une de vos plantes, relevez-la avec précaution, plantez en terre un tuteur, c'est-à-dire une petite baguette qui la soutiendra au moyen d'un brin d'herbe ou de jonc dont vous vous servirez comme d'un lien. A mesure que vous voyez pousser les mauvaises herbes^ les plantes parasites, arrachez-les, et donnez de temps en temps quelques coups de bêche pour remuer la terre et la rendre plus facilement perméable h. la chaleur et à l'humidité.

Quant aux plantes que vous vous plaisez à cultiver pour orner la croisée de votre chambre, vous aurez à . combattre des ennemis redoutables ; ce sont certains insectes, et entre autres les fourmis et les pucerons. On ne détruit pas facilement les fourmis, mais on peut s'en garantir. Placez près de la plante un vase rempli d'eau miellée : les fourmis, qui en sont très-friandes, viendront toutes s'y prendre et s'y noyer. Si elles attaquent une caisse dans laquelle vous cultivée un arbuste, vous les empêcherez de grimper sur le feuillage en attachant autour de la tige un flocon de laine qui sera pour elles ^ un obstacle insurmontable. Quant aux pucerons et aux autres insectes nuisibles, le meilleur moyen de s'en débarrasser, c'est de laver les plantes qui en sont infectées avec une décoction de tabac ou avec de l'eau de savon.

Vous avez encore un moyen d'avoir des fleurs , même ^

en hiver, dans les appartements , et d*orner les cheminées à peu de frais. Au mois de septembre , vous remplissez d'eau de petites carafes de verre blanc ou bleu, de porcelaine ou de faïence. Jetez-y quelques grains de sel; posez ensuite un oignon de jacinthe, de narcisse, ou tout autre oignon à fleur, de manière que la couronne seulement soit plongée dans Teau. Vous ajoutez de Teau à mesure que Toignon en absorbe. Il faut que la chaleur deTappartemeut soit modérée; la chaleur d'un poêle serait nuisible, si elle était trop vivement poussée. Au bout de quelques jours , vous voyez les racines s'allonger dans l'eau, la lige de la fleur sortir peu k peu de l'oignon, et vous pouvez ainsi observer jour par jour les progrès de votre plante, jusqu'à ce qu'elle arrive à une floraison complète et qu'elle s'épanouisse dans toute sa beauté. Seulement, il faut que vous sachiez que les oignons employés à cette culture sont entièrement sacrifiés et ne peuvent plus servir pour une reproduction nouvelle.

DESSIN, COLORIAOE.

Dessin. Ce ne sont pas des leçons de dessin proprement dites que nous avons la prétention devons donner; nous laissons à vos parents et à vos maîtres le soin de choisir la meilleure méthode pour vous enseigner cet art, auquel vous prendrez goût certainement, et qui, à tout âge, sera pour vous une des plus agréables distractions après des travaux sérieux. Nous voulons seulement vous donner le moyen d'occuper vos loisirs les jours de congé, lorsque le mauvais temps ne permet pas la promenade , ou que vous voulez passer d'un jeu actif k un exercice paisible. Vous pouvez, au moyen du calque, reproduire un dessin qui vous plaît, un paysage, des vaches dans une prairie, un beau chien de chasse en arrêt sur un lièvre.

des chevaux de course avec leurs jockeys, des soldats français aux prises avec les Russes.

Calquer, c*est copier le plus exactement possible un modèle. Il existe plusieurs procédés également bons pour calquer; mais la plupart exigent remploi d'instruments que vous ne sauriez peut-être pas manier : voici le pro* cédé le plus simple. Vous prenez une feuille de papier blanc, vous la placez sur le dessin que vous voulez copier, et vous les attachez ensemble avec des épingles, de façon qu'ils ne puissent pas se déranger; ensuite vous les appliquez sur un carreau bien propre et sans défaut. U faut toujours choisir un carreau un peu élevé, afin que la lumière soit plus nette et plus vive. Alors, soit avec un crayon de mine de plomb, soit avec un crayon à dessin , vous tracez sur votre papier tous les traits que vous voyez sur le modèle. Quand ce travail est fini, vous détachez le papier, vous vous placez à une table , et là , le modèle sous les yeux, vous rectifiez les lignes mal tirées, et vous tâchez de transporter sur votre papier tous les petits détails qui vous ont d'abord échappe.

Quand vous serez plus exercés et par conséquent plus habiles, vous pourrez vous permettre de calquer même un tableau , pourvu qu'il soit de petite dimension , et voici comment vous procéderez. Ici vous ne vous servirez pas de papier ordinaire , car il ne serait pas assez transparent, et la lumière ne viendrait éclairer ni le papier ni le tableau. Vous ferez usage de papier végétal, que vous appliquerez sur le tableau , et , pour tracer les traits, vous aurez encore recours à un crayon, comme dans le calque d'un dessin sur papier, ou, si vous Taimez mieux, à une pointe fine, dite pointe à calquer, dont se servent les graveurs; mais vous aurez bien soin de ne pas appuyer trop fortement , de peur d'endommager le tableau.

Coloriage. Maintenant passons à une autre opération. Voilà votre calque fini, votre dessin reproduit; vous voulez le colorier, Tenluminer. Avant tout, éprouvez votre papier, examinez s'il ne boit pas l'eau : s'il a ce défaut, commencez par le coller, c'est-à-dire par y mettre un enduit qui Tempêche de boire et qui se vend tout préparé chez les marchands de couleurs. Si le papier ne boit pas, la préparation devient inutile.

Votre boîte de couleurs est munie d'un certain nombre de godets et de pinceaux : c'est dans les godets que vous délayez les couleurs dont vous avez besoin, et, quand vous passez d'une couleur ou d'une nuance à l'autre , il est nécessaire de laver vos pinceaux dans un verre d'eau et de les essuyer avec un chiffon. Par mesure de précaution , n'approchez jamais ni pinceaux ni couleur de vos lèvres : car il y a des couleurs qui sont des poisons, entre autres, le vermillon, le rouge de Saturne et la gomme- gutte. Lorsque vous avez colorié une partie de votre dessin, laissez bien sécher cette couleur avant d'en placer une autre à côté ; autrement elles se mêleraient ensemble et ne vous offriraient plus qu'un coloriage informe.

Il y a souvent des occasions où l'on est obligé de nuancer les couleurs, de faire des parties foncées et d'autres plus claires. Commencez par étendre partout bien uniformément la nuance la plus claire, laissez-la sécher et placez ensuite les nuances les plus foncées , résultat que vous obtiendrez avec la même couleur délayée dans une moindre quantité d'eau. Si vous voulez donner une teinte unie, humectez suffisamment votre pinceau et étendez la couleur avec rapidité; vous éviterez ainsi d'avoir des parties plus foncées qui feraient tache.

U vous sera facile d'appliquer ces procédés à la confection des cartes géographiques; c'est un excellent moyen

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d'apprendre la géographie tout en s'amusant, et, si vous apportez du soin et de la persévérance à votre travail , vous aurez bientôt un petit atlas qui vous fera honneur, et que vous pourrez offrir à votre mère le jour de sa fête.

Procédez de la manière suivante pour confectionner une carte de géographie. Partagez la carte qui vous sert de modèle ep petits carrés que vous tracerez simplement au crayon, afm de pouvoir les effacer plus tard sans difficulté; faites la même opération sur votre feuille de papier, c'est-à-dire tracez-y des carrés tout à fait semblables pour les dimensions à ceux de votre modèle et en nombre égal, bien entendu. Copiez aussi exactement que possible, dans chacun des carrés de votre papier, les parties correspondantes de la carte; vous tracerez ensuite les degrés de longitude et de latitude, tels qu'ils sont indiqués sur le modèle. S'ils sont représentés par des lignes droites, il suffit de marquer deux points pour chacun et de réunir ces deux points par une ligne droite à l'aide d'une règle : s'ils sont courbes, on détermine trois ou quatre points de chacun, on courbe une règle flexible, une règle en baleine par exemple, de manière qu'elle passe par ces points , et on trace cette courbe avec le crayon. Enfin vous mettez la dernière main à votre œuvre par l'écriture des noms les plus importants et par le coloriage , dont les procédés vous ont été déjà indiqués.

Dessin à la sanee. Nous voulons encore vous enseigner une manière aussi facile qu'amusante de vous procurer de jolis dessins , surtout à la campagne, où vous pourrez glaner dans le jardin les modèles que la nature vous offre en si grand nombre. Ayez un album, quelques feuilles de papier blanc, et achetez pour quelques sous, chez un marchand de couleurs , une espèce de crayon noir ou plutôt de fusain qu'on désigne vulgairement

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sous le nom de sauce. Frottez sur une feuille de papier un morceau de ce crayon , de manière à obtenir une couche qui ne soit ni trop mince ni trop épaisse; voilà votre sauce prête. Vous avez fait choix de quelques feuilles de plantes ou d'arbustes, les plus jolies, les plus délicates que vous aurez pu trouver : prenez une de ces feuilles , placez-la sur votre sauce par la face de dessus, et couvrez-la d'un morceau de papier; passez le doigt sur le papier partout où vous sentez la feuille au-dessous, de telle sorte qu'elle s'imprègne de la sauce dans toutes ses parties : mais n'appuyez pas trop fort, de peur de l'écraser. Gela fait, ôtez le morceau de papier, saisissez délicatement la feuille, et appliquez-la par la face saucée sur une page de votre album. Prenez un autre morceau de papier bien propre, metlez-le sur la feuille, et passez le doigt comme vous avez déjà fait, en ayant soin de le promener partout où vous sentez la feuille. Enlevez alors feuille et papier, et vous aurez sur votre album une image fidèle, une reproduction exacte de la feuille. Mais nous devons vous prévenir que les dessins obtenus par ce procédé s'effacent assez facilement, et qu'il est bon d'avoir le soin de les recouvrir de papier de soie. On peut même les rendre .plus durables en les trempant dans du lait ; mais alors il faut faire chaque dessin à part, et le placer dans Talbum au moyen de colle à bouche , quand il a subi l'opération et qu'il est parfaitement sec.

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