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raon sont vénéneuses, le produit lui-même dégage des vapeurs très mauvaises à respirer. La préparation que nous indiquons ne saurait être faite que par des grandes personnes quelque peu initiées aux manipulations chimiques, et l’expérience de combustion du sulfocyanure de mercure devra toujours être exécutée en plein air.
Nous terminerons l’énumération des récréations chimiques en signalant quelques expériences amusantes qui n’offrent aucun inconvénient et que tout le monde peut exécuter sans dangers.
Le tableau magique. — Choisissez deux morceaux de verre blanc, d’environ 0m,15 de largeur et 0m,20 de hauteur; il faut qu’ils soient bien plans et de même grandeur. Posez-Ies l’un sur l’autre, de manière qu’il y ait entre eux un espace vide d’une très faible épaisseur, une demi-ligne d’épaisseur tout au plus. Fixez ces verres par leurs bords avec un mastic formé d’un peu de chaux éteinte et de blanc d’œuf; couvrez les jointures avec une bandelette de papier, en ayant soin de ménager dans le haut une toute petite ouverture pour introduire entre les deux verres la composition suivante :
Faites fondre à petit feu, au bain-marie si possible, 150 grammes de graisse fine et environ 15 grammes de cire bien blanche. 30 gr
Ajoutez-y 30 grammes d’huile de lin bien claire; quand le tout est fondu et très liquide, remplissez-en l’espace qui sépare les deux verres et bouchez bien le trou.
Cela fait, collez une gravure ou une petite lithographie en couleur derrière l’un des verres, la gravure tournée en dedans.
Le mélange coulé, se solidifiera en refroidissant et empêchera de voir le tableau ; mais le moindre rayon de soleil, la plus petite élévation de température, lui rendront sa fluidité et sa transparence, et laisseront voir distinctement la peinture. On aura ainsi un tableau magique qui apparaîtra seulement quand on l’exposera à un soleil ardent ou qu’on l’approchera légèrement du feu.
Tableau représentant à volonté l'hiver et le printemps. — Dessinez avec de l’encre ordinaire un paysage représentant l’hiver, c’est-à-dire une campagne sans verdure; ajoutez les / feuilles aux arbres, l'herbe dans la prairie en vous servant en guise d’encre d’un liquide formé de chlorure de cobalt en cy-'ex dissolution dans l’eau. Ce liquide constitue Y encre de sympathie ; quand il est sec sur le papier, il est aussi peu visible que de
l’eau. Placez ce dessin dans un cadre muni d’un verre, lorsque vous présenterez ce tableau a l’action des rayons solaires, tous les objets colorés qui étaient restés invisibles paraîtront avec une couleur verte; le printemps aura succédé à l’hiver comme par enchantement. L’action de la chaleur produira le même effet.
Les tableaux magiques du genre de ceux que nous venons de décrire étaient fort usités autrefois, et nos pères, plus qu'au jourd’hui, aimaient à se récréer des jeux du jeune âge.
Itoses blanches devenant rouges quand on y verse de l'eau de Cologne. — Le rouge d’aniline en poudre, que l’on trouve chez tous les marchands de produits chimiques, a une grande puissance colorante, et il se dissout très facilement dans l’alcool ou dans l’eau de Cologne qui est, comme on le sait, essentiellement formée d’alcool.
11 suffit de saupoudrer une rose blanche dépoussiéré de rouge d’aniline, puis de la bien secouer afin que toute la poussière tombe; il n’en reste que quelques parcelles inappréciables à la vue. Si peu qu’il en reste, il s’en trouvera toujours assez pour que la rose blanche devienne subitement rouge quand on y verse l’eau de Cologne. On peut cà l’avance jeter quelques parcelles pulvérulentes de rouge d’aniline sur la rose blanche que l’on a laissée sur sa tige; une personne non prévenue est priée d’arroser cette rose avec quelques gouttes d’eau de Cologne. On concevra son étonnement en la voyant subitement devenir rouge.
C’est par cette expérience amusante que nous terminerons les premières notions de la chimie pour le jeune âge. Les grands lecteurs, qui veulent bien nous suivre dans cette introduction, sauront assurément en imaginer d’autres. 11 aura suffi que nous leur en ayons donné quelques exemples.
Et maintenant, nous serons tenté de dire comme Tôpffer, ce grand maître en l’art d’amuser la jeunesse :
Va, petit livre, et choisis ton monde. »