SCÈNE 2mr
Les précédents : & Roi, (il entre les bras croisés sur sa poitrine, les deux soldats ont un genou à terre et pré sentent les armes.)
Le Ror.
Que la nuit m’a paru longue, ô mon Dieu! Il me tarde dé voir arriver les dépêches de Naples!.....Moi qui ne voulait que leur bonheur ! Un jour ilsse repentiront d’avoir porté la main sur leur Roi!..…..Éloignons tout de ma pensée !.....(Il aperçoit les deux soldats.) Ah ! Ils me rendent les honneurs de la royauté.….il est donc encore des,
cœurs qui m'aiment ici.....Merci, mes amis, merci, relevez. vous... Vous aimez donc encore votre Roi ?
4 Le Francis (avec larmes dans la voix.)
Si nous aimons votre Majesté ?...Oh! Sire! N'en doutez pas, j'ai combattu sous vos ordres, alors que vous ‘étiez général, à la bataille d’Eyleau et ae Wagram, je faisais partie avec plusieurs de mes amis, du 61e régiment de ligne, j'ai fait une charge sous votre commandement; oh! oui, Sire, je me rappelle ce jour, où aux cris mille fois répétés de Vive l'Empereur ! Vive la France nous culbutions les carrés ennemis !
LE Rotï (ému.)
Brave soldats !
PAOLA
Et moi, Sire, je n’ai pas eu le bonheur de vous accompagner sur un champ dé bataille......mais, je n’ai pas oublié qu’une nuit...un incendie détruisit toutes nos propriétés. mon pauvre père fut enseveli sous les ruines......Ma bonne mère seule survécut...mais elle était sans ressources !...Vous vîntes au Pizzo avec notre bien-aimée Reine Ce- ..elle implora votre pitié et vous lui donnâtes le :: . ‘ie ce qu’elle avait perdu !
Le Roï (ému.)
Assez ! assez ! mon enfant, je n’ai fait que mon devoir d'homme et de Roi.
PAOLA
Non, Sire! Non, ce-n’est pas assez, il fallait vous prouver notre réconnaissance, la mienne surtout, je ne vis qu'un moyen. c'était de me faire soldat, combattre et mourit pour mon Roi! ?
LE Ro,
Hélas mon enfant, tout est fini pour ma royauté !...la mort seule, ,.,
PAOLA (avec force.)
La mort ! Nonk Non! Sire, les lâches ! Ils ne voudront pas, ils ne pourront pas vous condamner! c’est impossible! Vous le Roï...que des malheurs ont renversés de son trône !...oh! non cela ne se peut pas.
LE Roi.
La mort ne m’effraye pas, mes amis, si on me donre des juges, s’ils me condamnent je la subirai sans murmurer.....Mais...retirez vous mes enfants, je me sens besoin d’être seul un instant (à Francis.) ta main mon brave !
FRANCIS (se précipite sur la main du Roi et l’em- * brasse.)
Ah! Sire!
Le Rot (à Paola:)
Et toi, jeune homme.
PaoLa (avec feu et sanglottant,)
Moi, Sire! ce n’est pas ma main que je voudrais vous donner, c’est mon cœur, c’est mon sang ! C'est ma vie !.… à mon Dieu ! que je souffre !
LE Roi.
Allez, allez, mes amis; votre douleur me fait mal.
” PaoLaA (s’en allant au fond.
Francis! Vois-tu notre Roi.…..C’est Luidgy, c’est ce traître qui l’a conduit ici......C’est lui qui l’a livré à ses ennemis comme Judas a livré le Christ !...Eh bien je jure qu’il lui arrivera malheur 1