‹ Joachim Murat, roi des Deux Siciles [microforme]Chapitre 3 sur 16 · SCÈNE 3me. (Ils sortent · texte numérisé non relu

SCÈNE 3me. (Ils sortent

Le Ror (seul, les regardant sortir.)

Ah! si tous les homines ressemblaient à ceux-ci, si tout napolitain pensait comme eux, je serais assuré de mon trône !...Ah ! tout est fini !...Oh! Napoléon! Napoléon ! Tu m'as traité bien sévérement ! Sans toi je ne serais pas venu me jeter sur ce rivage au milieu de tous mes ennemis, des vils partisans de Ferdinand qui s’est emparé de mon trône et qui quoique entouré de gardes, tremble encore de me voir revenir et pour sa sécurité, j'en ai honte pour lui, il ne reculera pas pour me traduire devant une cour martiale ! Ah ! oui, Napoléon, à tes yeux peut-être, je mérite des reproches, cependant tu devais te rappeler qu’il y avait

deux hommes en moi; le soldat dont tu avais fait un frère”

et de ce frère dont tu as fait un Roi! Tu m’as mis autour du front un cercle de fer qu’on appelle une couronne et qui rend fou !...Oui, comme frère, j'ai eu des torts, mais comme Roi, sur mon âme, je ne pouvais faire autrement ! Je me vois encore environné d’un peuple et d’un régiment ! Ce peuple hurlait dans les rues!...Il n’y avait plus qu’à choisir, ou perdre ma couronne par ce naufrage révolution. naire ou faire massacrer ce peuple !...Je me voyais placé entre ma concience et ma famille !...Si j'eusse été seul, j'aurais passé au milieu d’une flotte dans mn bateau ou avec mon sabre au milieu de la foule... mais j'avais une femme .…des enfants !...Cependant j'ai hésité, l’idée que le nom de traître s’attacherait à mon nom m'a fait verser plus de larmes que nem’en coutera jamais la perte de mon royaume ! (il s’arrête) oh! j’ai besoin d’air ! (il va à la fenêtre l'ouvre, et reste quelques minutes à regarder au dehors.) Que vois-je ? deux hommes creusant une fosse... je ne me trompe pas...c’est l’endroit où cette furieuse populace s'est jeté sur moi au moment ou je suis tombé sur le sable... Mais, pour qui cette fosse ? oh! mes souvenirs! ik ont fini. fini…ils entrent dans une maison ?...Que vont-ils faire ?.… Ah ! les voilà...que porteut-ils donc? oh! un cadavre |.

Mon Dieu! Mon Dier ‘ Rendez-moi ma mémoire! oh

oh! affreux !...affreux ! Je me rappelle...une décharge eût lieu...un homme tomba !...c’était lui...c'était mon fidèle

aide de camp..c’était Campana, Ô mon Dieu !!...ô mon

Dieu !...(il pleure et se cache la figure, et ferme la fenêtre du fond.)

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