ACTE I
vous l’exigez, je vous dirai qui je suis; mais j’aurais de graves raisons pour rester inconnu, même de vous, et tenez, si vous voulez me témoigner un peu de cette amitié que je vous demande, vous n’insisterez pas, quant à présent, et vous ne m’appellerez que Léon.
JOCBLIN.
' Monsieur Léon?
LE COMTE
Plus tard je vous expliquerai tout ; mais mon voyage dans ce pays est un mystère... il y va de l’honneur, oui, de l’honneur d'une autre personne.
JOCELIN.
D’une femme peut-être?... oui, je comprends... cette petite dame toujours voilée... que je n'ai pas pu même entrevoir... Oh! alors, c'est dit... je ne vous demande plus rien... car moi aussi, je songe à l’honneur d’une femme, et je l’ai un peu trop oublié en causant avec vous.
LE COMTE
Qu’est-ce donc?...
JOCEUN.
Oh ! moins que rien, les lâches !... ils profitent de ce que le père est mort, et le frère couché à l’hôpital.
LE COMTE
Quoi! c’est ta bonne action qui serait cause...
JOCELIN.
Oh! je ne m’en repens pas... mais il me le payera, s’il y a une justice au ciel. (AFlambart qui s’est endormi sur la table.) Eh! Flambart!
FLAMBART, se réveillant.
Hein? quoi? qu'est-ce que c’est? buvons
JOCELIN.
Oui, buvons... et en route ! l’étape est longue, et nous n'avons pas de temps à perdre !...
LE COMTE
Jocelin, quoi qu'il arrive, souvenez-vous que vous avez en moi un ami.
JOCELIN.
Oui, monsieur Léon, j’y compte; et si vous me voulez du bien, priez Dieu que j’arrive àtemps pour démasquer un misérable! en route, Flambart, en route, (il sort avec Flambart.)