SCÈNE V
VAN BROUST, ÉDOUARD.
(Édouard est conduit par deux hommes qui restenten dehors. La porte se referme.)
ÉBOUARD.
Ah! te voilà, père!... Dieu soit loué!... j’avais besoin de te voir ! mais pourquoi cet air sombre?
Polirquoi ? tu tle le devines pas?... je viens de voir l’amiral.
ÉDOUARD
Je m’en doutais.
VAN BROUST.
Et tu te doutais aussi de ce qu’il a pu me dire?
ÉDOUARD
Qu’on a trouvé sur moi un portefeuille contenant trente mille livres.,
VAN BROUST.
Ça n’est pas vrai, n’est-ce pas?...
EDOUARD
C’est vrai, père...
VAN BROUST, levant le pistolet.
Malheureux! sais-tu que cette arme que je liens là est celle que tu portais toi-même... car tu étais armé?
Oui, père.
VAN BROUST.
Ah!... que Dieu me pardonne !... car tu l’avoues... tu avoues avoir volé.
ÉDOUARD
Non... car cela n’est pas.
VAN BROUST.
Cela n’est pas !
ÉDOUARD
Ali !... vous l’avez cru aussi!...
VAN BROUST.
Non... non... Tiens, Edouard, approche... peux-tu me regarder en face, et me toucher la main, en répétant... sans trembler... ce que tu viens de me dire : Père... je n’ai pas volé ces trente mille livres... le peux-tu ?
ÉDOUARD
Oui, père... par la mémoire de ma pauvre mère, qui est au ciel... je te le jure, je suis innocent.
VAN BROUST, jetant loin de lui le pistolet:
Ah!... mon enfant, mon Edouard !... me pardonnes-tu, dis, me pardonnes-tu?
ÉDOUARD
Mon père ! (Ils s’embrassent.)
VAN BROUST.
Ah ! ça soulage !... quel lest j’ai de moins sur la poitrine!... .
Pauvre père !
VAN BROUST.
Mais comment diable se fait-il que tu avais l’objet sur toi, sans l’avoir pris?
ÉDOUARD
Je te le dirai, père, si tu veux me faire un serment.
VAN BROUST.
Un serment !
ÉDOUARD
Je sais qu’une parole donnée , c’est une religion pour toi.
VAN BROUST.
Oh! quant à ça... un vœu fait par le père Van Broust, ça dure autant que lui... je l’ai prouvé.