‹ Jocelin le gardecote drame en cinq actesChapitre 97 sur 100 · ACTE T · texte numérisé non relu

ACTE T

ment, la nuit, pour le voler!.. A «leux de jeu, dis-tu? Erreur, gentilhomme faussaire! Les balles que me destine lli justice militaire expient la faute, et ne déshonorent pas... Mais le supplice qui t’attend, toi, assassin et voleur, né s’arrête pas à la mort ; l’infamie et l’exécration publique te suivront uu delà de l’échafaud.

Paroles que tout cela! je te répète que je n’ai rien à craindre. Tu ne joueras pas un jeu où tu as plus à perdre que moi.

C’est ce que nous verrons*

SERVIERES.

Mais, malheureiix, comprends donc que je n’ai qu’à te nommer pour te livrer à la justice; la preuve est là, c’est le jugement qui t’a condamné; ton identité une fois constatée, on peut l’exécuter à l’instant. Mais que peux-tu contre moi? accuser le chevalier de Servières d’un crime commis, il y a vingt ans, provoquer une enquête sur ta parole, sans iridiées, sans preuves?

van broust.

C’est ce qui te trompe, Verdier, j’ai une preüve.

Toi!

VAN BROUST.

Une preüve irrécusable, foudroyante!...

Laquelle?

VAN BROUST.

Un écrit du comte d’Esgrigny, qui, avant de mourir, retirant le stylet de sa blessure, traça avec la pointe ensanglantée, ces mots : « Je meurs assassiné par Maurice Verdier. »

Tu mens!... tu n’as pas un pareil écrit.

VAN BUOUST, tirant un papier de sa poche.

Le voici...

SERVIÈRES, à part.

Malheureux!

VAN BROUST.

Et si ce n’est pas assez, j’y joindrai cette trousse de chirurgien que le meurtrier laissa tomber en fuyant, et qui porte le nom de Maurice Verdier... t)is donc, l’ami Maurice, voici qui a l’air de te déconcerter un peu.

SERVIÈRES, se promène quelque temps comme un homme irrésolu... puis s’arrêtant et changeant de ton.

Vous désirez donc que je rétracte l’accusation portée contre votre fils, monsieur Van Broust?

VAN BROUST.

Oui, monsieur de Ser\ r ières.

Eh bien, j'y suis tout disposé.

VAN BROUST.

Je le crois.

Mais, à votre tour, en échange de cette rétractation qui rendra la liberté au jeune Édouard, vous me remettrez les témoignages qui m’accusent?

VAN BROUST.

Si l’honneur d’une autre personne que je respecte et vénère, ne se trouvait mêlé à tout cela, du diable si je commettrais cette lâcheté... j’irais plutôt me l’aire fusiller pour te faire pendre après... mais, pour elle je me résigne..., le malheureux d’Esgrigny me le pardonnera là-haut.

C'est bien, monsieur Van Broust, je vous attends ce soir chez moi.

VAN BROUST.

Pourquoi faire ?

Pour effectuer l’échange en question.

VAN BHOUST.

Non pas; nous allons en finir tout de suite... J’ai apporté tout ce qu’il faut pour ça. Ce bloc de pierre nous servira de table... tenez, (lt tire un encrier, une plume et du papier.)

Puisque vous le voulez...

VAN BROUST.

y êtes-vous?

SERVIÈRES, se plaçant pour écrire.

Oui.

VAN BROUST, dictant.

« Je soussigné chevalier de Servières, déclare que monsieur » Édouard était venu réclamer des papiers de famille, et qu’il » ne se doutait pas des valeurs d’argent qui étaient renfer- » mées dans le portefeuille... Si je l’ai accusé faussement de » vol, c’était pour me défaire d’un rival dangereux. »

SERVIÈRES, se levant.

Non, je ne puis écrire cela... une pareille déclaration me perdrait dans l’esprit du comte de Saint-Renan, ce serait me fermer à jamais sa maison.

VAN BROUST.

Croyez-vous, par hasard, qu’il vous ouvrira les deux bat-

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