SCÈNE VII
VAN BROUST, KERGADEC.
VAN BROUST.
Kercadec ! Ah ! c’est le ciel qui l’envoie.
KERCADEC.
Eh oui, c'est moi, père Van Broust!... bien fatigué de mon fusil, allez...
Ton fusil?... donne, donne...
KERCADEC.
Prenez garde, il est chargé, j’ai voulu tirer tout à l’heure un oiseau de proie... Ah! bien oui! le temps de m’apprêler...
l’oiseau était... Ah! mon Dieu! qu’avez-vous, père Van Broust? vous êtes couvert de sang.
VAN BltOUST.
ün misérable m’a frappé.
KERdADEC.
Sainte Vierge !
VAN BROÜST.
Mais je le sens, ma blessure n’est pas grave... et cette preuve qu’il emporte!.,, aide-moi à monter sur ces pierres.
KERCADEC, le conduisant.
Hein? pourquoi?
VAN BROUST.
Regarde au loin... ne vois-tu personne dans le chemin creux qui conduit au haut de ce rocher?
KERCADEC.
Si fait, un homme qui hâte le pas... vous allez le voir paraître là-haut.
VAN BROUST, armant le fusil.
Soutiens-moi le bras.
KERCADEC.
Qu’est-ce que vous voulez faire de ce fusil? est-ce que vous avez vu l’oiseau de proie?...
VAN BROÜST.
Kercadec, reconnais-’tu cet homme ?
KERCADEC.
C’est monsieur de Servières...
VAN BROÜST.
Oui, c’est lui... (Servières a paru tout au haut du rocher, Van Hroust l’ajuste et fait feu. Servières tômbe et disparaît à la vue du public.)
KERCADEC.
Âh! mon Dieu! vous avez tué un homme!
VAN BROÜST.
Non... c’est l’oiseau de proie !... Kercadec, aide-moi à gravir ce rocher.
kERCÀDEC.
Y pensez-vous, blessé comme vous êtes .. Mais que voulezvous donc encore ?
Un papier que le misérable emporte... une preuve qui peut sauver Edouard.
KERCADEC.
Le sauver! lui... Soyez tranquille, me voilà, moi!...
VAN BROÜST.
Toi!...
KERCADEC, se secouant.
Eh bien! oui, là... s’il s’agit de le sauver, n’ayez pas peur;