‹ Jocelyn: Épisode. Journal trouvé chez un curé de village (volume 2)Chapitre 13 sur 30 · II · texte numérisé non relu

II

aa6 JOCELYN.

« Allons^ AîA-ie en moi-même , à la'md^agt^; un prêtre

* •fi

« I^-haut par charité la. recevra peut-^re , «.Et*j* prenant en pitié ma misère et mon vobu,

ce Loi bénira gratis sa tare au ohamp de Dieu,

«c Je repris sur md*i dos ma charge rafifermie, \ « ïe sortis dans la nuit de la ville endormie, «f Comme un toleur furtif tremblant au moindre bruit, « Par Fange de ma femme à mon insu conduit ;

« Afei^onçant au hasard dansift gorge inconnue , c( Me.guidant sur le son des cloches dans la nue , a Souft le poids de mon ame et de troi* jours de mort <K Ptiant à chaque pas, sucowibant sous Feffort; « Me relevant^un peu , me fraitiant sous la bière y ' « Les genoux et fass m«n& déchirés par la pierre^ « Enfin , sent wt mon cœur me dé&iUir iti , ce Et craignaift qu'avant rheure où Tftir est éctàrci ^ « Le pied du voyageur fious heurtât ëlaii^ se marche, « J'ai tifié tnon fardeau sous rab|<*de cette arche,

NEUVIÈME È^OQpE. aaj

« Déjà mort? à ^s soîâs^ jkion Tê^tà!^est^6hfp%^

« La grâce du'^ign^ur à vous m'a décotîyert !;.•. ^%

« (y mon frère , lui dis-jéj ô modèle dé Thomme !,.. a De quelque nom obscur que la terre vous nomme, « Oh ! quelle charité ne rougit devant voua ? « Âh ! sous tant de fléaux qui s'acharneot sur nous , c( Qpand l'hqpimç quei^Na jette e% fraîne sur la claie , . « N'est phis^qit'iw vil fumtei' qu'mi fossoyeur balaie,

« A qui la tei^é même a fermé le lombeau ,

« Pour le co^r contristé, <|u'il est doux^ qu'il est beau

«t De vou* rhumanité dans une dosée obscure,

Xi Par de s^nblables traits rév#et sa natui^^

« Conserver à £i mort tant dé^&lélitè.

« Ne v(4rdans le eercuéU que l'imfliprtalîié;

t( Et combien <m tst fier daas ee pàidrde m^re ,

« D'être Iiomme avec^eet homme et^e le nomtiier frère !

« Ah ! .^nez avec moi, courage ! ley^Vous !

tt L'ange de Vos amours marchera 4evant lions ;

« A la terre de Dieu je porterai moi-même

« Ce corps dont l'ame au ciel vous regarde eX vous aime;

« Je creuserai sa fosse à l'ombre du Seigneur,

c( Je ferai pour ses os comme pour une sdtv*;

« Mais, ô mon cher enfant, consolez-vous, son Eue « N'a pas besoin là-haut que ma voix la réclame ;f\\ a Aux regards de celui qu'un soupir satisfait, « Quelle priera vaut ee que vous avez fait ?

a Qud office , 6 mon fils , que cette nuit mortelle , « Cette route, ce sang , cette sueur pour elle! (c Ah ! dans son saint trésor, Dieu n'a jamais compté « De tribut cpii vers lui plus suave ait montée « Venez, nous n'avons plus qu'à là rendre à la terre (c La nuit baisse et le jotyr... cachons-lui ce mystà^; Et prenant un côté du cercueS^sous mim bras

I^e jeune homme prit Kautre ef i«|psuratit nos pas j Par ces rudes sentiers, lentement nousfuoAtâmes ; Nos membres fléchissans s'appi^i^nt sur nos âmes;

NEUVIÈME ÉPOQUE. ' aai

Nos deux fronts iii<mdàiéntJé%ër cueillie sueiir^ Et le matinijët^it séj^première lueur, '^ Ouanià sur lé sluil désert de Véslis^cférniJèe , Je remis Je mourant et sa dépouiliè^aîmée j » J'ornai secrètement l'autel , sans réveiller Marthe , reÈffàtit de chœur, ni le vieux margiîillier ; Je cabrai du jour le solennel service ; Déis morts dans le Seigneur/ seiil je chantai l'office, Et la voix de l'époux , du seuil du saint enclos , Aux- psaumes de la mort répondait en sanglots. Puis f creusant de mes mains la fosse au cimetière , J'y descendis, pleurant, pour y coucher la bière , J'y jetai le premier la terre; et puis l'époux ; Ma pelle referma la couche en peu de coups , Et la croix surmonta le lit du dernier somme. Quand toutfut accompli, l'infortuné jeune homme. Triomphant dans ses pleurs , s'assit sur le tombeau , Comn^ un homme arrivé s'asseoit sur son fardeau.

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Yalneigc, 27 Décembre 1S03.

Il est mort ce matin , 6 paix à sa pauvre ame ! Je rouvrirai pour lui la couche où dort sa femme !

28 DéctmïlÈfi y de son lit.

Au lit myslérieiiis, que referme b mort , 1 teur^ux Fœil qui se dot et le front qui s'endort Sur l'orèfller divin d'une sainte espérance!

O sommeil ! ô réveil ! 6 ma mère ! ô Laurence !

i32 JOCELYTS.

I^ moment tant prié serait-il donc venu ?

Je me. sens un besoin de reposincofinu ^ Un voile sur ihes yeux, des ombres dans ma iÉLambre, Des ailes dans le cœur, du .plomb dans chaque «ifuire D'un œil plus attendri mon chien lèche ma main, Prévoirait-il ma mort?... ah! si c'était dem^ ?...

(Le journal Inteisrompu par^iine%ijil<li3ie longue et doulouretise ne tnt jamais lipris.) •

FIK DE LA nEUVl£ME EPOQUE.

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