FIN DE LA SEPTIÈMK ÉPOQUE
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Paris, 16 Septembre 1800.
J'ai rameiie ma s<mmp «hx: bras de son ép^oUK j Que ce relcmr ftit t;riste el pcmrtan^qu'ii fut doux ! Comme ces beaux enfans sur ces genoux de femme Des larmes au bonhfei|r Casaient flptter cette ame !
Sous là morne couleur de sa robe de deuil
Que de joie en son sein , d'amour dans son coup d'œil !
Dans le cœur de la mère , hélas i la vie est double :
Quand son passé se ferme et son coui^iont së^ttouble
Elle voit l'avenir plein de jour et d'espoir
Du front deses enfans rayonna sur son soir;
Son ame^ pour aimer, sur eux se multiplie , .
Chaste amour, dans ta coupé, il n'est donc {iqiAt de lie ?
Paris » âO Septembre 1800.
Avant 4» i^toumer à mm éid pour toujours , Us veulent me garder avee^m quelques jours Pour que ma pauvre sœur par degrés s'accoutume Aux séparations ; et puis , je le jprésume ,
HUITIÈItfE ÉPOQUE. 79
Pour qu'avant de rentrer dans mon Qbscur réduit Mon oreille du monde ait ^itei^ki le bruit , Comme au pied de la dune on monte sur la crête Pour écouter k vague et pour voir la tempête?
Oh ! que le bruit humain a troublé mes esprits ! Quel ouragan de Tame il soufïle dans Paris !
Gomme oh entaid de loin sa grande voix qui gronde y Pleime des mille voix du peuple qui l'inonde , Semblable à l'Océan qui fait enâ^ ws flots , Monter et retomber en lugubres sanglots; Oh ! que ces grande^ voix des grande^ cajHtales Ont de cris douloureux et de clameurs fatries ,
D'angoisses , de terreurs et de convulsions ! On croit y distinguer l'accent des passions Qui y soufflant de l'enfer sur ce million drames , Entrechoquent entre eux ces hommes et ces femmes ^ Font monter leur dameur dbns le del commie un flux , Ne forment qu'un seul cri de mille-cris confus , . Ou qu'on eiïtend le bruit des tempes de la terre Que la fièvre à grands coups fait battre dans l'artère.
«o JOCELYN.
Quel poîli^ pèse ^uc Vani^ en entrant i|^ ces i^urs ! En voyant circuler diiM ce» canaux impurs Ces torreus aQkaés et eett^ vague Inmiliine Qu'un couraat: invisible e« sens coqtFsiire entl^ï^ne , Qui sur son {Nro{»e lit flotte éterne^oikent , Et dont sans voir le but on vMt le mouvement ! Quel orageux néant , quelle mer d^ triftiisse , ^
Chaque fois que j'y rentre , en me glaçant, m^qppcesse. Il semble que ce peuple où je vais ondoy^pr Dans ces goufifires sans &md du ilôt va me noyei:^
Que le re§mrd de Dic^ me pe?d dan» pette foule , '
Que je pdiN»^ à moi aeul le paid^ de cette bo^Ie ^ Que son immi^Me eiimii , son^agit^tion ' M'entraîne ùjiÀià et seul dam squ ^traction ^ Que de ses fmssii^ft k fièvre sympathique , £n coiiéoyamt ce peuple^ à njpi se ij^oi^mtintqu^ , Que scm ane travaille et smiffleilaiis mon sein ; Que j'ai s^ de sa^M^ qtte j'aiiaim de $^>(aim , Que ma robe en pasifnt se saliià ses crÂPi^es , Et que, toupbillonnanf dans ses n¥Wan^ abîmeî? ,
HUITIÈME ÉPOQUE. 8i
Je ne suis pas pour lui plus qu'une goutte d'eau Qui ne fait ni hausser, ni baisser son niveau , *
Un jet de son écume , un morceau de sa vase , Une algue de ses bords qu'il souille et qu'il écrase , Et que si je venais à tomber sous ses pas Cette foule à mes cris ne s'arrêterait pas , Mais comme une machine à son but élancée Passerait sur mon corps $ans même une pensée !...
Et pais, faut-il le dire ? il est ici pour moi Un éternel sujet de tristesse et d'effroi ; Je me surprends sans cesse à penser, à me dire , Tout tremblant : C'est ici que Laurence respire !
C'est ce bruit qu'elle entend , c'est ce ciel qu'elle voit ,
Ce pavé qui la porte et cette eau qu'elle boit ; C'est dans cet Océan , dans ce désert immonde Que cette perle pure est enfouie au monde ; Qitand je lève mes yeux v^s ces briUans séjours Dont les flambeaux le soir ressusdlfent les jours, Je me dis , en voyant une ombre à la feiïêtre : Cette ombpeque je vois c'est la sienne peut-être !