‹ Jocelyn, épisode; journal trouvé chez un curé de villageChapitre 15 sur 28 · SUITE DES LETTRES A SA SOEUR · texte numérisé non relu

SUITE DES LETTRES A SA SOEUR

Valneige, 4 "'î>i '798-

Tu iiic clt'iuaiideras du (jiioi j'existe ici?

Je me le demandai, moi, bien souvent aussi;

Mais pour l'homme et l'oiseau la Providence est grande.

De l'autel relevé la volontaire offrande.

Ces âmes (jui, chei'cliaut une voix poiu- prier,

A défaut d'ange, hélas! nous glissent leur denier:

Les époux qu'on bénit, les enfants qu'on baptise.

Ces dîmes du bonheur que l'on jette à l'église,

Quelques fonds que l'évêque adresse à ses curés.

Le jardin, le verger, quelques arpents de prés.

Les châtaignes, les noix, de petits coins de terre

Que je bôclie moi-même autour du presbytère,

Suflisent anq)lement pour moi, Marthe et le cliien.

A la table frugale il ne nous manque rien :

Le lait de mon troupeau, le vin blanc de mes treilles,

Les fruits de mes pommiers, le miel de mes abeilles,

Tout abonde; le pain y cuit pour l'indigent,

Et Marthe dans l'armoire a même un peu d'argent.

Qui m'eût dit qu'un peu d'or me ferait tant de joie?

Je n'en ai pas besoin, prenez, je vous l'envoie!...

Page 1